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Allergies alimentaires : comment lire les étiquettes ?

Allergies alimentaires : comment lire les étiquettes ?

En Europe, plus de 17 millions de personnes souffrent d’allergie alimentaire. Pour les protéger, la loi a rendu plus visibles les « allergènes » sur les emballages et les étalages.

Pascale Couratier est porte-parole de l’Association française pour la prévention des allergies (Afpral). Elle nous explique comment les consommateurs sont informés de la présence d’allergènes dans les préparations alimentaires.

 

Qu’est-ce qu’un allergène alimentaire ?

Pascale Couratier
Pascale Couratier ©DR

Pascale Couratier : Quand on souffre d’une allergie alimentaire, la consommation de certaines substances, qu’on appelle « allergènes », peut provoquer des réactions plus ou moins sévères : urticaire, maux de ventre, crise d’asthme… Le risque peut même être mortel. Parmi les principaux allergènes, on trouve les fruits à coque (amandes, pistaches…), les poissons et crustacés, les arachides, le lait de vache, les œufs… Mais leur présence dans les préparations alimentaires n’est pas toujours évidente. Par exemple, des pâtissiers intègrent de l’amande dans la tarte aux pommes. Je pense aussi au cas de certains industriels qui utilisent de la noix de cajou à la place des traditionnels pignons de pin (très chers) dans la confection de la sauce au pistou… C’est pourquoi il est important de bien lire les étiquettes.

 

Et pour les personnes non allergiques ?

Les personnes qui n’ont pas d’allergie alimentaire peuvent consommer des produits contenant des allergènes sans risque pour leur santé.

 

Que nous apprennent les étiquettes ?

P. C. : Les allergènes les plus fréquents sont mis en évidence dans la liste des ingrédients figurant sur les emballages : en caractères gras, soulignés, en majuscules… Et ils doivent être mentionnés explicitement. Par exemple, si du lactosérum (communément appelé « petit lait ») entre dans la composition d’un plat surgelé, le fabricant doit ajouter la mention « lait » pour éviter toute incompréhension. S’il utilise des gambas, il doit préciser « crustacés ».

Cette obligation d’informer le consommateur s’applique aussi à la nourriture vendue « en vrac » : à la boulangerie, au restaurant, au rayon « traiteur » d’un supermarché. La présence d’allergènes peut par exemple être indiquée sur l’étiquette-prix ou sur une carte spéciale reprenant les ingrédients de toutes les recettes.

 

 Attention aux allergènes non-mentionnés

La liste des allergènes concernés par ces règles, établie à l’échelle européenne, n’est pas exhaustive. Par exemple, le lait de chèvre ou de brebis n’en font pas partie, alors que des personnes y sont allergiques.

 

Que signifie la mention « peut contenir des traces de… » ou « présence possible de… » qu’on lit parfois sur les emballages ?

P. C. : Un produit peut accidentellement contenir des allergènes. S’il a été élaboré, transporté ou stocké au même endroit que d’autres aliments par exemple.

Cette mention, que les fabricants doivent en principe n’utiliser qu’en dernier recours, est relativement fréquente. Cela contribue malheureusement à beaucoup restreindre le choix des consommateurs allergiques.

 

Que faire en cas de doute sur la composition d’un produit ?

P. C. : On peut contacter le service « consommateurs » de l’industriel ou, dans les commerces de bouche, questionner le vendeur, qui pourra se renseigner. Sinon, mieux vaut s’abstenir.

Il faut aussi faire attention aux repas servis à l’occasion de fêtes privées, d’un « pot de départ » au bureau… Nous conseillons de parler de son allergie à son entourage.

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : Steve Debenport / Getty Images

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