Logo Essentiel Santé Magazine

Santé

Les bienfaits du numérique pour les plus fragiles

Santé : les bienfaits du numérique pour les plus fragiles

En connectant les professionnels de santé et les individus, les nouvelles technologies peuvent faciliter l'accès aux soins des plus défavorisés.

Sauvée d’un AVC par le numérique ! Le CHU de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, ne disposait pas des compétences neurologiques pour diagnostiquer et traiter rapidement cette patiente âgée de 85 ans, arrivée aux urgences avec les symptômes d’un accident vasculaire cérébral.

L’hôpital avait heureusement investi dans une salle de télémédecine, équipée de caméras et connectée au CHU de Toulouse. Depuis la ville rose, un spécialiste a pu guider l’intervention des urgentistes, et la patiente bénéficier à temps d’une thrombolyse. Elle est repartie chez elle sans séquelle.

 

E-santé contre déserts médicaux

Médecin à Cholet et fondateur de la plateforme collaborative Connected Doctors, Éric Couhet a expérimenté sur le terrain une large gamme d’objets connectés.

« Pour des patients isolés en milieu rural, souffrant entre autres d’insuffisance cardiaque, le tensiomètre, l’oxymètre de pouls et le pèse-personne connectés présentent un intérêt majeur. Je peux ainsi les suivre à distance et réagir en temps réel. Je pense, par exemple, à cette personne âgée dont la balance connectée m’a indiqué une subite prise de poids, signe probable d’une insuffisance rénale. J’ai pu ajuster immédiatement sa prise diurétique et, sans doute, éviter une hospitalisation », souligne Éric Couhet.

 

Les patients prennent la main

La démocratisation des objets connectés est également portée par les associations de patients. En pointe sur le sujet, la Fédération Française des Diabétiques a créé le Diabète Lab. Il s’agit d’un espace collaboratif impliquant tous les acteurs de la chaîne de soins – à commencer par les patients et leurs proches – dans la construction et l’évaluation de solutions de santé innovantes.

« Nous étudions les usages que les patients font des lecteurs de glucose en continu et qui permettent d’éviter la piqûre sur le bout du doigt. Nous montrons leur impact sur la qualité de vie des patients », précise Caroline Guillot, sociologue et responsable du Diabète Lab. Celle-ci veille tout particulièrement à la représentation des populations vulnérables au sein des groupes de travail. « Il est indispensable d’intégrer leurs besoins et contraintes spécifiques en amont, dans la conception des dispositifs de e-santé, sous peine d’une médecine à deux vitesses », souligne-t-elle.

 

e-Dent, un projet unique au monde

Des solutions émergent enfin dans les différents domaines de la télémédecine, en particulier la télé-expertise et la télé-assistance : les professionnels de santé se connectent, échangent leurs données et leur diagnostic à distance pour soigner des patients qui ne peuvent se déplacer. En Languedoc-Roussillon, par exemple, les pensionnaires de douze EHPAD, de trois maisons d’accueil handicap et d’une maison d’arrêt ont bénéficié du projet e-Dent, développé par le CHRU de Montpellier et financé par l’Agence régionale de santé.

Dans les établissements concernés, le personnel soignant réalise une vidéo de la cavité buccale des résidents volontaires, avec une caméra à lumière fluorescente qui identifie caries et inflammations. « Les images sont transmises à un cabinet dentaire qui réalise un bilan à distance et décide d’une intervention si nécessaire. Nous pouvons ainsi ramener dans le système de soins des populations qui s’en trouvaient éloignées », explique Nicolas Giraudeau, chirurgien-dentiste au CHRU de Montpellier et coordonnateur du projet e-Dent.

Sur le même modèle se déploient aujourd’hui des projets en télé-dermatologie, télé-ophtalmologie ou encore télé-cardiologie… Sans oublier les expériences pilotes de télé-AVC qui, dans plusieurs régions, relient 7 j/7 et 24 h/24 les praticiens de terrain à un plateau mutualisé d’expertise neurologique.

 

Construire une chaîne de soins connectée

Il reste bien sûr un long chemin à parcourir avant la généralisation de ces solutions pionnières, parfois coûteuses. « Au-delà du coût, il s’agit de construire une chaîne de soins connectée qui intègre tous les acteurs – professionnels de santé, Assurance maladie, mutuelles, prestataires digitaux… – au sein d’un système d’information cohérent et sécurisé », conclut Éric Couhet. C’est l’investissement à consentir pour une e-santé solidaire et bénéfique à tous.

 

Pour en savoir plus

Le Guide de la santé connectée, réalisé par Harmonie Mutuelle, est le seul site web recensant et évaluant les objets connectés santé disponibles sur le marché. Il est doté d’un moteur de recherche multicritères pour identifier facilement les appareils adaptés à ses besoins.

  • Paul Arguin
  • Crédit photo : ardaguldogan / istockphotos

Aucun commentaire pour cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Glossaire