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Autotests : certains sont utiles, d'autres non

Autotests : certains sont utiles, d’autres non

En plus des tests de grossesse, bien connus, et de l'autotest du VIH, de nombreux autotests ont fait leur apparition sur les présentoirs des pharmacies depuis fin 2016. Mais ils ne sont pas tous pertinents.

Souffrent-ils d’un ulcère de l’estomac, de la maladie de Lyme ou d’allergie ? Ont-ils (ou pas) trop de cholestérol, une thyroïde défaillante ? Présentent-ils un risque de développer certains cancers ? Il suffit d’une goutte de sang, d’un peu d’urine ou de selles pour que les patients le découvrent, seuls, chez eux, avec un autotest. Aussi appelés « dispositifs médicaux pour diagnostic in vivo », les autotests sont réglementés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Pour Marcelline Grillon, pharmacienne dans le Loiret et présidente du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens du Centre, ces tests « s’adressent aux patients, plutôt jeunes et en plutôt bonne santé, qui se veulent autonomes » ou vivent dans un désert médical. « Ils ne voient pas régulièrement un médecin, poursuit-elle, et s’ils se posent une question, ils se renseignent sur internet et cherchent une réponse dans ces autotests ».

 

Autonomie ou inquiétude

Le Dr Bernard Decanter, médecin généraliste et secrétaire de l’Ordre des médecins du Nord, estime que certains de ces tests peuvent être utiles, comme celui de la grossesse ou de l’infection urinaire. Mais d’autres non car « ils donnent l’illusion qu’on peut se passer d’un avis médical, or c’est faux », ajoute-t-il. Aucun ne remplace une consultation médicale, qui doit selon lui constituer le premier réflexe, ni une analyse de laboratoire prescrite par un médecin et commentée par un biologiste. Des examens remboursés par l’Assurance maladie alors que ces tests (vendus 10 à 16 euros) ne le sont pas.

Aussi, les patients qui utilisent ces tests se retrouvent seuls face à des résultats potentiellement positifs alors que certains doivent être interprétés avec précaution. « Ils risquent d’inquiéter plus que de rassurer », ajoute le généraliste, et de conduire le patient à consulter de toute façon. C’est le cas par exemple pour le test de l’hypothyroïdie, celui de la maladie de Lyme (à réaliser à distance de la piqûre) ou celui de l’allergie, qui ne révèle pas à quoi on est allergique (acariens, poils de chats, fruits à coque…). Il ne voit pas non plus l’intérêt du test de l’intolérance au gluten, car « c’est une maladie exceptionnelle » ou de celui sur l’infertilité masculine, « pas assez étendu et précis » selon lui.

 

Plus ou moins utiles

Pour le Dr Decanter, « le diagnostic de l’ulcère de l’estomac est d’abord clinique et sa confirmation n’est que fibroscopique. Le test ne sert pas au diagnostic » et n’est indiqué qu’après un traitement adéquat. Le test « prostate » n’a selon lui « aucun intérêt car le premier diagnostic, c’est le toucher rectal » et l’analyse du taux de PSA, marqueur d’un cancer, proposée par le test, n’est indiquée que dans certains cas. Idem pour le test « colorectal » puisque le dépistage de ce cancer est organisé nationalement et toutes les personnes concernées peuvent réaliser gratuitement un test Hemocult.

Parfois, ces tests risquent aussi de retarder une prise en charge. « On ne remplace pas l’examen clinique avec ces autotests », insiste le Dr Decanter. Il s’interroge aussi sur les risques liés à l’automédication que ces tests peuvent favoriser.

 

Précieux conseil

« Un pharmacien sollicité pour ces autotests, indique Marcelline Grillon, se doit obligatoirement d’accompagner leur délivrance d’un conseil et de préciser qu’au moindre doute ou en présence de certains symptômes, il faut consulter un médecin pour faire un examen de laboratoire afin d’obtenir un diagnostic complet et plus précis. »

  • Géraldine Langlois
  • Crédit photo : alvarez / Istockphotos

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