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Quand le numérique vient en aide aux aidants

Quand le numérique vient en aide aux aidants

L’essor des nouvelles technologies a permis à beaucoup d’entreprises, dont des start-up, d’innover dans le domaine de la santé. Certaines s’engagent sur le soutien aux aidants.

La plateforme numérique Wello a été lancée en février 2018. Imaginée par la start-up du même nom, elle est en cours d’expérimentation sur la métropole lilloise. Un projet mené en partenariat avec la Maison des Aidants. Son but ? Soulager le quotidien des aidants.

Concrètement, Wello se présente sous la forme d’un site web. « Prenons un exemple. Je suis l’aidant référent de ma mère. Je crée dans un premier temps mon compte sur internet via le site wello.fr. J’invite mes proches (famille, amis, voisins…) à rejoindre mon réseau Wello. Le site va ensuite me proposer des professionnels et structures proches qui peuvent m’apporter une aide en fonction de mes besoins. Je vais alors décider quels sont ceux qui rejoindront mon réseau », détaille Claire Javré, co-fondatrice de Wello.

Une fois ce réseau créé, l’aidant va pouvoir coordonner ces personnes entre elles. Elles auront accès à son planning. Infirmiers, bénévoles, amis… L’aidant va ainsi organiser gratuitement, grâce à Wello, l’aide autour de son proche dépendant… et de lui-même. À noter qu’une version premium devrait être proposée à l’avenir, moyennant un abonnement de 9 € par mois.

 

Familicare, nouvelle application destinée au maintien à domicile

Familicare est une application qui vient d’être développée par deux infirmiers libéraux caennais. Actuellement en version « beta test », elle est disponible gratuitement sur les smartphones fonctionnant sous Android. Familicare est destinée aux aidants et a pour objectif d’aider au maintien à domicile. Familicare permet de regrouper le dossier médical et les rendez-vous médicaux de la personne dépendante et d’en informer son réseau personnel ainsi que les professionnels de santé en lien avec elle.

 

Aider à son rythme

« Je dois tout gérer, je suis fatigué, je me sens seul… sont les phrases que nous entendons le plus ici », raconte Nathalie Quaeybeur, directrice de la Maison des Aidants de Lille. « Nous avons choisi Wello pour développer notre plateforme numérique car leur projet correspondait à nos souhaits. Nous allons pouvoir mettre en lien des bénévoles formés et encadrés par notre psychologue avec des aidants familiaux. Via le planning, l’aidant pourra solliciter une visite de courtoisie pour rompre sa solitude par exemple. Ou pour des demandes précises. Cela peut être simplement d’être accompagné lorsqu’il sort de chez lui ».

Nathalie Quaeybeur y voit un gros avantage : « les proches et bénévoles qui verront ces demandes ne se positionneront que s’ils le veulent ou le peuvent ! C’est à leur rythme ».

Les premiers bénévoles des associations partenaires sont aujourd’hui en cours de formation à l’outil. Ils sont également sensibilisés aux maladies neurodégénératives ainsi qu’aux risques d’épuisement de l’aidant.

 

Les autres outils connectés

Parmi les autres initiatives imaginées par les entreprises du numérique, la plupart concernent directement la personne dépendante. En la rendant plus autonome, elles soulagent de fait le quotidien de l’aidant.

Un grand nombre d’objets ont ainsi été créés. Un pilulier connecté par exemple, qui s’ouvre à une heure précise pour que la personne prenne au mieux son traitement. Relié au smartphone de l’aidant, il l’informe de la prise ou non des médicaments. Une montre connectée a également été développée. Portée par la personne dépendante, elle indique à l’aidant où est son proche lorsqu’il s’absente et est reliée à la téléassistance en cas de besoin. Tablettes et écrans simplifiés, cannes ou même lunettes connectées… les exemples sont multiples. Ces produits ont été développés par des entreprises œuvrant pour la plupart déjà dans le domaine de la santé. Leur taille peut être très variable, de la start-up à l’entreprise internationale.

 

Les limites aux outils numériques

« Toute aide apportée aux aidants est vraiment bonne à prendre, note Rachel Martin, assistance sociale. Même si quelques bémols subsistent. « Payer un abonnement à un service peut-être bloquant ».

La fracture numérique est un second frein. « Je rencontre au quotidien des bénéficiaires perdus avec Internet. Voire effrayés. Ces personnes se sentent de fait exclues des nouveaux services numériques ».

Enfin, quid du respect de la vie privée ? « Une personne dépendante peut se poser des questions sur le fait que des tiers ont accès à ses activités, ses déplacements ou sa prise de médicaments ». Un point délicat relevé également au sein de la maison des aidants. « Nous sommes très vigilants sur cet aspect », explique Nathalie Quaeybeur.

Aujourd’hui, pour pallier ce problème, certaines sociétés proposent la signature d’un document de consentement à l’aidé, ainsi qu’un paramétrage des données personnelles.

Les outils numériques, quel que soit leur type, sont pensés pour le futur. « Mais il ne faut pas oublier que c’est l’humain qui reste l’aidant, rappelle Nathalie Quaeybeur. Ces outils ne se substituent pas à l’aide apportée par les proches, ils viennent en complément, en soulagement ».

 

Quelles aides financières et psychologiques pour les aidants ?

L’APA, aide personnelle de retour à l’autonomie, pour les plus de 60 ans. Elle finance une partie des dépenses nécessaires au maintien à domicile.

Des mesures fiscales en faveur des aidants existent également. Elles concernent notamment l’impôt sur le revenu.

Les Plateformes d’accompagnement et de répit des aidants familiaux proposent des formations, du soutien psychologique, du répit…

L’aide au répit permet de libérer l’aidant pendant quelques heures, voire quelques jours.

Le congé de proche aidant, d’une durée maximale d’un an, est non rémunéré. Il garantit le retour à un poste équivalent dans l’entreprise.

  • Paola Da Silva
  • Crédit photo : Jean-philippe Wallet/Getty Images

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