Comment l’activité physique favorise l’autonomie des personnes âgées ?

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En freinant les effets du vieillissement, l’activité physique permet de conserver une certaine mobilité et de préserver l’autonomie des personnes âgées dans leur vie quotidienne. Explications.

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Souvent moins actifs et plus sédentaires que les autres groupes d’âges, les seniors ont pourtant un intérêt majeur à se remettre au sport ou à l’activité physique : celui de réduire leur fragilité et donc, de prévenir la dépendance. Car, comme le rappelle la Haute autorité de santé*, l’avancée en âge a des effets délétères sur la condition physique. Par exemple, la capacité cardio-respiratoire diminue de 5 à 10 % par décennie à partir de 30 ans, tout comme la masse, la force et la puissance musculaires qui se réduisent avec l’âge.

« Le principal message à faire passer est de sortir du « zéro activité », note Philipe de Souto Barreto, professeur à l’Université Paul Sabatier Toulouse III et coordinateur de l’Institut du vieillissement du gérontopôle de Toulouse. Car même si l’on n’atteint pas les recommandations édictées par l’OMS (150 minutes d’activité physique hebdomadaire), le fait de bouger davantage contribue au maintien des fonctions les plus importantes pour rester autonome au cours du vieillissement. C’est le cas de la cognition, la mobilité ou la nutrition par exemple. »

L’activité physique ralentit le vieillissement cérébral

Face à la dégradation cognitive (pertes de mémoire, difficultés de concentration, désorientation), qui est un des premiers obstacles à une vie autonome, la pratique régulière d’une activité physique est une solution efficace. « L’effort que l’on produit lorsqu’on pratique une activité physique favorise la vascularisation et l’oxygénation du cerveau, remarque Samuel Vergès, directeur de recherche à l’Inserm/Université de Grenoble. Cela contribue donc à combattre les altérations cérébrales liées à l’âge. »

Différentes études attestent d’ailleurs de ce bénéfice. Une analyse publiée dans the Journal of Internal Medicine** indique, par exemple, qu’un niveau élevé d’activité physique réduit le risque de déclin cognitif de 38 %. Une activité faible à modérée réduit quant à elle le risque de 35 %. Une autre étude publiée dans The Lancet Neurology*** rapporte qu’une activité physique régulière à la moitié de la vie peut réduire le risque ou retarder l’apparition d’une démence ou d’un Alzheimer.

Réduire le risque de chute grâce à l’activité physique

Le risque de chute augmente avec l’âge, entraînant une perte de confiance en soi (« j’ai peur de chuter, donc je limite mes déplacements »). Selon le baromètre santé 2010 de Santé publique France, 25,1 % des femmes et 17,4 % des hommes de 55 à 85 ans déclarent être tombés au cours des douze derniers mois. Ce phénomène est dû à une diminution de la force musculaire, mais également à une altération de la souplesse et de l’équilibre.

« Le gérontopôle de Toulouse a analysé les résultats de 46 études internationales en lien avec l’exercice physique et les personnes âgées, indique Philipe de Souto Barreto. Ce que nous avons observé, c’est que l’exercice physique mené pendant au moins un an réduit le risque de chute d’environ 12 %, et le risque de chute sévère de 26 %. Le risque de fracture diminue quant à lui de 16 %. »

Bouger plus favorise une vie sociale épanouie

De nombreuses études ont démontré que les relations sociales de qualité accroissent l’espérance de vie. À l’inverse, la solitude et l’isolement font augmenter la mortalité de manière comparable au tabagisme ou à la consommation d’alcool****. Or, la pratique d’une activité physique conduit bien souvent les individus à être en relation avec les autres (sous réserve de respecter « les gestes barrière »). En cela, elle contribue à préserver notre équilibre psychologique, lui-même garant d’une bonne qualité de vie.

« L’activité physique est un puissant mécanisme de socialisation intergénérationnel, confirme Philipe de Souto Barreto. En cela aussi, elle est un levier important pour une meilleure santé au cours du vieillissement. »

L’activité physique aide à conserver un poids stable

Dernier élément à prendre en compte pour le maintien de l’autonomie : la nutrition. « Il est établi que l’amaigrissement au cours du vieillissement a un impact négatif non seulement sur la masse et la puissance musculaires, mais aussi sur les capacités cognitives », indique Philipe de Souto Barreto.

Il en est de même pour l’obésité, qui fait partie des facteurs de risque de la perte d’autonomie… « Nous savons qu’une activité physique régulière aide à établir un équilibre énergétique, et par là, à conserver un poids stable au cours du temps », précise l’expert.

* « Prescription d’activités physiques et sportives – personnes âgées », HAS.

** « Physical activity and risk of cognitive decline : a meta-analysis of prospective studies », 2010.

*** « Leisure-time physical activity at midlife and the risk of dementia and Alzheimer’s disease », 2005.

**** « Loneliness and Social Isolation as Risk Factors for Mortality : A Meta-Analytic Review », 2015.

  • Emilie Gilmer
  • Crédit photo : Getty Images

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