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Les difficultés des « aidants », 1ère partie

Venir en aide à un proche est une situation qui peut paraitre banale. Mais quelles en sont les conséquences pour l'aidé et son aidant ?

Les risques d’être dépendant sont nombreux : maladie, vieillesse, accident de la vie, handicap…et les coûts sont très élevés. Les aides des collectivités territoriales sont souvent insuffisantes pour couvrir les frais induits par cette situation particulière (aide à domicile, aménagement). Heureusement, la solidarité existe : les aidants !

Qu’appelle t’on « aidant » ?

L’aidant est une personne qui apporte son aide à un proche dans le besoin. Comment trouver alors un équilibre de vie et préserver sa santé d’aidant, tout en veillant au bien-être de son proche fragilisé ? L’accompagnant se retrouve dans des situations parfois complexes.

D’une aide ponctuelle jusqu’à la prise en charge de tous les actes du quotidien, l’éventail de l’aide que l’on peut apporter à ce proche est vaste. A quel moment devient-on aidant ? Comment concilier sa vie personnelle, sa vie professionnelle et sa vie d’aidant ? Des questions légitimes, dans une période de la vie où les repères changent.

Ce terme recouvre une infinité de situations : l’aidant peut faire partie de la famille ou non, avoir une activité professionnelle ou pas, vivre avec la personne aidée ou ailleurs. La personne aidée peut être un enfant, un adulte, une personne âgée.

Le rôle de l’aidant peut empiéter de plus en plus sur sa propre vie.

N’est-il pas naturel d’aider son prochain ?

Cela s’impose comme une évidence de se mobiliser pour venir en aide à un proche qui se fragilise. Mais pas n’importe comment, pas à tout prix, et notamment au prix de sa propre santé. Aider doit être une démarche volontaire, un choix réfléchi.

Des tensions liées à l’aide apportée peuvent avoir des effets sur la santé physique et mentale de l’aidant (risques psychosociaux, stress, mal-être,…).

A force de prêter une attention constante à la santé de son proche, on peut être amené à négliger la sienne. Près d’un aidant sur deux vit avec une maladie chronique, près d’un sur trois se sent anxieux et stressé et un sur quatre déclare ressentir une fatigue physique et morale : la santé des aidants

Accepter l’évolution des relations

Le parent, le conjoint, le proche a besoin d’aide. L’aidant entre alors dans son intimité : connaissance de ses ressources financières pour l’aider à remplir sa déclaration d’impôts, inventaire de son réfrigérateur quand il lui fait ses courses et jusqu’à son corps s’il l’accompagne chez le médecin ou l’aide à faire sa toilette.

Cette évolution de leurs relations n’est pas forcément facile à vivre, pour l’un comme pour l’autre. Il faut alors, autant que faire se peut, communiquer, en gardant à l’esprit qu’avant d’être aidant ou aidé, il ou elle est avant tout un mari, une épouse, un frère, une sœur, un enfant ou un ami.

Ce nouveau rôle et cette nouvelle dynamique entre l’aidant et l’aidé peuvent avoir une influence sur les relations, plus particulièrement quand progresse la dépendance, la maladie ou le handicap. Le lien peut se distendre, la communication devenir plus difficile. L’implication de l’aidant auprès de son proche peut, elle aussi, évoluer.

Quel que soit le type d’accompagnement, l’aidant peut être amené à s’investir au quotidien et à prendre en charge des missions, des gestes qu’il n’aurait jamais envisagés.

Le tabou de la toilette

Avec l’âge, la maladie ou le handicap, l’aidé ne pourra plus assumer seul certains gestes du quotidien, dont la toilette. Une situation délicate, à gérer chaque jour.

Ce moment intime peut donner lieu à des échanges à cœur ouvert, pleins d’émotions mais c’est aussi parfois un cap difficile à passer.

Aidant et aidé peuvent ressentir de la gêne, surtout lorsqu’il s’agit d’un parent : pour la personne aidée, c’est prendre de plein fouet sa perte d’autonomie. Pour l’aidant, c’est pénétrer dans sa sphère la plus intime.

Encore une fois, il est important d’aborder ensemble ces étapes, en parlant, en étant à l’écoute des ressentis de chacun. Et si l’aidant ne se sent pas la force de prendre soin de l’hygiène personnelle de son proche, il ne doit pas hésiter à faire appel à un professionnel.

De la même façon, et quelles que soient les relations intrafamiliales, il est important de communiquer avec les autres membres de la famille et prendre ensemble les dispositions nécessaires : financières, organisationnelles, etc.

Malgré toutes les difficultés et contraintes rencontrées, cette marque d’humanité liée à l’implication de l’aidant reste une expérience unique et enrichissante dont chacun peut être fier.

Informations et aides aux aidants :

Guide des aidants

Portail national des aidants

Proposé par le groupe de rédaction des délégués Harmonie Mutuelle de Moselle

  • Nathalie Schaer

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