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Conférence Michel Cymes

Pour Michel Cymes, la santé connectée, c’est la médecine de demain

La santé connectée, tel était le sujet, très « haute technologie », de la conférence que Michel Cymes a animée à Angers. Devant 1 200 personnes, il a su simplifier, expliquer, démontrer sans déformer la réalité.

Devenir acteur de sa santé va devenir de plus en plus facile et abordable grâce à la « e-santé », autre nom de la santé connectée. Il est déjà courant de mesurer son niveau d’activité physique pour lutter contre la sédentarité. Bientôt, il sera banal, pour les patients atteints de maladies graves, de se faire aider dans le suivi de leur traitement. Prochainement, communiquer à distance l’évolution de ses données de santé – sa tension par exemple – à un médecin, sera très simple.

À Angers, le 25 novembre, lors d’une conférence du Club Prévention Santé, Michel Cymes a abordé tous ces sujets en deux heures avec humour et pédagogie.

 

La santé connectée, qu’est-ce que c’est ?

Tous les jours, nous utilisons des objets connectés. Ainsi, explique Michel Cymes, « en 2017, dans le monde, 3,4 milliards de personnes posséderont un smartphone. En France, d’ici 2020, on estime que deux milliards d’objets connectés seront vendus ».

Pour autant, constate-t-il avec ironie, « 55 % des Français ne savent pas définir un objet connecté ». C’est ce manque d’information qu’il souhaite corriger, en se limitant au domaine de la santé.

Dans ce seul domaine, ils sont déjà nombreux sur le marché : pèse-personnes, thermomètres, glucomètres, tensiomètres, appareils analysant le sommeil, etc. Il s’agit donc d’instruments de mesure qui peuvent être connectés à un smartphone mais aussi à une plate-forme internet de conseils ou encore à l’ordinateur d’un médecin voire d’un établissement de santé.

Pour Michel Cymes, cela va « complètement bouleverser la médecine de demain ».

Propos confirmé par Paul-Louis Belletante (président-fondateur de Betterise ), qui, lui, préfère parler de « santé digitale ». Ce qui se met en place, dit-il, c’est « la santé mobile, la gestion des données de santé de masse, la télémédecine ».

 

À quoi sert-elle ?

Il y a, c’est vrai, des objets connectés dont l’intérêt est limité. Ainsi, le biberon qui prévient, quand il n’est pas assez penché pour que le bébé puisse boire.

Mais la santé connectée, c’est aussi l’application que l’on peut télécharger sur son smartphone qui permet de compter ses pas quotidiens (6 000 par jour minimum, selon Michel Cymes). Cela peut être la connexion, toujours via son smartphone, à une plate-forme comme Betterise. Laquelle, à partir des données que l’on fournit et de celles qu’elle enregistre, délivre des conseils pour mieux vivre et améliorer son état de santé.

Autre exemple : le tensiomètre connecté, permet au médecin de suivre l’évolution dans la durée de la tension de son patient. « On sait, explique Éric Carreel, co-fondateur de Withings qui fabrique de tels objets, que la tension prise le jour du rendez-vous est vraisemblablement inexacte car mesurée le plus souvent dans de mauvaises conditions. Sans parler du « stress de la blouse blanche », qui la fait monter. »

La e-santé, c’est aussi un moyen, pour les personnes atteintes de maladies nécessitant un traitement au long cours, de les aider à mieux suivre ce traitement. Un exemple : le glucomètre (qui mesure le taux de sucre dans le sang), largement utilisé par les diabétiques, mais qui sera connecté au smartphone et enregistrera toutes les données afin que l’on puisse les montrer à son médecin. Enfin, les informations recueillies permettront – permettent déjà, en fait – de créer des bases de données gigantesques, que l’on appelle big data -, qui serviront à étudier des indicateurs de santé globaux et, ainsi, de faire avancer la médecine.

En résumé, cette santé digitale permettra d’avoir une nouvelle relation avec sa santé, d’être acteur de celle-ci, de mieux faire de la prévention, d’apporter une aide au diagnostic, une meilleure prise en charge de la maladie, et enfin un gain de temps et une économie.

Mais pour que ces objets soient utilisés, il faut qu’ils passent inaperçus dans la vie courante : porté au poignet, comme une montre, pour compter ses pas ou encore placé sous le matelas pour étudier son sommeil, etc.

Quant aux médecins, « ils ne sont pas forcément les fers de lance de ces objets mais, si les patients s’équipent, ils suivront », explique le Dr Couhet, médecin à Cholet et président de Connected Doctors, une association de praticiens qui promeut la e-santé.

 

Des dangers à la santé connectée ?

Il y a aussi des risques. Si, à partir des données recueillies sur le comportement des utilisateurs, une complémentaire santé, pour ne prendre que cet exemple, sait tout de son état de santé et de son mode de vie, certaines d’entre elles ne pourraient-elles pas être tentées de calculer les cotisations en fonction de ces informations et donc des risques ?

Il existe toutefois des gardes fous. Tout d’abord la loi, qui interdit en France de telles pratiques en assurance santé. Ensuite, le fait que l’on ne communique ces données qu’aux personnes ou sociétés que l’on a choisies. Sans oublier le secret médical, pour les professionnels de santé. Et enfin, la déontologie : les mutuelles, par exemple, s’interdisent toute utilisation de ces données individuelles.

 

Pour en savoir plus

  • Henri Bertoin
  • Crédit photo : Nicolas DIDELLE

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