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Des services de santé « mobiles »

Des services de santé «mobiles»

On connaissait les services de soins infirmiers et l’hospitalisation à domicile… Mais d’autres se développent comme les opticiens à domicile, le bus dentaire ou le « mammobile » qui sillonnent les villes ou les campagnes à la rencontre des patients.

Depuis avril 2017, Tifaine Weisseldinger parcourt les routes du Bas-Rhin, avec son ordinateur portable et ses valises contenant environ 200 paires de lunettes pour hommes et femmes. Tifaine est opticienne à domicile.

Ce service proposé par les Opticiens Mutualistes est déjà mis en place en Bourgogne, en Gironde, autour de Limoges… L’accès aux services optiques pour les personnes ayant des problèmes de mobilité est ainsi facilité. Le principe est simple. Il suffit de prendre rendez-vous en expliquant ses besoins et même ses envies. « Certains ont vu une monture sur internet qui leur plaisait. Ils nous envoient la photo et quand nous venons, nous proposons des modèles équivalents », raconte Tifaine Weisseldinger.

La jeune femme se rend soit dans les résidences pour personnes âgées, soit au domicile de ceux qui ont besoin de lunettes ou qui veulent en changer. « Ce sont surtout des personnes âgées ou des personnes qui n’ont pas de moyen de transport », explique-t-elle.

Et tout se déroule comme au magasin : choix des lunettes, pratique du tiers payant, pas de frais de déplacement… Une à deux semaines après la première visite, l’opticienne revient avec la paire de lunettes et l’ajuste.

Des outils de basse vision sont également proposés. Les personnes peuvent même les tester pendant quelque temps à leur domicile.

 

Des tests auditifs à domicile

Direction maintenant l’ouest de la France où ASPPA santé, créé par les Mutuelles de Vendée, propose également ce service d’opticien à domicile. Mais pas uniquement. Ils y ajoutent l’audition et le dentaire.

Un test auditif non médical peut ainsi être réalisé à domicile tout comme le nettoyage des appareils auditifs. « Si l’on constate une perte d’audition, nous orientons la personne vers un spécialiste pour un bilan complet. L’objectif de tous ces services est vraiment de donner aux personnes en perte d’autonomie accès à la santé », explique Lilian Genouel, coordinateur du service ASPPA santé.

Pour le dentaire, les chirurgiens-dentistes se déplacent uniquement dans des structures pour personnes âgées afin de réaliser des bilans bucco-dentaires. Si des soins sont nécessaires, un rendez-vous dans une structure dentaire environnante, avec des créneaux horaires aménagés pour limiter l’attente, est proposé au patient.

 

Un Samu social mutualiste

Retisser un lien entre les personnes qui vivent dans la rue et le réseau médico-social. C’est l’objectif du Samu social de jour de Nice. Ce service a une particularité : il est géré par la Mutualité Française PACA SSAM.

Tous les jours, des équipes (infirmier, psychologue, assistante de service sociale, accueillante sociale et des bénévoles les week-ends et les jours fériés) arpentent les rues de Nice. « C’est un travail de fourmi. Nous essayons de créer du lien mais cela peut prendre des mois voire des années. Nous allons au rythme des personnes rencontrées. Nous ne faisons rien contre leur volonté. Nous partons du principe que rien n’est impossible », explique Christelle Giuliani, coordinatrice du Samu Social de jour de Nice.

Salariés et bénévoles sont présents pour accompagner à l’accueil de nuit les personnes qui vivent dans la rue mais également dans leurs démarches ou pour une consultation médicale. « Côté santé, l’infirmière évalue la situation et prend rendez-vous si nécessaire dans une structure adaptée. Côté démarches, on essaie de voir s’ils ont une couverture sociale et s’ils n’ont pas de domiciliation, on peut les accompagner au centre communal d’action sociale (CCAS) », ajoute Christelle Giuliani.

Au fil du temps une relation de confiance s’établit. Une personne peut refuser de l’aide un jour et l’accepter le lendemain. C’est pourquoi les équipes du Samu social ne s’arrêtent pas au premier refus et reviennent régulièrement auprès des personnes sans domicile fixe. Plus de 700 personnes ont été aidées en 2017 dont 153 régulièrement.

 

Un bus dentaire pour les plus défavorisés

En région parisienne, des chirurgiens-dentistes bénévoles vont à la rencontre des populations défavorisées, dans un bus, aménagé comme un cabinet dentaire habituel. Près de 2000 patients bénéficient chaque année de ce service. L’association du « Bus social dentaire » a été créée en 1996 par le Conseil de l’Ordre.

« Nous allons voir les personnes en situation de grande précarité, en fin de droit ou sans couverture sociale. Les soins d’urgence sont réalisés entièrement gratuitement, sans feuille de soins. Mais nous ne réalisons pas la pose de prothèses ou d’implants. Quand le cas se présente, nous essayons de réorienter le patient dans le circuit général des soins », explique le Dr Paul Samakh, chirurgien-dentiste à la retraite président de l’association.

Un planning est établi du lundi au vendredi. Le bus se déplace dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis ainsi que le XIIème arrondissement de Paris.

« Le bus ne s’arrête pas n’importe où. Il faut une autorisation de la préfecture, une arrivée d’eau et de l’électricité », ajoute le Dr Paul Samakh. Trois salariés (une coordinatrice, une assistante sociale et un conducteur) ainsi que 35 chirurgiens-dentistes bénévoles (en retraite ou en activité) font « tourner » ce bus. L’association travaille en lien avec plusieurs associations humanitaires dont Médecins du Monde, la Croix-Rouge et les Restos du cœur afin d’informer les patients du jour et du lieu de la venue du bus.

 

Un « mammobile » pour le dépistage du cancer du sein

Deux « mammobiles » de l’AMHDCS (association Montpellier-Hérault pour le dépistage du cancer du sein) sillonnent les routes de l’Hérault. Les femmes peuvent ainsi venir se faire dépister tout près de chez elle et n’ont pas besoin de faire des kilomètres pour rejoindre un centre d’imagerie médicale. Un médecin pratique l’examen qui dure environ 20 minutes. Quelques jours après, la patiente ainsi que son médecin reçoivent les résultats.

Mammobile

Même chose dans l’Orne où le « mammobile » mis en place en 1992 par le Département permet chaque année à 6 500 femmes de se faire dépister. En 2017, le « mammobile » a même franchi à deux reprises les portes du département pour se rendre dans l’Eure et le Calvados.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : DR

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