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L'alcool est interdit en entreprise. Mais, il peut arriver – parce que l’on est dépendant – que l’on boive un verre ou davantage, parfois sous prétexte de convivialité. Comment se faire aider ou aider un collègue en cas de problème d’alcool au travail ?

 

Vous, ou l'un(e) de vos collègues, souffrez d'une dépendance à l'alcool qui vous envahit jusque dans votre vie professionnelle ? Sachez que vous n'êtes pas seul(e) dans ce cas. Des internautes qui rencontrent le même problème s’expriment dans des forums : « Si je n'avais pas travaillé dans cette entreprise, je n'aurais sans doute jamais bu, raconte Antoine, 53 ans. Je travaille dans un service d'imprimerie où il est normal de consommer de l'alcool régulièrement, cela facilite l'intégration. Pourtant, il y a eu des cures, des accidents : le patron est au courant mais ne fait rien. » Joseph, lui, est facteur. « J'ai connu l'alcool dans ce métier car je ne savais pas refuser. J'avais 19 ans. Quelques années plus tard, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus m'en passer et qu'il m'en fallait de plus en plus. Cela a duré jusqu'au jour où, suite à une consommation plus importante, mon chef m'a présenté à une association. Le fait d'assister très régulièrement aux réunions et d'entendre des témoignages m'a encouragé dans l'abstinence. »


Comment prévenir et réagir ?


L'alcoolisme est une maladie dont chacun peut guérir et beaucoup de salariés attendent qu'on les aide à affronter leur dépendance. De fait, si l'un ou l'une de vos collègues est sujet(te) à l'abus de boisson, n'hésitez pas à prévenir le médecin du travail, tenu au secret professionnel. Il ne s'agit pas d'une délation, mais d’aider la personne concerner et d'éviter un licenciement. « Le médecin peut conseiller d'essayer de se passer d'alcool durant une dizaine de jours, explique Patrick Buchard, alcoologue et fondateur du cabinet Hassé Consultants. En cas de difficulté, il oriente la personne vers un service d'alcoologie. » Car on ne peut s'en sortir seul : une vraie prise en charge sur le long terme et un suivi médical sont nécessaires pour sortir de cette dépendance. « Il faut intégrer le risque alcool au même titre qu'un autre risque de sécurité au travail », poursuit Patrick Buchard. Si vous conduisez des véhicules, travaillez à la chaîne ou prenez des décisions stratégiques en état d'ébriété, vous vous mettez en danger ainsi que vos collègues. « Cette mise en danger est à prendre au sérieux. En effet, l'alcool est responsable d'environ 15 % des accidents du travail, et surtout de plus de 40% des accidents mortels ! »

 

Vers un dépistage systématique ?


Consulté sur le sujet, le Comité consultatif national d'éthique a rendu un avis en mai dernier. Il estime que le dépistage médical de l'usage des produits illicites en milieu de travail est acceptable au plan éthique. Un pas en avant ? « Oui, répond Patrick Buchard. A la condition que ce dépistage soit pratiqué par des médecins, et qu'il soit motivé par une vraie politique de prévention. Et bien sûr que les personnes décelées positives ne subissent aucune sanction. »


Quelques conseils pour aider un collègue en difficulté?


  • Vous remarquez qu’un collègue boit régulièrement de l'alcool au bureau. Mieux vaut l’alerter par une conversation franche, que de laisser traîner une situation qui le met en danger.
  • S’il craint de rendre visite au médecin du travail, accompagnez-le, et rappelez-lui que, comme tout professionnel de santé, le médecin respectera le secret médical.
  • essayez de limiter les occasions de boire entre collègues, et si cela ne s’avère pas possible, alertez votre DRH.

 

Pour en savoir plus


  • www.alcoolinfoservice.fr : le site de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) vous propose des fiches d'information ainsi qu'un test pour évaluer votre consommation d'alcool et des conseils pour vous faire aider en cas d'alcoolo-dépendance.
  • www.alcooliques-anonymes.fr : le site des alcooliques anonyme vous permet de vous tester pour savoir si vous avez « un problème avec l’alcool ». Que vous soyez proche d’une personne alcoolique, ou vous-même dépendant, le site vous permet de prendre connaissance des réunions organisées par l’association.
  • Page alcool – site gouvernement : ce site gouvernemental publie de nombreuses informations sur les produits, licites ou illicites, dont la consommation est dangereuse pour la santé.

Par Catherine Janvier  – Crédit photo : Marta Nascimento/Rea

 


2 Commentaires
  • Essentiel Santé Magazine a dit :
    09 février 2012 à 15 h 17 min - Signaler un abus
    N’y a-t-il vraiment pas moyen de le convaincre, en lui expliquant qu’il s’agit d’une maladie dont il peut guérir s’il accepte de se faire soigner ?
    Peut-être pouvez-vous au moins le persuader d’appeler Ecoute alcool au
    0 811 91 30 30 (coût d’un appel local, selon opérateur).
    Il est en tout cas essentiel de ne pas le culpabiliser : l’alcoolisme est bel et bien une vraie maladie, qui doit être traitée comme telle. Encore une fois, il est possible d’en sortir, mais pas seul (ce n’est pas une « question de volonté » comme beaucoup le pensent). Il faut se faire aider par des professionnels de santé.

    La rédaction
  • jean a dit :
    28 janvier 2012 à 12 h 50 min - Signaler un abus
    Comment faire lorsqu'un collegue a une conduite que l'on peut qualifier de suicidaire,? il est en grand danger. Il consomme de l'alcool sur son lieu de travail et refuse toutes aides de la part de ses collegues .Ceux ci sont desemparés car la medecine du travail ne peut rien faire sans son consentement et les collegues se refusent à la delation aupres de la direction par crainte de sanctions . Il travaille dans la fonction publique .

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