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Médecin traitant : pourquoi certains patients n’en déclarent-ils pas ?

Plus de 8 % des Français n’ont déclaré aucun médecin traitant, selon l’Assurance maladie. En avoir un n’est pas obligatoire mais garantit une prise en charge optimale du coût des soins par la Sécu. Pourquoi certains patients n’en déclarent-ils pas ? Et que faire si l’on n’en trouve pas ?

Médecin traitant : pourquoi certains patients n’en déclarent-ils pas ?

Ils sont plus d’une personne sur douze : 8,6 % des Français de plus de 16 ans n’ont pas déclaré de médecin traitant, selon des chiffres livrés par l’Assurance maladie en 2018. Cette démarche n’est pas obligatoire. Néanmoins, et depuis la création du parcours de soins coordonnés par le ministère de la Santé en 2004, en déclarer un permet de bénéficier du meilleur taux de prise en charge par la Sécurité Sociale. Le rôle du médecin traitant est, selon l’Assurance maladie, de « suivre ses patients sur la durée, coordonner leurs soins et réduire les inégalités face à la santé ».

La faute aux déserts médicaux ?

Certains Français n’ont pas de médecin traitant, tout simplement… parce qu’ils n’en trouvent pas. Cette situation a été pointée en octobre 2018 dans un rapport remis à la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour préparer un plan contre les déserts médicaux. 75 caisses primaires d’Assurance maladie y signalent « les difficultés croissantes à trouver un médecin traitant » dans leurs territoires.

C’est le cas dans le pays de Gex, à la frontière suisse, où vit Damien, en couple avec un enfant, qui n’a pas trouvé de praticien. « Six mois d’attente pour un pédiatre, des généralistes qui refusent les nouveaux patients… Et les médecins préfèrent mille fois s’installer à quelques kilomètres, côté suisse, où les salaires sont bien plus avantageux. Les loyers très élevés découragent aussi les jeunes médecins. Nous avons fait le choix d’adhérer au système de santé suisse, car nous travaillons tous les deux de l’autre côté de la frontière et en avons eu la possibilité, même s’il nous coûte cher. »

Découragement face à la démarche

Pour d’autres, l’absence de médecin traitant est un choix ou le résultat d’un manque de « courage » à faire la démarche… Comme Gaëlle, qui n’a plus de médecin traitant « depuis au moins huit ans. J’ai changé de région, ma médecin a quitté son cabinet sans prévenir pour changer d’activité, puis je n’ai jamais rempli le papier nécessaire. Un médecin généraliste que j’ai vu deux fois me l’a proposé, mais j’ai décliné : je n’avais pas le « feeling » avec lui. Et puis, je ne suis jamais malade, et quand il s’agit de renouveler mon traitement contre la migraine, c’est mon conjoint qui me fait l’ordonnance – il est médecin ! » Quant à aller voir des spécialistes, le seul dont elle a eu besoin jusqu’à maintenant est une gynécologue qu’elle voit une fois par an (hors du parcours de soins coordonnés).

Remboursé à 30 % au lieu de 70 %

Il n’est pas obligatoire de déclarer un médecin traitant. Mais sans ce dernier, on sort du parcours de soins coordonnés, et les consultations sont alors moins bien prises en charge par l’Assurance maladie. Elles ne sont remboursées qu’à 30 % du tarif « sécu » au lieu de 70 %. Par exemple, si vous consultez un généraliste au tarif de 25 euros, seuls 6,50 euros seront pris en charge contre 16,50 euros s’il s’agit de votre médecin traitant, ou si celui-ci vous a adressé à ce confrère.

Romain, qui s’est trouvé dans cette situation, a fini par opter par un médecin « à 800 kilomètres de chez lui, que je ne vois jamais mais peu importe ». Ce « médecin traitant fictif » est une solution, connue de l’Assurance maladie, qu’adoptent certains Français face à la pénurie ou au manque de choix – il s’agit en fait d’un numéro fictif de prescripteur que doit remplir le médecin consulté. Cette solution est destinée à n’être que temporaire.

Liberté de choix

Tout Français de plus de 16 ans peut choisir le praticien qu’il souhaite comme médecin traitant, quel que soit le lieu où il exerce (cabinet ou hôpital), qu’il soit généraliste ou spécialiste, conventionné secteur 1, 2 ou à honoraires libres et qu’il soit proche ou éloigné géographiquement du domicile du patient.

Déclarer un médecin traitant pour un enfant de moins de 16 ans n’a pas d’incidence sur la prise en charge des consultations, mais l’Assurance maladie le recommande pour un meilleur suivi du jeune patient. Que faire si malgré tout on ne parvient pas à trouver de médecin traitant – les soignants ont le droit de refuser de le devenir – et qu’on veut bénéficier du parcours de soins coordonnés ? Il est possible de saisir le conciliateur de sa caisse d’Assurance Maladie qui se chargera de trouver une solution.

 

Quand et qui peut-on consulter sans médecin traitant tout en étant remboursé ?

L’Assurance maladie prend en charge selon son taux de remboursement habituel, et même si le patient n’a pas de médecin traitant ou n’est pas passé par celui-ci quand :

  • Vous consultez le remplaçant de votre médecin traitant.
  • Vous êtes en déplacement (vacances, voyage) ou si la consultation se fait en urgence, dans l’indisponibilité de votre médecin traitant. Demandez dans ce cas au praticien de l’indiquer sur la feuille de soins.
  • Vous consultez dans le cadre d’une affection de longue durée (ALD).
  • Vous allez voir directement un de ces spécialistes : dentiste, ophtalmologue, gynécologue, psychiatre si vous avez entre 16 et 25 ans, stomatologue pour des soins bucco-dentaires.

Pour trouver un praticien, consultez l’annuaire en ligne des professionnels de santé de l’Assurance maladie.

  • Pauline Hervé
  • Crédit photo : Getty Images

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