100 % Santé : comment réduire le coût des appareils auditifs ?

mis en ligne le :

Mettre la main à la poche pour s’équiper de prothèses auditives n’est pas une fatalité. Il existe des possibilités de se munir d’appareils auditifs de qualité sans s’acquitter d’un reste à charge. Le point sur la question.

Audition

« Les audioprothèses ça coûte cher ». Idée reçue ? Pas tout à fait. Désormais entièrement numériques, les audioprothèses sont des petits bijoux de technologie, ce qui ne contribue pas à en réduire le coût. Heureusement, il existe plusieurs possibilités de diminuer voire de supprimer le reste à charge lorsque l’on doit s’équiper de ce type d’appareils.

Prévention : attention au volume sonore

La première façon d’y arriver, c’est bien sûr d’éviter d’avoir besoin d’audioprothèses. Même s’il est difficile d’échapper au vieillissement normal de l’oreille et de ses capacités, les mesures préventives sont utiles. La première d’entre elles consiste à s’abstenir de s’exposer aux sons forts. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux lieux de divertissement de placer au maximum à 100 décibels le niveau sonore moyen. Elle préconise aussi de maintenir ses écouteurs à un volume bas (pas plus de 60 % du volume maximum). En effet, si une exposition à des sons forts provoque une déficience auditive temporaire, une exposition prolongée ou répétée peut entraîner des lésions auditives permanentes. Une bonne prévention, c’est aussi réagir vite : il est important de se faire appareiller au plus tôt afin de récupérer la meilleure audition possible. Enfin, une bonne hygiène de vie constitue également un élément favorable à une bonne audition.

Être attentif aux premiers symptômes

Malgré une prévention efficace, des premiers signes de perte d’audition peuvent survenir. Il faut y être attentif. L’un des premiers symptômes est une mauvaise compréhension des conversations à plusieurs dans un environnement bruyant. Lorsque la baisse de l’audition se poursuit, on perd de plus en plus le fil des conversations. Il est alors temps de se rendre chez un audioprothésiste. C’est le tout premier rendez-vous à honorer. L’objectif : réaliser un bilan auditif. Pour Arthur Havis, directeur général du réseau mutualiste Écouter Voir « les signes d’une perte d’audition ne doivent pas être pris à la légère. En effet, plus l’on tarde, plus il est difficile de récupérer les capacités auditives perdues. Par conséquent, plus tôt on s’équipe, mieux on prévient les effets négatifs qui accompagnent le déclin auditif, comme l’isolement social ou la baisse des capacités cognitives. »
Si une perte d’audition est constatée, la personne concernée doit s’adresser à son médecin traitant qui le prendra en charge ou l’adressera à un oto-rhino-laryngologiste (ORL). Celui-ci déterminera son profil auditif grâce un diagnostic complet et lui délivrera une ordonnance. Étape suivante : retour chez l’audioprothésiste pour une évaluation complète (examens complémentaires, recommandations d’une ou plusieurs aides auditives adaptées à son profil, tests et essais). Le patient se verra obligatoirement présenter l’offre 100 % Santé et proposer au moins un appareil de cette classe. En outre, il se verra remettre un devis détaillé lui présentant les modalités de prise en charge auxquelles il peut prétendre. Des prestations de conseil, d’adaptation et de suivi sont également incluses lors de l’achat de l’appareil : prise d’empreinte des conduits auditifs, essais, contrôle et suivi de dossier.

Trois types d’aide auditive

il existe trois types d’aide auditive : le contour d’oreille classique, le micro-contour à écouteur déporté (posé sur l’oreille et relié à un tube fin à l’extrémité duquel se trouve un écouteur logé dans l’oreille) et l’intra auriculaire (pièce de petite taille se logeant dans l’oreille et adaptée seulement aux surdités légères).

Aides auditives, quel remboursement ?

Depuis 2019, la réforme du 100 % Santé répertorie les aides auditives en deux catégories :

  •  les aides auditives de classe I, qui composent l’offre 100 % Santé. Elles permettent de bénéficier d’une offre sans reste à charge, à condition de bénéficier d’une complémentaire santé responsable ou de la complémentaire santé solidaire (CSS) ;
  •  les aides auditives de classe II, en dehors du 100 % Santé : ce sont des audioprothèses à prix libre fixé par l’audioprothésiste. Les aides auditives de classe II offrent des options supplémentaires qui apportent plus de confort d’utilisation et peuvent être plus performants que les appareils de classe I dans des environnements d’écoute difficiles. Le montant du reste à charge dépendra du contrat de complémentaire santé du patient. Les prestations de suivi de l’aide auditive sont comprises dans le prix d’achat de l’équipement : des séances de contrôle gratuites doivent être proposées aux 3e, 6e et 12e mois, puis, a minima, une fois par an.

Pour les personnes de 20 ans et plus, le prix des aides auditives de classe I est plafonné à 950 € par oreille. La Sécurité sociale les rembourse sur la base de 400 € et la complémentaire santé le montant restant, pour un reste à charge zéro pour le patient et sans avance de frais. Pour les appareils de classe II, le remboursement de la Sécurité sociale est identique et selon les cas, la complémentaire santé peut prendre en charge tout ou partie des frais. Le site ameli.fr détaille la prise en charge pour les autres catégories d’assurés (personnes de moins de 20 ans, personnes souffrant d’un handicap visuel, assurés bénéficiant de la CSS…). Par ailleurs, les piles équipant certaines aides auditives sont partiellement remboursées (3 à 10 paquets de 6 piles selon la capacité de l’appareil).

Et si vous disposiez d’un appareil plus performant à petit prix ?

Si le 100 % Santé a permis à chaque assuré d’accéder à une offre de qualité normée sans reste à charge, les appareils bénéficiant des dernières innovations sont actuellement disponibles en classe II. Toutefois, rien ne dit que vous ne puissiez pas y accéder. Selon votre contrat de complémentaire santé, ces produits peuvent faire l’objet d’une prise en charge très importante, voire complète. En fonction de votre profil (âge, pratiques professionnelles ou de loisirs, pathologies associées…), il est important de choisir un contrat de complémentaire qui propose des prestations adaptées à vos besoins.
Par exemple, lorsque l’on ressent les premiers signes d’une baisse d’audition, il est conseillé de se renseigner auprès de sa mutuelle sur les remboursements prévus par son contrat sur les équipements auditifs, et d’en changer si besoin. Aujourd’hui, de nombreux patients peuvent bénéficier de contrats de mutuelles plus volontaristes sur les remboursements des appareils de classe II. « En tant qu’enseigne mutualiste, nous avons pour mission de faciliter l’accès au plus grand nombre à un équipement de qualité, y compris sur les appareils de classe II. L’offre que nous avons développée se veut transparente et durable, les dernières technologies auditives sont proposées au prix le plus juste toute l’année », précise Arthur Havis, directeur général d’Écouter Voir.

  • Crédit photo : Getty images
Auteur article
Didier Le Gorrec

Journaliste spécialisé dans les sujets mutualistes et ESS ainsi que dans les problématiques liées à la prévoyance.

Aucun commentaire pour cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.