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5 questions sur les accidents de la vie courante touchant les enfants

Les accidents de la vie courante touchent des millions de Français chaque année et occasionnent près de 20 000 décès annuels. Les enfants représentent un public particulièrement vulnérable. Quels sont les risques les plus menaçants pour eux ? Comment adopter les bons réflexes pour les limiter ?

5 questions sur les accidents de la vie courante touchant les enfants

Pourquoi les enfants sont-ils vulnérables face aux accidents de la vie courante ?

Près d’un tiers des accidents de la vie courante touche des personnes de moins de 10 ans (un chiffre qui monte à 45 % lorsqu’on prend en compte la tranche 0-14 ans), selon les derniers résultats de l’EPAC (Enquête permanente sur les accidents de la vie courante, pilotée par Santé publique France). « Il y a deux facteurs principaux qui expliquent cette vulnérabilité, détaille le Dr Gérald Kierzek, urgentiste à l’Hôtel-Dieu, à Paris. D’abord, les enfants bougent beaucoup : ils courent, sautent, escaladent, ce qui démultiplie les possibilités d’accidents. De plus, leur système neurologique est moins développé que celui des adultes : ils n’ont pas les mêmes capacités de réflexion que nous, ni les mêmes réflexes. »

Quels sont les accidents les plus fréquents chez les enfants ?

La chute est, de loin, le risque le plus menaçant pour les enfants. 55 % des accidents de la vie courante touchant les moins de 10 ans rentrent dans cette catégorie, selon les chiffres de l’EPAC. « L’enfant peut tomber d’un meuble qu’il a escaladé, de sa chaise ou, plus grave, de la table à langer. » Les cas les plus extrêmes sont les chutes par la fenêtre.

Un autre accident fréquent est l’intoxication suite à une ingestion accidentelle. « L’enfant va trouver une bouteille et la boire alors qu’elle contient un produit toxique. » Le Dr Kierzek met aussi en garde contre les brûlures. « Cela peut arriver lorsque l’enfant se saisit du manche de la casserole, ou au moment du bain, si l’enfant réussit à ouvrir le robinet d’eau chaude tout seul. » Selon lui, il faut être particulièrement vigilant dans la cuisine et la salle de bains.

Les parents sous-estiment-ils ces risques ?

« Oui, ces accidents de la vie courante sont complètement sous-estimés alors qu’ils sont à l’origine de 20 000 morts par an en France, six fois plus que le nombre de tués sur la route. » L’urgentiste fait d’ailleurs un parallèle entre la sécurité routière et celle de la maison pour protéger les enfants. « Lorsqu’on sort faire la fête, on désigne un capitaine de soirée qui ne boit pas. Et bien quand il y a un groupe d’adultes avec des enfants, c’est pareil : il faut désigner clairement qui est responsable de leur surveillance. » Car sans verbaliser, il y a un risque de dilatation de la responsabilité. « Le tonton pensait que c’était la cousine qui surveillait, qui pensait que c’était le grand-père… Au final plus personne n’est attentif et l’accident arrive. »

Quels sont les autres bons réflexes que les parents peuvent adopter ?

Pour limiter les risques d’accidents de la vie courante, la vigilance est la règle d’or. « Il ne faut jamais les laisser seuls. » Gérald Kierzek prône aussi davantage de sensibilisation afin de mieux anticiper les risques. Un exemple est la visite d’une maison « géante » afin que les parents se rendent compte de la perception que peuvent avoir les enfants du domicile.

« Mais attention, l’idée n’est pas de vivre en permanence dans un état de stress. La peur n’évite pas le danger », nuance le Dr Kierzek. Il évoque des réflexes utiles pour tous les membres du foyer : mettre les couteaux avec la pointe en bas dans le lave-vaisselle, ne pas transvaser des produits dangereux dans des bouteilles en plastique sans étiquette, ne pas installer un petit meuble sous une fenêtre, ou encore diminuer la température maximale de la chaudière ou du ballon pour que l’eau ne soit pas trop chaude.

Les nouvelles technologies sont-elles à l’origine de nouveaux accidents pour les enfants ?

« Des cas d’électrisation de personnes qui ont utilisé leur smartphone branché dans leur bain sont aujourd’hui décrits. Mais cela concerne plus les adolescents et les adultes que les enfants. Attention aussi aux casques audio dans la rue qui vous coupent de l’environnement », explique Gérald Kierzek. Le médecin juge, par contre, que certaines technologies peuvent nous aider à mieux nous protéger des accidents de la vie courante, comme les détecteurs pour les piscines qui alertent si quelqu’un tombe dans l’eau, ou des systèmes de géolocalisation de l’enfant pour ne pas le perdre. « Mais attention à ne jamais s’y fier à 100 % : ce sont de fausses assurances car il y a toujours une faille. Il n’y aura aucune technologie pour remplacer la surveillance d’un adulte. »

Gérald Kierzek a publié 101 conseils pour ne pas atterrir aux urgences, aux éditions Points, 2015.

  • Lola Cloutour
  • Crédit photo : Getty Images

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