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Don d’organes : et si on en parlait ?

Don d’organes : et si on en parlait ?

Le don d’organes permet d’améliorer le quotidien de certains patients et même de sauver des vies. 5 891 organes ont été greffés en 2016. Mais comment donner et peut-on s’y opposer ?

Le don d’organes est gratuit.

VRAI. En France, tout le monde est présumé donneur sauf si la personne a exprimé, de son vivant, le refus d’être prélevé. Ensuite, le don d’organes est anonyme. Il n’est donc pas possible de choisir à qui on donnera nos organes à notre mort. Et le nom du donneur ne peut pas être communiqué au receveur. La famille du donneur peut cependant, si elle le demande, être informée du résultat de la ou des greffes. Enfin, le don d’organes est gratuit. En France, la commercialisation d’organes est condamnée.

Il faut être majeur pour donner.

FAUX. Le don d’organes se fait à tout âge. Cela dépend des organes et du bilan médical. Ce qui compte ce n’est pas l’âge mais bien le bilan médical. Par exemple, un patient de 80 ans qui n’avait pas d’addiction peut tout à fait donner son foie. En 2016, la moyenne d’âge des donneurs était de 56,1 ans. À noter que si la personne décédée est mineure, les titulaires de l’autorité parentale doivent donner leur accord par écrit.

Don d’organes : et si on en parlait ?

Le don d’organes et le don du corps, c’est la même chose.

FAUX. Le don d’organes permet de greffer des malades afin d’améliorer leur qualité de vie et peut parfois aussi les sauver (greffe du cœur). Alors que donner son corps à la science permet à des étudiants en médecine d’apprendre l’anatomie. Pour léguer son corps à la recherche, il faut être majeur et l’avoir indiqué par écrit de son vivant en ayant fait parvenir une déclaration à l’une des facultés de médecine habilitées. Ce don peut être payant.

On peut refuser de donner tel ou tel organe.

VRAI. On peut refuser de donner tous ses organes ou uniquement certains. La procédure est la même. Il suffit de s’inscrire sur le registre national des refus, en joignant une copie d’une pièce d’identité sur www.registrenationaldesrefus.fr ou par courrier à : Agence de la biomédecine – Registre national des refus – 1 avenue du Stade de France – 93 212 Saint-Denis-La-Plaine-Cedex. Si on ne souhaite pas être prélevé de tel ou tel organe, il faut le préciser. On peut également le faire savoir à ses proches en leur donnant un document daté et signé. Si c’est par oral, les proches devront, au moment du décès, retranscrire par écrit le témoignage de refus. On peut changer d’avis et revenir sur sa décision en informant le registre national des refus.

On peut donner de son vivant.

VRAI. On peut donner un rein ou éventuellement un lobe de foie. Une condition : avoir un lien stable et durable avec le receveur depuis plus de deux ans. Existent également les dons croisés : un mari veut donner un rein à sa femme mais ils ne sont pas compatibles. Un autre couple se trouve dans la même situation. Les organes sont échangés, les deux couples ne se connaissent pas et l’agence de biomédecine synchronise les deux interventions. Le don croisé est rare mais se développe.

 

Point de vue

« Toujours en concertation avec la famille »

Pr Olivier Bastien, directeur Prélèvement Greffe organes-tissus à l’Agence de la biomédecine

Pr Olivier Bastien, directeur Prélèvement Greffe organes-tissus à l’Agence de la biomédecine © D. LOEPER APF« Depuis le 1er janvier dernier, les modalités de refus au don d’organes ont été précisées. Les possibilités d’inscription sur le registre du refus de don d’organes sont facilitées. Une personne qui veut vraiment s’opposer peut le faire soit en s’inscrivant par écrit ou en ligne, soit en transmettant sa décision à un proche. C’est important d’en parler autour de soi. Lors du décès, les médecins demandent à la famille si elles connaissent la position du défunt. Cela se fait bien évidemment avec empathie et avec un délai de réflexion. Si la famille ne connaît pas la position du défunt, c’est peut-être qu’il n’y était pas opposé. Mais si les proches ne sont vraiment pas d’accord, on ne va pas leur rajouter une souffrance, et la décision est toujours prise en concertation avec elle. »

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : Vadimguzhva/Istockphotos - Illustration : Bérengère Staron

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