Parité : comment ouvrir toutes les professions aux deux sexes ?

mis en ligne le :

L’une des tables rondes des Assises de la parité de ce 6 mai 2021 portait sur la question « Comment transformer les compétences et dépasser les métiers genrés ? ».

assises parité

Les Assises de la parité ont été lancées en 2019 par International women’s forum (IWF), club de femmes influentes de la société civile comme des milieux sportif, politique, culturel… L’évènement a été pensé pour approfondir tous les aspects de la parité dans le monde économique et au-delà afin de faire avancer la mixité. L’édition 2021 s’est déroulée en ligne, le mardi 6 mai, pour cause de crise sanitaire.

La question « Comment transformer les compétences et dépasser les métiers genrés ? » était au centre d’une des tables rondes à laquelle participaient plusieurs intervenants dont la directrice générale d’Harmonie Mutuelle, Catherine Touvrey. La mutuelle s’est engagée en faveur de l’égalité et de la mixité au sein de l’entreprise. L’évolution des parcours professionnels et la conciliation des vies personnelle et professionnelle sont au cœur de ses priorités.

Certains secteurs restent encore trop exclusivement masculins ou féminins

Par métiers genrés, on entend les professions occupées majoritairement par un seul sexe, c’est-à-dire masculinisées ou féminisées dans leur effectif. Cela peut être, par exemple, le métier de mécanicien ou de commercial pour les hommes et d’aide-ménagère ou de puéricultrice pour les femmes. Si la tendance s’oriente vers une accessibilité des métiers à tous les genres, certains secteurs restent encore exclusifs.

C’est ce qu’indique Pierre-Eric Pommellet, directeur général de Naval Group. « Quand on fait des porte-avions ou des sous-marins, on trouve peu de femmes soudeurs. » Il admet que ce stéréotype de genre est lié aux activités du groupe, à la spécificité de ses métiers. « Tout notre travail est de dégenrer nos postes car tous, à tous les niveaux, peuvent être exercés par des femmes. »

La pénibilité du travail n’a plus cours dans la majorité des professions où seule la force physique de l’homme trouvait grâce jusqu’alors. Les progrès, notamment technologiques, ont permis d’assouplir les conditions de travail et aux femmes de manier des outils jusqu’alors réservés aux hommes. « La modernisation mécanique a aidé à dégenrer. Les femmes peuvent conduire des bus, des trams… », souligne Virginie Fernandes, la directrice stratégie et transformation du groupe Transdev, multinationale de transports.

Mettre en avant les femmes pour servir de rôles modèles à d’autres femmes

La mixité dans le travail est une question de volonté. Pour cela, il faut éduquer, former et promouvoir aux métiers en les ouvrant aux deux sexes. Les parents doivent encourager leurs enfants dans la voie qu’ils ont choisie sans prêter égard à la question du genre. L’école a aussi une grande part à jouer. « Et nous par la même occasion quand nous prenons des stagiaires collégiens, ouvrons nos entreprises aux classes ou parlons de nos métiers aux plus jeunes », reconnaît Pierre-Eric Pommellet de Naval Group.

Tous s’accordent à dire qu’il faut mettre en lumière les femmes qui occupent des postes traditionnellement réservés aux hommes, des plus manuels à ceux de direction. « C’est ce qui permet de venir à bout des représentations et des stéréotypes », observe Catherine Touvrey d’Harmonie Mutuelle. « De notre côté, on utilise des leviers tels que « La fabrique des talents » pour arriver à cette mixité. »

Même stratégie au sein de Saint-Gobain pour soutenir la progression des femmes. « Nous développons nos programmes de formation, de coaching en ce sens. Nous avons des rôles modèles, c’est-à-dire que nous mettons en avant des parcours de femmes pour montrer aux autres femmes que l’accession aux postes, notamment à responsabilité, est possible », confie Claire Pedini, directrice générale adjointe de l’entreprise de production et de distribution de matériaux, qui, en huit ans, a triplé le nombre de femmes cadres dirigeantes.

La féminisation des noms salués

Souvent, les femmes n’osent pas ou ont du mal à candidater à certains postes. « Le pouvoir reste genré. Les femmes aiment moins les luttes de politique interne, l’agressivité du commercial. Elles s’y sentent souvent moins à l’aise », estime Florence Bonnet de Partner TNP Consultants.

La féminisation des noms comme l’écriture inclusive sont des moyens d’intégration salués. « Chez nous, c’est un acquis. Directeur, directrice, tuyauteur, tuyauteuse… C’est important », commente Pierre-Eric Pommellet de Naval Group, rejoint par Catherine Touvrey d’Harmonie Mutuelle : « Je crois que les mots sont déjà des actions ».

La table ronde s’est conclue par l’intervention de Chrystèle Gimaret, la présidente fondatrice de la société de nettoyage Eko klean. Elle a rappelé que la parité s’imposait pour intégrer les femmes mais également les hommes aux postes féminisés. Et qu’il fallait dépasser ce terme pour privilégier celui de diversité qui n’inclut pas que le genre mais aussi la couleur, le milieu social, l’âge, entre autres.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

Aucun commentaire pour cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.