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Arrivée sur le marché français en 2008, la cigarette électronique aurait aujourd’hui plus de 500 000 adeptes réguliers. Ces « vapoteurs » prennent-ils des risques ?

Cela ressemble à une cigarette, requiert les mêmes gestes (même si les usagers préfèrent dire vapoter au lieu de fumer), et peut même contenir de la nicotine. Mais ça n’est pas une cigarette. Intérêt ? On peut vapoter partout, et ce serait sans risques. Sauf que les études scientifiques qui permettent de l’affirmer font aujourd’hui cruellement défaut. Les médecins tabacologues restent donc très prudents.
 

Qu’est-ce qu’une cigarette électronique ?


C’est un aérosol, contenant une pile. Lorsque l’utilisateur aspire, cela chauffe - pour le vaporiser - un liquide contenant notamment des agents de saveurs et de la nicotine.
 

Est-ce dangereux pour la santé ?


« Dans la fumée de cigarette classique, sur quatre mille substances, une centaine au moins sont toxiques, dont les goudrons, responsables de cancers, et le monoxyde de carbone, qui provoquent de lésions cardiovasculaires, rappelle le Dr Gérard Mathern, secrétaire général de la Société Française de Tabacologie. Ces substances sont absentes de la vapeur produite par une cigarette électronique.

Par contre, on y trouve du propylène glycol ou du glycérol. Le premier est un solvant classiquement utilisé comme additif alimentaire (E1520) et présent dans beaucoup de médicaments, produits cosmétique ou alimentaires.  Quant au glycérol, aucune étude ne permet d’affirmer qu’il ne présente aucun risque à long terme, lorsqu’il est mis en contact avec la muqueuse pulmonaire. »
 

Est-ce que ça permet d’arrêter de fumer ?


Il y a ceux qui ne veulent pas arrêter de fumer mais qui souhaitent néanmoins diminuer les risques en utilisant l’e-cigarette. « Si aucune étude ne permet d’affirmer que cette “pratique de réduction des risques” est efficace, on constate quand même chez ces personnes, une baisse de la consommation de vraies cigarettes, et une diminution du taux de monoxyde de carbone dans le sang », précise le Dr Mathern.

D’autres souhaitent réellement s’arrêter de fumer et utilisent l’e-cigarette comme substitut. Problème : les vendeurs d’e-cigarettes ne sont pas tabacologues, et ne savent pas toujours aider leurs clients à choisir leur recharge en fonction du bon dosage de nicotine. Et pour l’instant, rien ne permet d’affirmer que c’est une méthode fiable pour arrêter de fumer, mais des études sont en cours et les premiers résultats devraient être disponibles en 2013.
 

Quelles sont les positions des instances officielles ?


En l’absence d’études démontrant l’innocuité et la sécurité des e-cigarettes, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) s’est exprimée officiellement en mai 2011 en recommandant ne pas consommer ce type de produit (voir rubrique « Pour en savoir plus »). Elle rappelle par ailleurs que :

  • les cigarettes électroniques ne peuvent être vendues en pharmacie car elles ne figurent pas sur la liste des produits dont la délivrance y est autorisée.
     
  • En cas de vente de cartouche contenant plus de 10mg de nicotine (ou si le liquide contient plus de 20mg de nicotine par ml), ou si elle revendique l’aide au sevrage tabagique, cela doit être considéré comme un médicament et doit obligatoirement arborer le marquage CE, attribué par un laboratoire certifié par l’ANSM.
     

Pour en savoir plus


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Par Emilie Gillet
Crédit photo : Scyther5 / Shutterstock


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