Covid-19 : la santé psychique des Français au cœur d’une grande étude scientifique

France Assos Santé lance une étude pour mesurer sur deux ans les répercussions de la crise sanitaire sur la qualité de vie des malades chroniques, des personnes en situation de handicap, des aidants et des biens portants. 10 000 volontaires sont appelés à y participer.

étude covid

La pandémie de Covid-19, qui touche le monde, s’est installée dans le quotidien des Français et jusqu’à profondément bousculer leurs habitudes, leurs certitudes, leurs modes de vie et de fonctionnement et le système de santé. La présence du virus, de son lot d’inconnues et de bouleversements, s’inscrit dans la durée avec ce que cela suppose d’inconfort, d’anxiété, de doutes et de difficultés.

France Assos Santé*, union nationale d’associations agréées d’usagers du système de santé, a lancé ce 30 novembre 2020 une grande étude Vivre Covid-19. Il s’agit de recueillir le ressenti d’un groupe de 10 000 participants volontaires afin de mesurer l’impact du coronavirus sur la qualité de vie et la santé des Français, plus particulièrement sur leur état psychique.

L’étude est pilotée par un conseil scientifique

Pour participer, il suffit de s’inscrire en quelques clics sur le site de l’enquête Vivre Covid 19 avant le mois de mai 2021. Un questionnaire, qui ne demande que cinq minutes d’attention, est envoyé aux volontaires chaque mois jusqu’en mai 2022, fin de l’étude. Les questions sont très simples. Elles portent, par exemple, sur les conditions de confinement, de travail, le niveau d’anxiété ressenti, le suivi et la déprogrammation des soins.

L’enquête s’adresse aux personnes de 18 ans et plus. Elle est menée par la société de recherche clinique française Sanoïa qui a déjà encadré de nombreux projets épidémiologiques. « L’anonymat des participants est garanti. L’étude est par ailleurs pilotée par un conseil scientifique », explique le docteur Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé, qui supervise cette entité. La méthodologie de l’enquête a été validée par un comité de protection des personnes.

Le focus est mis plus spécifiquement sur les malades chroniques, les personnes en situation de handicap et les aidants mais les volontaires bien portants sont également les bienvenus. Car cette enquête scientifique entend donner une photographie large et fidèle des effets provoqués par le Covid-19 sur la population française, mieux faire connaître les impacts psychologiques à long terme de la pandémie aux particuliers, associations, corps médical et pouvoirs publics.

78, 9 % des sondés se disent anxieux

« Il s’agit de dégager un état des lieux du vécu et du ressenti devant cette situation inédite et anxiogène afin de répondre aux difficultés exprimées par des solutions », poursuit le docteur Jean-Pierre Thierry. Et de voir, dans la durée, l’évolution des résultats face à la trajectoire et au devenir du virus « avec la perspective d’un vaccin en 2021 qui permettrait l’immunité collective et diminuerait le risque d’attraper le Covid ».

Une première phase d’étude pilote a été menée sur 2 000 personnes lors du premier confinement. Elle a révélé une dégradation de la prise en charge des personnes malades. 61,5 % d’entre elles ont eu leur rendez-vous médical annulé, sans date de report pour la moitié.

Chez l’ensemble des sondés, malades et bien portants, il a été observé une augmentation des craintes de contamination et la peur d’être pas ou mal soignés. « Nous avons constaté l’expression d’une anxiété chez 78,9 % d’entre eux », commente le docteur Thierry. Pour 45 %, cette manifestation est très forte.

Un second confinement moins bien vécu

« La peur de la mortalité liée au virus, des facteurs de comorbidité, entraîne cet état. » L’anxiété est renforcée par l’inconnu, les images des hôpitaux en difficulté, l’information sur les formes graves et persistantes du Covid… « Tout cela affecte énormément notre psychisme, nos humeurs… ». Sans compter que la précarité augmente, qu’une crise économique se profile.

Le médecin de France Assos Santé ajoute que la période actuelle n’est guère engageante à bien des niveaux. « Comparé au premier confinement, nous sommes en hiver, une saison qui favorise l’état dépressif. Les jours raccourcissent. Le soleil est moins présent. » Ce deuxième confinement est beaucoup moins bien vécu, plus difficile à supporter. « On comprend qu’il faut limiter les contacts, porter des masques, mais c’est lourd. »

Les personnes souffrant de maladies chroniques, les gens seuls, sont les plus impactés. « Les liens sociaux sont à l’arrêt, ce qui représente une double peine pour certains. Et on sait pertinemment que les plus précaires seront les plus touchés par cette crise sanitaire ». Les premiers résultats de l’étude seront dévoilés en mai 2021.

*France Assos Santé regroupe 85 associations nationales pour la défense des intérêts des patients et des usagers du système de santé. On trouve notamment en son sein AFM Téléthon, Alliance maladies rares, Fédération française des diabétiques, France Alzheimer ou encore UFC Que choisir.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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