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Recherche Alzheimer : un casque de neurostimulation testé à Montpellier

Un dispositif médical non invasif de stimulation neuronale par la lumière*, élaboré par une start-up, est en essai clinique sur 64 malades d’Alzheimer au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier.

Recherche Alzheimer : un casque de neurostimulation testé à Montpellier

Ils sont 64 volontaires. Ont entre 55 et 85 ans et, du lundi au vendredi, durant deux mois, se rendent au Centre Hospitalier Universitaire de Gui de Chauliac à Montpellier. Ils sont alors accueillis par l’équipe du professeur Audrey Gabelle pour une intervention de vingt-cinq minutes au Centre mémoire ressource et de recherche. Leur point commun : ils sont tous atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade léger ou modéré. Ils sont autonomes et volontaires pour participer à cette recherche. On leur appose un casque sur la tête et un plastron abdominal. Cette étude pilote se déroule jusqu’à la fin 2019. Les résultats seront ensuite analysés et rendus publics.

Des essais en laboratoire porteurs d’espoir

« Il faut ouvrir d’autres voies dans la recherche des maladies neurodégénératives et ce dispositif médical de photothérapie** est porteur d’espoir », témoigne le professeur Audrey Gabelle. Le procédé a été élaboré par la start-up montpelliéraine REGEnLIFE, dont la mission est d’apporter des traitements innovants dans le domaine de la neurologie.
« Notre technologie de stimulation neuronale repose sur des principes de sciences physiques puisqu’elle est basée sur des émissions électromagnétiques », souligne Guillaume Blivet, le dirigeant de REGEnLIFE. « Cette solution pourrait être déployée à grande échelle pour traiter la maladie d’Alzheimer, enjeu sociétal et de santé publique ». Mais également d’autres pathologies, comme Parkinson.

L’axe cerveau-intestin au centre du traitement

Toute une batterie de tests (cliniques, neuropsychologiques, biologiques et d’imagerie) est effectuée avant le début du protocole et deux mois après la fin de l’essai clinique. Comme tout essai clinique, la moitié des patients seulement bénéficie au dispositif médical actif, qui agit de façon non invasive sur les cellules du cerveau et l’intestin. Les autres sont sous traitement placebo.

En plus de l’approche innovante en termes de photothérapie, l’axe cerveau-intestin est privilégié. « Nous commençons à mieux comprendre les différences entre le microbiote du malade d’Alzheimer et celui d’une personne en bonne santé de même âge. Agir sur la flore intestinale pourrait permettre de réduire les troubles cognitifs. Nous avons bientôt des réponses. Les recherches sont en cours », poursuit Audrey Gabelle. Les tests en laboratoire ont confirmé une modification du microbiote après le traitement. « Il se renormalise. Le profil se rapproche alors plus d’un organisme sain que malade ».

Une approche plus globale de la personne

Audrey Gabelle est très optimiste. Sur les essais en cours au CHU de Montpellier comme sur la mobilisation générale pour la maladie d’Alzheimer. Les récentes recherches, en France et à l’international, leur cohérence, leur ouverture et leurs progressions la confortent en ce sens. « La maladie d’Alzheimer est complexe, elle ne se résume plus à une seule cible. Nous avons élargi le champ des possibles, pour une approche plus globale de la personne. Nous travaillons également sur la prévention personnalisée en modulant les facteurs comme la nutrition, l’activité physique, le sommeil, l’environnement, les relations sociales, l’inflammation… », observe-t-elle. Avec toutefois des bémols. « Cela n’avance jamais assez vite, surtout pour les malades et leurs accompagnants ».

La professeure est convaincue que les partenariats public-privé dans le domaine des nouvelles technologies et des sciences physiques permettront des avancées majeures pour la recherche de traitement des maladies neurodégénératives. « C’est l’avenir pour les structures de recherche hospitalières de collaborer avec des start-up spécialisées dans l’innovation en santé. Notre but est de proposer rapidement un transfert de la recherche de laboratoire vers la recherche clinique pour les patients ».

* Ce dispositif médical envoie des ondes infrarouges et des ondes magnétiques pour stimuler les neurones. L’objectif est un effet neuroprotecteur du cerveau. Cette stimulation est non douloureuse.
** La photothérapie est un traitement qui utilise la lumière naturelle ou artificielle (laser, rayons infrarouges, etc.)

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : Getty Images

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