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Quelle complémentaire santé au moment de la retraite ?

Quelle complémentaire santé au moment de la retraite ?

Lors du départ à la retraite de leurs salariés, de nombreuses entreprises leur permettent de maintenir leur contrat de complémentaire santé ainsi que les garanties associées. Mais le choix d'une complémentaire spécifiquement « senior » peut-il se révéler plus avantageux ? Éclairage.

Une fois à la retraite, peut-on conserver sa mutuelle d’entreprise ?

Oui, et cela en bénéficiant de garanties identiques à celles négociées dans le cadre de la mutuelle collective. Selon l’article 4 de la Loi Évin du 31 décembre 1989, les retraités peuvent conserver la complémentaire santé collective de leur employeur sans condition de durée, ni de période probatoire, d’examen ou de questionnaire médicaux. S’il souhaite conserver sa complémentaire santé collective, le salarié devra exprimer son choix dans les 6 mois qui suivent son départ en retraite. L’assureur ne pourra refuser sa demande.
En revanche, le coût du contrat évolue puisque la part de l’employeur devient à la charge du retraité. Il faut donc calculer si ce choix reste intéressant.

Depuis le 1er juillet 2017, l’augmentation de la cotisation est encadrée sur trois ans. Pendant l’année qui suit le départ à la retraite, le montant global (part salarié et part employeur) reste le même que celui appliqué aux actifs. L’année suivante, la hausse de tarif ne peut pas dépasser 25 % de ce montant, et 50 % la troisième année. Au-delà, il n’existe plus de plafonnement.

 

Que se passe-t-il pour les travailleurs non salariés ?

Indépendants, professionnels libéraux, gérants majoritaires non salariés d’une SARL… La loi Madelin du 11 février 1994 permet à ces catégories de souscrire un contrat de complémentaire santé type « Madelin » assorti de dispositions sociales et fiscales spécifiques. Ils peuvent ainsi déduire de leur bénéfice professionnel imposable – dans certaines limites – les cotisations liées à la souscription d’une complémentaire santé. Cet avantage fiscal disparaît au moment du départ à la retraite. Pour les personnes concernées, l’intégralité de la cotisation pèse alors sur le budget personnel.

 

Quel intérêt peut-il y avoir à souscrire un contrat « senior » ?

L’avantage des formules senior est d’assurer des remboursements adaptés aux problématiques santé que rencontrent les personnes de soixante ans et plus. Sont notamment ciblés les besoins en matière d’optique, d’audition, de soins de ville…

De plus en plus souvent, les contrats sont modulables, avec la possibilité d’opter pour des niveaux de remboursement plus élevés sur certains postes (comme l’hospitalisation) et plus faibles sur d’autres. Beaucoup d’organismes proposent aussi des garanties complémentaires permettant, par exemple, d’accéder plus facilement aux médecines douces.

 

Quelles solutions s’offrent aux retraités disposant de faibles ressources ?

Comme toute autre personne, un retraité peut bénéficier, sous conditions de ressources, de la CMUC (couverture maladie universelle complémentaire) ou de l’ACS (aide au paiement d’une complémentaire santé).

Dans le premier cas, la part complémentaire des dépenses de santé est intégralement prise en charge. Dans le second, le bénéficiaire a droit à une aide financière pour payer son contrat de complémentaire santé, dont le montant dépend de l’âge de l’assuré (550 euros à partir de 60 ans). Ce dernier doit être choisi parmi un panel d’offres ayant fait l’objet d’une sélection par les pouvoirs publics selon des critères de qualité prix.

 

Sur quels points faut-il être vigilant avant de se décider ?

Sur le plan financier, il est primordial de bien calculer son budget mensuel et de faire un point sur sa consommation médicale. En termes de couverture, il faut tenir compte du fait que les consultations chez les spécialistes tendent, avec l’âge, à devenir plus nombreuses. La complémentaire santé peut prendre en charge les éventuels dépassements d’honoraires. Au-delà des remboursements, les mutuelles proposent aussi des services (accès à des professionnels avec lesquels les prix et la qualité des équipements ont été négociés) ou des actions de prévention (informations, ateliers mémoire…).

Autre point d’attention : certains soins sont peu couverts par l’Assurance maladie et leur prise en charge par la complémentaire santé est un élément important dans le choix. C’est le cas notamment des équipements optiques, des prothèses dentaires et des audioprothèses. Les mutuelles proposent par ailleurs des réseaux de soins conventionnés en optique et audition. Elles ont aussi créé 2 600 structures de soins et d’accompagnement sur tout le territoire.

La garantie hospitalisation, pour sa part, doit être suffisamment étendue (forfait hospitalier, plafond journalier pour une chambre particulière…). De même pour l’assistance à domicile, dans la mesure où les patients restent de moins en moins longtemps à l’hôpital. En choisissant une mutuelle, il faut l’interroger sur sa politique tarifaire en fonction de l’âge des assurés. Les pratiques sont très variables d’un acteur à l’autre. D’après la Drees, le tarif proposé par un assureur à une personne de 75 ans est 3,7 fois plus élevé que pour une personne de 20 ans, ce rapport étant contenu à 2,8 chez les mutuelles.

 

Le point de vue de Marianne Byé, experte de la Mutualité Française

« L’âge de la retraite est un moment propice pour se poser des questions sur sa complémentaire santé. Il est possible par exemple de faire un premier repérage sur les sites internet des différents organismes. Puis de prendre contact pour obtenir un devis personnalisé. Le site de la Mutualité Française recense les mutuelles adhérentes et leurs sites. Vient alors le moment d’étudier les prestations proposées et de les mettre en regard de ses besoins. Il faut avoir en tête qu’un contrat ne propose pas seulement des remboursements de frais de santé mais aussi des services. Ainsi, certaines mutuelles offrent à leurs clients ou adhérents la possibilité de s’adresser à des professionnels au sein de réseaux de soins, avec à la clé des tarifs avantageux. Elles peuvent aussi proposer le bénéfice du tiers payant. Existent aussi de nombreux services pour mieux vivre, tels que des ateliers visant à stimuler la mémoire ou encore l’équilibre. Autant d’options potentiellement très utiles ! »

  • Matthieu Perotin
  • Crédit photo : BakiBG / Getty

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