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Cinq conseils pour limiter les risques auditifs chez les jeunes

Pour sa 23e édition, le 12 mars 2020, la Journée nationale de l’audition s’interroge : quel avenir pour l’oreille des jeunes ? Pertes auditives, acouphènes, baisse de moral… Les 15-24 ans souffrent des conséquences de l’omniprésence du bruit et de la musique nomade. Voici cinq conseils pour les parents qui souhaitent les encourager à prendre soin de leur audition.

Cinq conseils pour limiter les risques auditifs chez les jeunes

1. Faire de la prévention sans culpabiliser

Quand la musique est bonne… Les jeunes l’écoutent parfois à outrance. « Ils peuvent se sentir invulnérables et adopter de mauvais comportements qui auront des conséquences sur le long terme », explique Jean-Luc Puel, président de l’association JNA (Journée nationale de l’audition) et directeur de recherche à l’Institut des neurosciences de Montpellier.

Parents, enseignants, médecins… Tous peuvent jouer un rôle dans la prévention des risques auditifs en évitant la culpabilisation. « À nous de diffuser un message positif sur le plaisir auditif. Si les jeunes veulent profiter de la musique plus longtemps, il faut qu’ils l’écoutent mieux. »

2. Lorsque le niveau sonore s’élève, protéger leurs oreilles

La première prévention est d’éviter les endroits trop bruyants. Lorsque les enfants grandissent, leur acheter des bouchons d’oreille est une bonne solution pour qu’ils profitent des concerts ou des discothèques en limitant les risques. « Ces bouchons filtrent le son mais n’altèrent pas les vibrations qui stimulent le corps lorsqu’on écoute de la musique puissante. » Des casques anti-bruit peuvent être utilisés pour un niveau de protection auditive supplémentaire.

Jean-Luc Puel rappelle d’ailleurs aux parents que la vigilance commence dès la naissance de l’enfant : « Jusqu’à leurs 4 ans, les petits sont hypersensibles au bruit. Leur oreille est toute neuve et donc très fragile. »

3. Offrir du repos à leurs oreilles

Logée dans notre téléphone, la musique est devenue portative et se balade partout avec nous. Diffusée par des écouteurs, casques ou petites enceintes autonomes, elle peut accompagner les 15-24 ans tout au long de leur journée. « Ils en sont très friands, certains s’endorment même avec… Or, solliciter l’oreille en permanence est très mauvais », explique le président de la JNA.

En effet, l’écoute prolongée peut rompre des petites connexions situées dans l’oreille interne et qui jouent un rôle essentiel pour l’audition. Sans silence, impossible pour elles de se reformer… Elles sont donc perdues pour toujours. Il est recommandé de faire des « pauses » auditives régulières. « Dans l’idéal, il faut un temps de silence équivalent au temps passé à écouter de la musique. »

4. Consulter dès que l’audition se dégrade

Les jeunes sont très sensibles aux acouphènes. Selon l’enquête Ifop-JNA 2019 Les oreilles des Français sous pression, 65 % des 15-17 ans et 59 % des 18-24 en ressentent (contre 43 % pour l’ensemble des personnes interrogées). « Comme pour une douleur corporelle, ils doivent nous alerter car l’acouphène signale que l’oreille est abîmée. » Les parents dont les enfants s’en plaignent sont encouragés à les emmener consulter un ORL (Oto-rhino-laryngologiste). « Ce n’est pas une fatalité, on peut les guérir », précise Jean-Luc Puel.

Le comportement à adopter est identique lorsque l’audition d’un jeune se dégrade. D’autant que les causes sont multiples : « Ces gênes peuvent venir d’un bouchon d’oreille, des petits osselets qui se calcifient, du tympan qui grossit… Des problèmes que les ORL savent bien résoudre. » Lorsque les cellules sensorielles auditives de l’oreille interne disparaissent, elles ne repoussent pas et la surdité est définitive. Dans ce cas, on a recours aux appareils auditifs, trop souvent associé à la vieillesse. Jean-Luc Puel se veut rassurant : « Il faut dire aux jeunes que les appareils actuels sont très petits, ils ne se voient quasiment pas. Les problèmes d’esthétique, c’est fini ! »

5. Ne pas sous-estimer les conséquences du bruit sur la santé

À force de vivre dans des milieux bruyants, 86 % des 15-17 ans connaissent des difficultés de concentration et 89 % une perte de moral, selon l’enquête Ifop-JNA 2019. Le bruit a bien une influence sur notre organisme : « Il augmente le rythme cardiaque, la pression sanguine et maintient en état d’éveil. » Les conséquences ? « Cela fatigue et peut entraîner des conflits, de l’agressivité, de l’irritabilité… »

Derrière cette façade peuvent également se cacher de l’hypertension chronique, une perte du sommeil… Les parents faisant face à ce type de comportements chez leurs enfants peuvent donc chercher une partie de l’explication du côté d’une exposition excessive au bruit.

  • Lola Cloutour
  • Crédit photo : Getty Images

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