La cigarette électronique est-elle sans danger ?

Si l’on ne connaît pas encore les conséquences à long terme de la cigarette électronique sur la santé, les professionnels de santé s’accordent pour dire qu’elle est infiniment moins nocive que la cigarette classique. Malgré des études récentes qui pointent des risques cardio et cérébro-vasculaires augmentés. Explications.

La cigarette électronique

Introduite en France il y a une quinzaine d’années, la cigarette électronique (vape, vapoteuse ou encore vaporisateur personnel – VP – pour les puristes) a connu depuis un véritable succès commercial. Elle compterait près de 3,5 millions d’adeptes et l’on en sait aujourd’hui un peu plus concernant ses effets sur la santé. « La toxicité moindre de la cigarette électronique par rapport à la cigarette classique est désormais un fait acquis », explique le professeur Daniel Thomas, cardiologue et porte-parole de la Société francophone de tabacologie (SFT). Son usage est même encouragé par les experts dans le cadre du sevrage tabagique. Selon eux, l’adoption de la cigarette électronique présente, à court et moyen terme, une réduction de risque majeur en comparaison de la poursuite du tabagisme, qui, rappelons-le, tue plus de 73 000 personnes par an dans notre pays. Pour le Royal College of Physicians britannique la baisse du risque atteindrait même 95 %. « Même si cette différence n’est en réalité pas aussi précisément démontrée, poursuit le professeur Thomas. La vape ne contient pas de tabac et ne repose pas sur le principe de combustion comme la cigarette. Il n’y a donc pas de monoxyde de carbone. » Elle ne dégage pas non plus de goudrons (eux-mêmes composés d’hydrocarbures ou de benzène).

Substances cancérigènes considérablement réduites

Peut-on pour autant affirmer que la cigarette électronique est dénuée de dangers ? Évidemment non. Une fois chauffés pour produire l’aérosol qui sera inhalé, les liquides utilisés dans la vapoteuse produisent également des substances peu rassurantes comme l’acroléine (potentiellement cancérigène) ou le formaldéhyde (cancérigène avéré). Cependant, « les quantités cancérigènes sont considérablement réduites par rapport à celles de la fumée de cigarette, remarque Daniel Thomas. Le fumeur qui passe de la cigarette classique à la vapoteuse fait tout de même un pas considérable pour améliorer sa santé. Même si, à terme, l’idéal est de se débarrasser aussi de la vape. »

Au-delà du risque cancérigène, aussi infime soit-il, certaines études récentes soulignent également un danger cardiovasculaire accru. Une étude américaine récente affirme que les vapoteurs ont un risque d’infarctus augmenté de 56 % et un sur-risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) élevé de 30 % par rapport aux non-fumeurs. Les auteurs précisent toutefois eux-mêmes que l’on ne peut pas conclure à une causalité directe puisque les personnes ayant participé à cette étude sont de fait d’anciens fumeurs. Ils conservent donc un risque résiduel supérieur à celui d’une personne qui n’aurait jamais fumé.

Ne pas décourager le fumeur qui commence à vapoter

De leur côté, les autorités de santé restent sur leur position. Si l’usage de la cigarette électronique n’est pas officiellement recommandé pour sevrer les addicts au tabac, la Haute Autorité de santé considère tout de même que son utilisation « chez un fumeur qui a commencé à vapoter et qui veut s’arrêter de fumer ne doit pas être découragée ». La e-cigarette est même « considérée comme une aide au sevrage tabagique » par le Haut Conseil de santé publique. Mais parce qu’elle n’est pas reconnue comme produit médicamenteux d’aide au sevrage tabagique, la cigarette électronique ne fait pas partie des outils d’aide à l’arrêt du tabac (gommes à mâcher, patchs) et n’est donc pas remboursée par la Sécurité sociale. Elle n’est, en théorie, jamais proposée en première intention au fumeur qui souhaite se libérer du tabac.

  • Aliisa Waltari (ANPM-France Mutualité)
  • Crédit photo : Scyther5 / Shutterstock

3 commentaires pour cet article

  1. Titan Micheau

    Plutôt synthétique et pragmatique, avec une certaine objectivité exprimée.
    Reste à regretter une des questions posées (souvent la même) qui, indépendamment du fait que sa formulation orientée puisse induire le lecteur en erreur, prouve également l’existence persistante d’une mauvaise approche du sujet:
    Ce n’est PAS une dépendance REMPLACÉE par une autre, c’est la MÊME. Elle est simplement satisfaite par un moyen différent qui exclut la quasi-totalité des substances toxiques qui nous emmènent habituellement au cimetière et qui sont présentes dans le tabac.

    1. La rédaction

      Tabac ou cigarette électronique, il s’agit bien de la même dépendance à la nicotine, mais avec les substances cancérigènes en moins dans la e-cigarette. Par ailleurs, la concentration de nicotine dans un e-liquide varie entre 18 mg/ml et 0 mg/ml suivant les produits. Il est donc aussi possible de vapoter sans nicotine, c’est ce vers quoi tendent de nombreux ex-fumeurs.

      1. Tangerine Lher

        Substances cancérigènes en moins, oui, mais c’est la COMBUSTION du tabac et de toutes les autres substances présentes dans les cigarettes, qui génère des cancers. Si vous fumez de la paille ou des feuilles de bouleau ou toute autre matière, la combustion fera que, même sans tabac, ce sera cancérigène.
        C’est pourquoi le vapotage, quelle que soit la toxicité qu’on lui trouve un jour peut-être, est, de l’avis des scientifiques, au moins 90% moins toxique que le tabagisme. Simplement parce qu’il n’y a pas de combustion.

        Par ailleurs il faut souligner que le risque lié au tabac est double : le cancer ET les maladies cardiovasculaires.

        Rappelons aussi que la nicotine, à part créer et entretenir une dépendance (très forte), n’est pas toxique. Donc, pour ceux qui sont passés à l’e-cigarette et qui n’arriveraient pas à arrêter, ça reste un moindre mal.

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