Agir pour la santé des femmes : accompagner les plus démunies vers le retour aux soins

Depuis 2001, l’association Agir pour la santé des femmes (ADSF) œuvre pour l’accès à la santé des plus précaires. Grâce aux maraudes de son camion médicalisé, le « Frottis-truck », elle propose des examens gynécologiques et un soutien psychologique aux femmes en grande difficulté. Un premier pas vers un suivi à plus long terme et le retour à un parcours de soins adapté.

Agir pour la santé des femmes

Aller à la rencontre des femmes en situation de grande vulnérabilité pour les accompagner vers le retour aux soins. C’est l’objectif de l’association Agir pour la santé des femmes (ADSF) créée en 2001 à Paris. « Contrairement aux hommes, ces femmes en grande précarité, sans domicile fixe, restent très isolées, explique Nadège Passereau, déléguée générale de l’ADSF. Elles ont tendance à beaucoup marcher pour ne pas rester à un endroit statique et devenir des cibles. Leur santé ne fait pas partie de leurs préoccupations premières. » Pour ces femmes, pas de suivi gynécologique régulier, pas de prévention ni de dépistage aux infections sexuellement transmissibles ou au cancer du col de l’utérus. Le plus souvent, l’accès aux soins se fait au dernier moment, par les urgences, quand les pathologies sont déjà bien installées.

Des maraudes pour créer le lien

Parmi les outils utilisés par l’ADSF, les maraudes ont fait leurs preuves. Dans un camion médicalisé, le « Frottis-truck », des équipes composées de sages-femmes, de travailleurs sociaux et de psychologues se rendent régulièrement auprès de ces femmes dans les hôtels d’hébergement d’urgence, les squats, les bidonvilles, les campements de migrants, les gares, le métro, ou tout simplement dans la rue. L’idée : créer du lien, leur faire connaître leurs droits et leur apporter un accès à des soins adaptés. « On commence par proposer une collation, un temps d’échange et d’écoute, précise Nadège. Nous leur donnons ensuite des kits d’hygiène avec shampoing, gel douche, rasoirs et serviettes hygiéniques. Puis, celles qui le souhaitent peuvent passer un examen clinique et faire des tests de dépistage sur place. »

Soutien personnalisé

Après avoir évalué l’état de santé de ces femmes et leur histoire de vie, l’ADSF met en place un parcours de soins personnalisé, avec prise de rendez-vous et accompagnement chez des spécialistes ou dans des structures de soins dédiées. « Nous sommes là pour les rassurer, leur expliquer ce qui va se passer pendant la consultation, lire l’ordonnance, être avec elles pour aller chercher des résultats et leur rappeler leurs rendez-vous », ajoute Nadège. Un suivi de santé mentale peut aussi être organisé pour certaines de ces femmes souvent victimes de troubles psychiatriques ou de souffrances psychologiques.

Structures d’accueil

Ce n’est pas tout : l’association développe aussi des structures d’accueil de jour dans les quartiers de la Porte de Saint-Ouen et de Barbès. Là, les femmes peuvent venir se poser avec leurs enfants, prendre une douche et revoir les équipes qu’elles ont rencontrées lors des maraudes. Enfin, l’association dispose aussi d’un centre d’hébergement, la Cité des dames, qui propose 50 places de nuit. « Dans ces dispositifs d’accueil, nous essayons de trouver des solutions de mise à l’abri à plus long terme pour les plus fragiles, celles qui ont des parcours vraiment complexes avec des situations de violences et de vulnérabilité très importantes », précise Nadège. Des initiatives devenues indispensables, quand on sait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à vivre sous le seuil de pauvreté et à se retrouver en situation de grande exclusion. Rien qu’entre 2016 et 2019, le nombre de bénéficiaires de l’ADSF est passé de 347 à 1 177 femmes.

Multiplication des actions face au Covid-19

Comment se protéger du virus et se confiner quand on n’a pas de chez-soi ? En cette période de crise sanitaire majeure, Agir pour la santé des femmes a multiplié et renforcé ses actions. Lors des maraudes quotidiennes dans son camion médicalisé, l’association propose des tests PCR ou antigéniques, informe les femmes sur le virus, les gestes barrières à adopter et les oriente si nécessaire vers des structures Covid. Ces tests sont aussi réalisés à l’accueil de jour de l’association dans le quartier de Barbès, où des distributions de paniers repas ont également lieu, midi et soir, avec l’Armée du Salut. L’ADSF organise en outre des mises à l’abri à l’hôtel avec une prise en charge spécifique. Les femmes atteintes par le virus sont isolées et suivies pendant 7 jours. Enfin, une grande campagne téléphonique de surveillance sanitaire, d’information et d’orientation Covid est actuellement menée auprès des bénéficiaires de l’association.

  • Aliisa Waltari (ANPM-France Mutualité)
  • Crédit photo : Camille Le Berre

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