Le service civique : une mission pour chacun au service de tous

Le service civique permet à des jeunes de tous horizons de s’engager au service des autres. Ce dispositif solidaire fête ses 10 ans en 2020. Tour d’horizon avec Béatrice Angrand, la présidente de l’Agence du service civique.

Béatrice Angrand, présidente de l’Agence du service civique

Quelles sont les missions de l’Agence du service civique ?

Béatrice Angrand : L’Agence du service civique dépend du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Elle gère trois politiques publiques : le Service civique, le programme Erasmus+ pour l’éducation, la formation, la jeunesse et les sports, et le Corps européen de solidarité.

Nous pilotons, mettons en œuvre et valorisons ces dispositifs. Nous agréons et nous suivons aussi les structures qui accueillent des jeunes en service civique ou s’engagent dans l’un de ces deux programmes européens. 85 agents se consacrent à la réalisation de ces missions pour lesquelles nous disposons d’un budget de plus d’un demi-milliard d’euros.

À qui s’adresse le service civique ?

B.A. : Il s’adresse aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, et jusqu’à 30 ans pour les personnes en situation de handicap*. Plus de 440 000 jeunes se sont portés volontaires depuis sa création en 2010. Ce qui représente environ 300 millions d’heures au service de l’intérêt général.

Pour quels types de missions s’engagent-ils ?

B.A. : Le service civique peut être effectué dans 9 domaines : culture et loisirs, développement international et action humanitaire, éducation pour tous, environnement, intervention d’urgence en cas de crise, mémoire et citoyenneté, santé, solidarité et sports. La loi prévoit des missions d’une durée de 6 à 12 mois. Aujourd’hui, leur durée moyenne est de 7 mois.

Chaque jeune est accompagné tout au long de son engagement par un tuteur, qui l’aide à définir son projet, proposer une thématique ou une réalisation concrète pendant son service civique. Beaucoup font par exemple la promotion des gestes qui sauvent, ils peuvent aussi lutter contre la fracture numérique, aller à la rencontre de personnes isolées, âgées ou en situation de handicap. Il y a toujours une notion d’échange ou d’aide.

De quelle façon les jeunes en service civique se sont-ils engagés pendant la crise sanitaire ?

B.A. Près de 25 000 volontaires en service civique se sont mobilisés durant cette crise pour apporter un soutien aux populations les plus isolées et les plus fragiles. Ils ont continué à exercer leur mission à distance ou l’ont transformée pour répondre aux besoins de notre société. D’autres ont également agi sur le terrain, notamment en prolongeant leur engagement volontaire au sein de la Réserve civique. Créée le 22 mars 2020 par le gouvernement, elle rassemble des bénévoles qui ont proposé de l’aide aux devoirs à distance, du soutien aux personnes âgées, isolées ou en situation de handicap, de la distribution alimentaire aux plus vulnérables…

Est-il possible pour un jeune de postuler à une mission à l’international ?

B.A.  : Oui, bien sûr. Le service civique à l’international a concerné en 2019 plus de 1 500 jeunes, dans 97 pays, dont le premier est l’Allemagne, suivi par Israël, la Tunisie… Des jeunes viennent aussi de l’étranger réaliser leur engagement volontaire en France. Sont accueillis par exemple des Togolais, des Burkinabés, des Allemands, des Argentins…

Et puis, via le Corps européen de solidarité**, des milliers de jeunes effectuent une mobilité dans tous les pays de l’Union européenne et dans quelques pays partenaires du pourtour méditerranéen et des Balkans.

Combien d’organismes se sont investis dans ce dispositif du service civique ?

B.A. : Près de 11 000 structures (structures privées associatives, associations, fondations, mutuelles, bailleurs sociaux, collectivités territoriales et services publics de l’Etat) accueillent des jeunes aux profils divers, notamment pour encourager la mixité sociale. Le point commun de tous ces organismes est de proposer des missions liées à l’intérêt général et à la cohésion nationale.

Le service civique fête ses 10 ans d’existence cette année en 2020. A cette occasion, un label a été créé « 10 ans au service de tous ». Pouvez-vous nous en parler ?

B.A. Ce label est accompagné d’un logo qui est le résultat d’un vote effectué, auprès des jeunes notamment, sur les réseaux sociaux. Il y a eu plus de 10 000 contributions. Nous avons aussi lancé une consultation citoyenne en ligne au niveau national, ouverte à tous, sur l’avenir du service civique. Et le livre Et si on s’engageait ?, écrit par la philosophe Marie Robert et la journaliste Anne Dhoquois, a été publié aux éditions Autrement (Flammarion) le 16 juin dernier. La période de crise sanitaire a empêché certaines des opérations événementielles initialement prévues partout France, y compris dans les DOM et à l’international, comme les défis citoyens : une opération plage propre, le tri des déchets dans une grande ville, une soupe populaire réalisée à partir d’invendus et servie à des personnes démunies… Mais l’enthousiasme et l’élan de solidarité montrés pendant le Covid-19 nous incitent à lancer un tour de France au deuxième semestre avec des événements dans les territoires.

*Les jeunes en situation de handicap bénéficient par ailleurs de dispositifs particuliers et d’aides complémentaires financés par l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées).

**Le Corps européen de solidarité permet à des jeunes volontaires de s’engager dans des actions de solidarité dans les pays membres de l’Union européenne ou dans les pays partenaires.

Plus de 100 jeunes pour réduire la fracture numérique

Première mutuelle à avoir reçu l’agrément au service civique, Harmonie Mutuelle a accueilli plus d’une centaine de jeunes volontaires depuis novembre 2017. Présents partout en France*, dans ses agences et dans certains sites administratifs, ils ont proposé des ateliers gratuits aux personnes en difficulté face au numérique. L’objectif ? Favoriser l’accès aux droits à travers l’utilisation de services en ligne (santé, emploi…) et rompre l’isolement (messagerie, réseaux sociaux). Une occasion pour ces jeunes de s’engager dans des actions concrètes de solidarité, et pour Harmonie Mutuelle de témoigner du pouvoir du collectif.

* En 2018 : Le Havre, Caen, Rennes, Brest, Nantes, Albi, Limoges, Toulouse, Marseille, Clermont-Ferrand, Lyon, Dijon, Golbey, Orléans, Tours, Bourges.
En 2019 : Le Havre, Caen, Rennes, Brest, Nantes, Angers, La Roche-sur-Yon, Albi, Limoges, Toulouse, Marseille, Clermont-Ferrand, Lyon, Dijon, Golbey, Orléans, Tours, Bourges, Montpellier, Lille, Metz.

  • Propos recueillis par Hélia Chadeffaud
  • Crédit photo : Yves GELLIE

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