Présidentielle 2022 : les propositions de la Mutualité Française en matière de santé

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À quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, la Mutualité Française a dévoilé ses propositions en matière de santé et de protection sociale. Prévention, solidarité, accès aux soins sont quelques-uns des thèmes développés.

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Séverine Salgado mutualité française
Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité Française ©FNMF/Pierre-Olivier

Remettre la santé au cœur des débats. C’est ce que veut faire la Mutualité Française. Elle a déjà relancé, il y a quelques mois, son site Place de la santé où les programmes des candidats à la présidentielle sont décryptés. « Nous avons un double objectif : mettre à disposition une synthèse des propositions des candidats relative à la protection sociale et la santé et produire une analyse objective, neutre et factuelle de ces programmes », explique Séverine Salgado, directrice générale de la Mutualité Française. Prochaine étape : le 1er mars 2022 avec les candidats* qui viendront présenter leurs solutions en matière de santé et de protection sociale.

Eric Chenut mutualité française
Eric Chenut, président de la Mutualité Française ©FNMF/H.Thouroude

 

« Les élections présidentielles sont un moment fort pour caler les grands choix collectifs. On peut signaler une forme de paradoxe car les sujets qui dominent aujourd’hui sont des sujets identitaires ou sécuritaires alors que les préoccupations de nos concitoyens sont les questions liées à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la protection sociale et la santé », remarque Eric Chenut, président de la Mutualité Française.

« Des solutions utiles, performantes et pertinentes »

Et pour nourrir le débat, après consultation de ses entités (mutuelles, groupements, unions…), la Mutualité Française a élaboré une plateforme de propositions. « Nous voulons montrer qu’en faisant confiance à des opérateurs de l’ESS et aux mutuelles, une partie de la solution existe d’ores et déjà. Dans le cadre de ce quinquennat, des partenariats ont d’ailleurs bien fonctionné.

Le 100 % santé, c’est un résultat probant qui montre que, quand on associe l’Assurance maladie, les complémentaires et les professionnels de santé, on arrive à faire émerger des solutions utiles, performantes, pertinentes pour les assurés sociaux qui permettent de faire reculer les inégalités et le renoncement aux soins », explique Eric Chenut. Six axes ont été retenus : de la prévention aux solidarités en passant par l’accès aux soins.

Une plateforme de propositions autour de six axes

  1. Bâtir une politique globale de prévention pour lutter contre les inégalités de santé
  2. Renforcer un égal accès aux soins
  3. Rendre la santé accessible, inclusive et protectrice du bien-être psychique et physique de chacun
  4. Réinventer les solidarités pour favoriser l’émancipation et garantir l’autonomie
  5. Imaginer et mettre en œuvre les solutions de demain
  6. Rechercher de nouveaux droits dans le respect des règles éthiques et en accordant plus de place à la société civile

Prévention, solidarités, accès aux soins

« Bâtir une politique globale de prévention pour lutter contre les inégalités de santé » est le premier axe. Entre 15 et 20 % seulement de notre état de santé sont déterminés par le système de santé, selon plusieurs études. La prévention est donc primordiale. Stéphane Junique, président du Groupe VYV, a d’ailleurs annoncé en ce début janvier vouloir consacrer 2 % des cotisations du groupe aux actions de prévention.

« Toutes les initiatives prises par les mutuelles en matière de prévention me semblent utiles et pertinentes, précise Eric Chenut. Mais il faudra obtenir des pouvoirs publics que ces efforts ne soient pas péjoratifs mais plutôt valorisés comme des services supplémentaires. Cela suppose de faire évoluer le cadre réglementaire car la prévention apparaît aujourd’hui dans les frais de gestion et non pas dans les prestations et services aux adhérents ». L’accent serait mis sur la petite enfance (soutien à la parentalité, développement de modes de garde pour des parents travaillant en horaires atypiques…) et l’activité physique et sportive (prescription d’activité physique adaptée…).

La question des déserts médicaux est également au centre des propositions. En 2018, en France 7,4 millions de personnes vivent dans une commune où l’accès à un médecin généraliste est limité (contre 5,7 millions de personnes en 2016). « Renforcer l’accès au premier recours est un préalable pour soulager l’hôpital et le recentrer sur ses missions avec l’exercice regroupé et pluriprofessionnel, le partage de compétences, le partage d’informations entre professionnels de santé pour avoir un parcours de santé plus coordonné pour les patients », explique Séverine Salgado.

Meilleure prise en charge des personnes en situation de handicap

En 2021, la Mutualité française a proposé le remboursement de quatre consultations chez un psychologue, dans la limite de 60 € par séance. 700 000 personnes, d’avril à août 2021, ont bénéficié de ce dispositif. « Ce chiffre concerne les mutuelles. Le taux de recours a été multiplié par deux chez les plus jeunes », note Séverine Salgado. Pour continuer dans cet objectif de « rendre la santé accessible, inclusive et protectrice du bien-être psychique et physique de chacun », la Mutualité française propose de mieux prendre en compte les spécificités de toutes les populations avec notamment une approche non genrée de la médecine et une meilleure prise en charge des personnes en situation de handicap.

Le numérique est également présent sur cette plateforme de propositions. « La transition numérique peut être une source de rupture d’égalité dans l’accès à des droits du fait de l’illectronisme ou de zones blanches », rappelle Séverine Salgado. L’objectif est donc de renforcer et d’anticiper les grandes innovations sur le champ du numérique et sur l’intelligence artificielle en santé.

De la jeunesse à la fin de vie, les propositions de la Mutualité Française sont multiples. L’objectif est bien d’accompagner à chaque âge de la vie : les jeunes vers l’émancipation notamment en leur donnant accès à un logement, les actifs en les couvrant mieux en généralisant la couverture prévoyance et en développant l’épargne retraite et enfin les aînés dans le cadre de la prévention de la perte d’autonomie. Des propositions pour une fin de vie digne sont également évoquées.

* Les candidats qui ont plus de 5 % d’intention de vote ou qui ont un groupe parlementaire sont invités.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : Getty Images

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