Bronzage artificiel : halte à l’intox !

Les messages contradictoires en matière de cabines UV persistent malgré les mises en garde des autorités sanitaires.

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D’après certains professionnels du bronzage artificiel, ces appareils permettraient de préparer la peau au soleil, de lutter contre l’ostéoporose ou encore de prévenir la dépression saisonnière… Petite mise au point pour démêler le vrai du faux et préserver sa peau.

Les UV articficiels sont cancérigènes.

Vrai. Les ultraviolets (UV) diffusés dans les cabines de bronzage ont été classés comme cancérigènes avérés pour l’homme (au même titre que le tabac) en 2009 par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l’agence spécialisée sur le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si l’on respecte les consignes de sécurité et les temps d’exposition recommandés dans les centres de bronzage, c’est sans danger pour la peau.

Faux. Les appareils de bronzage artificiel produisent des UVA à haute dose qui pénètrent profondément dans le derme et l’épiderme et peuvent ainsi provoquer des cancers de la peau. « Les dispositions réglementaires visent à limiter l’exposition et les risques d’accident sans pour autant éliminer le risque de cancer induit par cette pratique », précise la Direction générale de la santé (DGS). L’Institut national de veille sanitaire (INVS) estime que 350 cas de mélanome et 76 décès pourraient être attribués chaque année en France aux UV artificiels.

D’ici trente ans, si les pratiques ne changent pas, 500 à 2 000 personnes pourraient décéder suite à l’usage des cabines de bronzage. Leur utilisation régulière provoque en outre une accélération du vieillissement de la peau et accroît les risques d’érythème, d’inflammation de la cornée, voire de lésions cutanées et oculaires en cas de prise de médicaments photosensibilisants, comme les antidépresseurs ou les somnifères.

Le bronzage en cabine prépare la peau au soleil.

Vrai et faux. Le rayonnement UV des cabines limite théoriquement les risques de coups de soleil. Les ultraviolets diffusés par ces appareils sont essentiellement des UVA et c’est surtout ce type d’UV qui va stimuler la fabrication de mélanine et donner le hâle protecteur, autrement dit le bronzage. « Le problème, c’est que ces personnes déjà hâlées vont se sentir totalement protégées, souligne le professeur Jean-Luc Schmutz, chef du département de dermatologie aux hôpitaux de Brabois à Vandœuvre-lès-Nancy. En vacances, elles auront tendance à s’exposer beaucoup trop longtemps sans protection adéquate dès le premier jour et risqueront ainsi, finalement, de véritables brûlures. » Des brûlures qui pourront être à l’origine d’un mélanome, vingt ans plus tard.

Mais c’est aussi l’accumulation des ultraviolets qui pose souci, les UV reçus en cabine s’additionnant à ceux reçus du soleil. « Nous avons tous un capital solaire en fonction de notre type de peau, explique le professeur Schmutz. Plus vous accumulez du rayonnement UV au cours de votre vie, plus vous grignotez ce capital et plus vous risquez de développer un carcinome autour de 50 ans. » C’est d’autant plus vrai si vous avez la peau claire et si vous avez commencé à vous exposer jeune sans être protégé.

Bronzer en institut est moins dangereux que bronzer à la mer ou à la montagne.

Faux. L’intensité de l’exposition au rayonnement solaire dépend de la localisation géographique, de la latitude, de la période de l’année, de l’heure de la journée et de la couverture nuageuse. Il y a donc plusieurs paramètres à prendre en compte.

« A titre de comparaison, l’intensité du rayonnement émis par les cabines correspond à un soleil subtropical au zénith sans utilisation de filtre UV de type crème solaire », indique le ministère de la Santé sur son site Internet. En partant du principe que, d’une manière générale, on utilise la protection adéquate lorsque l’on se trouve à la mer ou à la montagne, le rayonnement en cabine est donc plus agressif.

Le bronzage artificiel aide à prévenir l’ostéoporose et la dépression saisonnière.

Faux. Les cabines de bronzage émettent surtout des UVA, or ce sont les UVB qui permettent la synthèse de la vitamine D par l’organisme, puis la bonne absorption du calcium par les os. « Les cabines UV sont même plutôt nocives en ce qui concerne l’ostéoporose, ajoute le professeur Schmutz. Avec les UVA, vous allez fabriquer du bronzage, et celui-ci limitera l’action des UVB. » De même, le bronzage artificiel n’a aucun effet sur la dépression saisonnière : seule la luminothérapie peut donner des résultats.

Le « tanning » : une alternative au bronzage artificiel.

Bronzer sans UV et sans danger, c’est désormais possible grâce au tanning. Cette douche autobronzante venue des Etats-Unis, qui se pratique en institut, consiste à pulvériser des produits autobronzants sur tout le corps afin d’obtenir un hâle homogène. Le principe actif utilisé, la dihydroxyacétone (DHA), permet à la kératine de la peau de se colorer et ne représente pas de danger pour la santé.

La séance en cabine automatisée ou effectuée par l’esthéticienne grâce à un aérographe utilisé coûte environ 10 euros pour le visage et une trentaine d’euros pour le corps. Mais attention, la teinte s’estompe rapidement (en cinq à sept jours) et, surtout, elle ne protège pas du soleil. L’application d’une crème solaire avant toute exposition demeure donc indispensable.

Centres de bronzage : la réglementation se durcit.

Dans le cadre de l’examen du projet de santé, les députés ont confirmé, le 3 avril dernier, l’interdiction des cabines UV aux mineurs. La publicité des appareils de bronzage sera également proscrite, tout comme leur vente ou leur cession, même gratuite, pour un usage personnel. Enfin, les professionnels des centres de bronzage devront obligatoirement être formés aux risques de l’exposition aux UV sur la santé.

Les députés ont aussi prévu la possibilité de soumettre ces établissements à un régime d’autorisation préalable, alors que, aujourd’hui, une simple déclaration suffit. En février dernier, l’Académie de médecine s’était une nouvelle fois prononcée pour l’interdiction pure et simple des salons de bronzage, comme c’est déjà le cas au Brésil depuis 2009 et en Australie depuis le 1er janvier 2015.

Pour en savoir plus

  • Aliisa Waltari (anpm)
  • Crédit photo : ThinkstockPhotos

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