Logo Essentiel Santé Magazine

La high-tech au service des personnes malentendantes

Des aides auditives de plus en plus perfectionnées, une application pour téléphoner, une autre pour sous-titrer les conversations… De plus en plus de solutions sont proposées pour les personnes sourdes ou malentendantes.

La high-tech au service des personnes malentendantes

L’appareil auditif que l’on voit au premier regard se fait plutôt rare. Aujourd’hui, les appareils sont petits et discrets. Les personnes malentendantes peuvent bénéficier de différentes aides auditives (contours, intraauriculaires, assistants d’écoute…). La plupart de ces aides sont numériques et offrent un meilleur confort aux patients.

Pour les personnes (adultes et enfants) atteints de surdité sévères ou profondes, l’implant cochléaire peut être proposé. Il stimule le nerf auditif en fonction des sons captés par un microphone. « Plus il est implanté tôt, mieux il fonctionne. Chez les enfants, on l’implante vers deux ans au moment où le langage apparaît. L’enfant va ainsi apprendre à parler avec son implant », explique le Pr Jean-Luc Puel, président de l’association JNA (journée nationale de l’audition) et directeur de recherches à l’Inserm Montpellier. Suite à la pose de l’implant, les patients suivent un programme de rééducation orthophonique.

 

Amélioration du confort

« On cherche sans cesse à améliorer le confort du patient. Actuellement, des recherches sont effectuées pour coupler l’implant cochléaire avec les appareils auditifs conventionnels. Des recherches plus innovantes testent la possibilité de les coupler à la pharmacologie, grâce à des médicaments appliqués dans l’oreille pour empêcher les cellules auditives de mourir. Au-delà de la surdité, les appareils auditifs permettront de réaliser un suivi médical et de mesurer votre température, vos battements cardiaques, votre tension artérielle, voire détecter les chutes chez la personne âgée. C’est l’ouverture vers la télémédecine », ajoute le Pr Jean-Luc Puel. Parallèlement à ces innovations autour des aides auditives, des applications voient le jour pour améliorer le quotidien des personnes sourdes ou malentendantes.

 

Quand téléphoner devient possible

Comment prendre rendez-vous chez son médecin par téléphone quand on est sourd ou malentendant ? Comment passer un entretien téléphonique au travail ? Ou tout simplement appeler ses proches ? Beaucoup de personnes sourdes renoncent ou sont dépendantes d’un tiers pour téléphoner. Rompre avec cette dépendance et ces opportunités manquées, c’est désormais possible. Mais comment ? Grâce à l’application RogerVoice, développée par Olivier Jeannel, sourd profond depuis l’âge de deux ans. C’est une application qui sous-titre les conversations, avec une parfaite autonomie. En effet, seul la personne sourde a besoin de l’application pour recevoir des appels sous-titrés 24h/24.

« Après mes études à Berkeley en Californie et à Sciences Po Paris, j’ai commencé à travailler dans les télécoms. L’ironie étant que je ne pouvais pas téléphoner moi-même ! », explique-t-il. RogerVoice est né il y a quatre ans à Paris. L’application est gratuite et les appels entre utilisateurs aussi. Ensuite, des forfaits d’1h ou d’appels illimités sont proposés.

« Les sms et les mails, cela a été bouleversant et magique pour les sourds. L’appel téléphonique reste pourtant indispensable. On comprend les défis et les attentes des utilisateurs », explique Olivier Jeannel.

Douze personnes travaillent aujourd’hui chez RogerVoice pour améliorer encore les possibilités de cette application et développer une version vidéo avec des interprètes en langue des signes.

 

Une application qui sous-titre les conversations

« Supprimer cette barrière de la communication, les problèmes de langage et éviter l’isolement des personnes sourdes ». Thibault Duchemin, jeune Français diplômé des Ponts et Chaussées a réussi son pari en créant l’application mobile Ava (Audiovisual accessibility). Son principe est simple : elle sous-titre en moins d’une seconde la parole de l’interlocuteur qui est en face de vous ou même d’un groupe (jusqu’à 12 personnes avec une couleur pour chacun).

« C’est un compagnon de vie, les personnes sourdes et malentendantes ont ainsi accès à l’information. C’est un instrument d’intégration. Dans les entreprises par exemple, les salariés sourds mangent souvent seuls, cette application va leur changer la vie. Elle permet de recréer du lien social », explique Thibault Duchemin dont les parents et la sœur sont sourds.

Pendant toute sa jeunesse, il a d’ailleurs joué les interprètes au sein de sa famille. Aujourd’hui, sa sœur se sert de l’application à l’université, son père à son travail et sa mère dans la vie quotidienne. « Elle permet de créer de vraies relations et de sortir du ghetto silencieux », ajoute-t-il. L’application a été lancée en juillet 2017 en France et son jeune créateur espère bien la développer dans les écoles, les entreprises, dans des conférences…

L’application est gratuite jusqu’à 5 heures de conversation chaque mois, ensuite un forfait est proposé en illimité.

 

Des signaux lumineux pour les sons du quotidien

 

Des signaux lumineux pour les sons du quotidien

L’alarme incendie qui se déclenche, le voyant est rouge, bébé qui pleure, cette fois, c’est vert… À chaque son, une couleur. C’est le principe du dispositif créé par la start-up niçoise Smart Ear. Les personnes sourdes ou malentendantes sont ainsi averties des bruits du quotidien par un signal lumineux sur un boîtier qui ressemble à une enceinte et par un message sur leur smartphone. Le système étant géré par une application mobile. « Au départ, nous avions conçu cela pour les personnes sourdes. Et nous nous sommes rendu compte que les personnes malentendantes en ont aussi besoin. Le boîtier remplace l’oreille finalement.

Plus de 30 sons peuvent être enregistrés », explique Sébastien Llorca, cofondateur de Smartear. Ce dispositif, récompensé en mai 2017 par le concours Lépine, s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises. « Nous avons des demandes pour des aménagements de poste dans des entreprises. L’intérêt est que le produit est adaptable, les sons étant personnalisés », précise Sébastien Llorca.
Les boîtiers sont à la vente ou en location mensuelle.

  • Cécile Fratellini
  • Crédit photo : Freepik

Aucun commentaire pour cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Glossaire