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Le don d’organes

Le don d’organes en pratique

Tout Français est considéré comme un potentiel donneur d’organes. En quoi cela consiste-t-il ? Peut-on s’y opposer ?

Le don d’organes : greffe et tissus

Le don d’organes permet de prendre les organes (cœur, poumon, foie, rein…), les tissus (cornées, peau, vaisseaux…) ou les cellules d’un individu, afin de les greffer sur un malade ou les utiliser dans le cadre de travaux scientifiques.

« La greffe reste pour l’instant la seule solution face à la défaillance terminale d’un organe. La dialyse est une autre réponse au dysfonctionnement des reins, mais elle est plus risquée, explique Benoît Averland responsable du service de régulation (SRA) et d’appui Nord-Est à l’Agence de la biomédecine. Les recherches sur la création d’organes artificiels ou sur la repousse des cellules du cœur, par exemple, ne sont pas encore assez développées. »

Le prélèvement se fait le plus souvent sur une personne en état de « mort encéphalique », décédée brutalement après un accident de la route par exemple. Son cerveau ne fonctionne plus, mais sa respiration et sa circulation sanguine sont maintenues artificiellement. Ainsi, ses organes restent en bon état.

En 2015, le don d’organes a bénéficié à 5 746 receveurs. Mais 21 464 patients restaient alors en attente d’une greffe.

À noter : il ne faut pas confondre le don d’organes et le don du corps à la Science, qui est une démarche payante consistant à donner son corps à une faculté de médecine, à des fins de recherche et d’enseignement.

 

Est-ce obligatoire de donner ses organes ?

La loi française considère que nous sommes tous des donneurs, à moins de s’y être opposé de notre vivant. « Le meilleur moyen de faire savoir son désaccord est de s’inscrire sur le registre national des refus (RNR), décrit Patrice Guerrini, responsable du SRA Ile-de-France, Centre, Antilles et Guyane à l’Agence de la biomédecine.

La démarche, accessible dès l’âge de treize ans, peut désormais être réalisée en ligne. Même s’il faut prouver son identité, par une pièce d’identité. » L’envoi du formulaire par courrier postal à l’Agence de la biomédecine reste bien sûr autorisé. « Quel que soit le moyen d’expression choisi, il est possible de revenir sur sa décision à tout moment, » souligne-t-il. En s’inscrivant, on peut préciser les contours de son refus : s’opposer au don de certains organes spécifiques, au prélèvement à des fins scientifiques…
Il n’existe pas de registre des donneurs. La carte de donneur n’a pas de valeur juridique, mais elle peut être l’occasion d’aborder la question avec son entourage.

 

Quel est le rôle des proches ?

Lorsqu’un prélèvement est envisagé sur une personne décédée, on vérifie sur le RNR qu’elle n’est pas contre le don de ses organes. Si elle n’y figure pas, on consulte alors les proches (famille, conjoint, partenaire de Pacs ou toute autre personne partageant sa vie) pour savoir s’ils ont pu recueillir un témoignage écrit ou oral de la volonté du défunt sur le sujet. « Attention, on ne leur demande pas de donner leur avis personnel, mais bien de transmettre la parole de la personne décédée. Si elle ne s’était jamais exprimée à ce sujet, l’équipe médicale doit alors expliquer à l’entourage qu’un prélèvement va être organisé. C’est un moment compliqué, dans le contexte d’un décès brutal. C’est pourquoi il est important de réfléchir à la question de son vivant et de faire connaître sa position, » souligne Patrice Guerrini.

 

Comment est rendu le corps à la famille ?

Les médecins doivent s’assurer de la « meilleure restauration possible du corps », indique la loi. « Il s’agit d’une véritable intervention chirurgicale, toutes les incisions sont recousues et si les proches le souhaitent, le défunt est habillé », explique Benoît Averland.

Les obsèques peuvent être organisées « normalement ». « Aucune des trois grandes religions monothéistes ne s’est opposée au don d’organes », poursuit le médecin.

 

Qui peut donner de son vivant ?

Il est possible de donner un organe de son vivant. Il peut s’agir d’un rein, de cellules souches pour soigner certaines maladies du sang et, plus rarement, d’une partie du foie ou des poumons. « Cela donne une greffe de très bonne qualité. Les résultats sont assez exceptionnels, même quand le donneur et le receveur ne sont pas très proches, constate Benoît Averland. Pour éviter tout risque pour les donneurs, ils font l’objet de nombreux tests et d’analyses, pendant parfois près d’une année. »

Le don de son vivant est réservé en priorité au père ou à la mère de la personne malade. Il peut aussi être ouvert au conjoint, à un frère, une sœur, un cousin germain, une tante… et à toute personne partageant depuis au moins deux ans la vie du receveur.
Le don de son vivant pour un inconnu est donc interdit.

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : Cecilie_Arcurs / ISTOCKPHOTOS

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