« MonPsy » : des séances chez le psychologue désormais remboursées

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Permettre à toutes les personnes qui ressentent le besoin d’un accompagnement psychologique de bénéficier de séances prises en charge par la Sécurité sociale : c’est l’objectif du dispositif gouvernemental MonPsy, lancé le 5 avril 2022. Qui peut en bénéficier ? Comment trouver un praticien et quel est le tarif des séances ? On vous dit tout.

MonPsy

Le sujet de la santé mentale constitue l’un des enjeux majeurs de santé publique de ces dernières années. Les besoins d’accompagnement psychologique, notamment en cas de troubles anxieux ou dépressifs, ont été accentués par la crise sanitaire et plus récemment par le conflit en Ukraine. Pour y répondre, le dispositif MonPsy, annoncé lors des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie en septembre 2021, est entré en vigueur le mardi 5 avril 2022. « Après des dispositifs transitoires mis en place pendant la pandémie à destination des enfants, des ados et des étudiants, nous proposons désormais un accompagnement psychologique pris en charge pour l’ensemble de la population, et notamment pour les personnes pour lesquelles le coût des séances était un frein », détaille Bénédicte Roquette, conseillère au cabinet du ministre de la Santé.

Une lettre d’adressage pour bénéficier de la prise en charge

MonPsy s’adresse aux Français, dès l’âge de 3 ans, en souffrance psychique d’intensité légère à modérée (troubles anxieux et dépressifs, troubles du comportement alimentaire, addictions – tabac, alcool, cannabis – sans critère de dépendance). 10 millions de personnes seraient concernées. Sur « orientation de leur médecin », les patients peuvent désormais bénéficier de 8 séances réparties sur une année civile remboursées par l’Assurance maladie. « Ce dispositif entérine un mode de coopération entre le médecin généraliste et le psychologue, ce qui est très important dans le parcours en santé mentale », ajoute Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie. En pratique, le médecin donne à son patient une lettre d’adressage, et non une ordonnance, lui permettant de solliciter un psychologue participant à ce dispositif.

Pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie

La première séance, appelée entretien d’évaluation et fixée obligatoirement en présentiel, s’élève à 40 euros. Les suivantes sont à 30 euros, sans possibilité de dépassements d’honoraires. Le ministère de la Santé indique que le calcul des coûts a tenu compte de la durée moyenne d’une séance, estimée à « environ 40 minutes ». Après chaque séance, le patient règle les frais et envoie sa feuille de soins à l’Assurance maladie, qui lui remboursera 60 % du montant de la consultation. Les 40 % restants seront ensuite remboursés par les complémentaires santé, si le patient dispose d’une mutuelle. « Cela représente un coût de 50 millions d’euros sur 2022, 100 millions d’euros pour 2023 », précise l’Assurance maladie.

Plus de 600 psychologues référencés

A ce jour, « plus de 1 300 psychologues ont déposé leur candidature pour intégrer le dispositif », indique le cabinet du ministre de la Santé. Des candidatures qui seront examinées avant d’être ou non confirmées. Pour être candidat, les psychologues doivent répondre à certains critères de sélection. « Ils doivent avoir au moins trois ans d’expérience et un diplôme ou une formation complémentaire en psychologie clinique et en psychopathologie », précise Frank Bellivier.

Pour l’heure, « plus de 600, répartis sur l’ensemble du territoire, outre-mer compris, ont été sélectionnés et inscrits dans l’annuaire du site MonPsy, mis à jour quotidiennement », précise le cabinet du ministre de la Santé. Un chiffre qui est amené à évoluer afin d’obtenir un maillage territorial le plus fin possible.

  • Peggy Cardin-Changizi
  • Crédit photo : Getty Images

Un commentaire pour cet article

  1. Laurent

    Ce dispositif n’est respectueux ni des patients ni des psychologues.
    Les critères d’exclusion sont si nombreux que nous, les psychologues, estimons que seul 0.5% de la population pourrait en bénéficier.
    L’accès direct aux psychologues est perdu.
    Le secret professionnel est bafoué puisque le psychologue devra faire un compte rendu…et concrètement c’est du temps que nous n’aurions pas pour nos patients et, de plus, ceci s’oppose à notre code déontologique.
    La limitation des 8 séances par an ne permettra pas de travailler réellement.
    Par ailleurs, 30 euros la séance obligera des séances de 20 à 30 min…en effet le psychologue, tout comme tout professionnel libéral à de lourdes charges qui correspondent à 50% minimum sur le coût d’une consultation…
    Aucun thérapeute ne peut recevoir 20 patients par jours si il fait bien son travail…il en va de sa santé mentale.
    Par ailleurs, nous faisons déjà des tarifs adaptés aux personnes qui le nécessitent.
    Cette pseudo réforme permet à l’état de se désengager des cmp et autres structures qui permettaient déjà l’accès à un psychologue gratuitement et surtout de manière illimitée…
    Cette réforme a été faite dans le dos des psychologue et montre une profondeur méconnaissance de notre métier.
    Raison pour laquelle nous boycottons massivement ce dispositif.

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