Avec Canal Détox, l’Inserm lutte contre la désinformation

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a créé sa chaîne YouTube : Canal Détox. Une façon pour ces scientifiques de contrer les fake news en santé.

Avec Canal Détox, l’Inserm lutte contre la désinformation

Couper court aux fausses informations et rappeler les faits scientifiques. C’est toute l’ambition de Canal Détox. Cette chaîne YouTube a été lancée en 2018 par l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. En réaction aux fake news qui foisonnent sur les réseaux sociaux. En particulier dans le domaine de la santé.

Toucher ceux qui ne fréquentent pas le site de l’Inserm

Le nom « Détox » fait référence à toutes les « intox » que l’on trouve sur le Web. Car pour l’institut, il est plus qu’urgent de rétablir le vrai du faux en matière de santé. Pour ne pas laisser proliférer les fausses croyances.

Dans ses vidéos, l’Inserm donne ainsi la parole aux chercheurs de l’institut, spécialistes de chaque question abordée. Une façon de remettre sur le devant de la scène les faits scientifiques plutôt que ce qui est de l’ordre de l’opinion, de la rumeur ou du fantasme.

Ces courtes vidéos au graphisme actuel utilisent les codes des réseaux sociaux : l’humour, un ton léger, une musique dynamique… Afin de toucher un public le plus large possible. Et non pas uniquement les internautes sensibles à la Science et qui fréquentent déjà le site de l’Inserm.

De la bave d’escargot pour soigner l’arthrose, vraiment ?

Les thèmes abordés sont très variés. Et tous ont été sélectionnés par le service communication de l’Inserm en fonction des idées reçues qu’il a pu voir passer sur les réseaux sociaux ou de celles remontées par les chercheurs eux-mêmes. Une vidéo est par exemple consacrée au café et à ses effets sur l’organisme, une autre aux pseudo-méthodes pour faire repousser les cheveux ou encore aux prétendues vertus de la bave d’escargot pour soigner l’arthrose

Mais parfois les thèmes peuvent aussi être plus sérieux. C’est ainsi que l’on apprend qu’il n’y a pas d’« épidémie » d’autisme en France, contrairement à ce que pensent certains. Ou encore que les organes imprimés grâce à la 3D, ce n’est pas encore pour tout de suite.

D’autres vidéos sont à venir courant 2020, notamment sur les effets des écrans sur la santé ou encore sur l’hypnose médicale.

  • Crédit photo : Dr Inserm
Auteur article
Angélique Pineau-Hamaguchi

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets de société (environnement, économie sociale et solidaire…).

3 commentaires pour cet article

  1. Guillaume Sirdesei

    Cher Magazine,

    Il est très heureux que notre magazine nous mette en garde contre les « fausses nouvelles ». Encore faudrait-il qu’il se garde lui-même de diffuser des nouvelles et des informations qui ne sont peut-être pas « fausses » mais qui n’apportent pas grand-chose de nouveau pour éclairer la vérité et qui sont loin de nous être utiles. Par exemple, vous écrivez p. 21 :
    • « Notre cerveau a tendance à réorganiser la réalité pour nous convaincre de choses auxquelles on croit déjà. »
    Dans ce cas, ce n’est pas notre « cerveau » qui est en cause, mais notre éducation, nos capacités d’analyse critique et de recherche de la vérité, d’identification et d’évaluation de la source, de notre rapport aux connaissances livresques et médiatiques et à la connaissance en général, mais encore de notre capacité à démêler le faux du vrai, à savoir comment faire pour s’adresser aux meilleurs sources, etc. Rien à voir avec le « cerveau ». Par exemple, les scientifiques qui ont nié en France les causes anthropiques du réchauffement climatique ont diffusé des « fake news » sciemment parce qu’ils haïssaient les écologistes et l’écologie. Ils ne cherchaient la vérité.
    • « Il se pourrait qu’il y ait une sorte d’attractivité cognitive des fakes news. »
    On admirera la « précision » et le niveau de recherches scientifiques nécessaires pour en arriver à cette affirmation non vérifiée. S’agit-il ici de tous les cerveaux de tous les êtres humains de tous les temps ? Car, parmi les scientifiques aujourd’hui, certains pensent que les OGM sont potentiellement dangereux et d’autres non. Ils ont pourtant tous un « cerveau ».
    D’autre part, « il se pourrait » est une expression qui relève du principe d’insinuation, que l’on trouve souvent d’ailleurs pour faire croire à des « fakes news ».
    • « On aurait tendant à y croire, plutôt que de prendre le risque de ne pas y croire. »
    Mais qui « on » ? Tous les êtres humains ? De Gaulle comme Zemour ? Socrate comme Mme Soleil ?
    • L’exemple des « chasseurs-cueilleurs »
    Quel rapport avec les neurosciences ? L’auteur est-il aussi expert en anthropologie historique ?
    Cet exemple concerne-t-il tous les chasseurs-cueilleurs de la planète et de tous les temps, même ceux qui vivent dans les savanes ou les grandes étendues australiennes désertiques ?
    D’autre part, faut-il considérer les « chasseurs-cueilleurs » comme des demeurés pour leur attribuer un tel comportement ?

    On souhaiterait que notre magazine ait davantage de discernement dans le choix des intervenants et nous apporte des renseignements mieux étayés et donc plus utiles pour nous.
    En vous remerciant à l’avance.

    1. La rédaction

      Bonjour,
      Et merci pour votre commentaire sur notre site et pour votre lecture attentive de notre magazine.
      Concernant notre dossier sur les fake news en santé, paru dans notre numéro de mars, nous avons essayé de faire de notre mieux en interviewant plusieurs personnes différentes, référentes dans leur domaine.
      Par ailleurs, notre mission est avant tout de vulgariser afin d’être compréhensible par le plus grand nombre. Il ne nous est donc pas possible de tout dire, de citer toutes les références dans un dossier de 5 pages.
      En complément, nous avons d’ailleurs publié d’autres articles sur le thème des fake news sur notre site internet.

  2. Renaudon Monique

    Sur les vaccins il y a de quoi être vigilant… Si on s’informe un tant soit peu !
    Il devrait y avoir un vrai débat public et contradictoire. Au lieu de cela on nous affirme que les vaccins ça ne se discute pas ! Il y en a pourtant de la littérature d’experts totalement indépendants des lobbys et qui n’ont jamais droit à la parole sur les médias.
    Je ne demande qu’à être convaincue mais il est normal de se poser quelques questions quand les scandales sanitaires ont tant de mal à émerger… Vioxx, dépakine, médiator etc…

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