Comment l’alimentation peut-elle être un facteur de bonne santé ?

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Une bonne santé va de pair avec une bonne alimentation. Si les habitudes alimentaires évoluent dans notre société, des déséquilibres perdurent en raison de contraintes économiques. Mais des solutions existent. Explications.

L'alimentation est nécessaire à une bonne santé

« Que ton aliment soit ta première médecine » recommandait Hippocrate à ses disciples. Plusieurs siècles plus tard, le conseil du philosophe grec, considéré comme le « père de la médecine », reste d’actualité. Pour évoquer le sujet, une table ronde intitulée « Aliments, nutriments, microbiote : la santé commence dans l’assiette » s’est tenue le 8 mars au salon MedInTechs, à Paris. Cet évènement, organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, avait pour thème « L’innovation et l’humain au cœur de notre santé ».

Quatre spécialistes de la nutrition ont participé à cette table ronde : Thierry Marx, chef étoilé, la professeure des universités Francisca Joly, gastroentérologue à l’hôpital Beaujon de Clichy (92), le docteur Jacques Fricker, nutritionniste à l’hôpital Bichat – Claude-Bernard à Paris, et Virginie Femery, directrice générale de Vivoptim, une agence spécialisée dans l’accompagnement et la prévention en santé.

L’innovation au service de l’alimentation

Le chef Thierry Marx défend une cuisine centrée sur le plaisir, le bien-être et la santé. En 2021, il a été chargé de réaliser les repas de l’astronaute Thomas Pesquet, en route vers la Station spatiale internationale. L’astronaute refuse tout élément chimique dans ses repas. Une demande également de plus en plus exprimée par la clientèle de ses restaurants. « Nous en avons profité pour tester de nouvelles techniques comme la cryodistillation, qui nous permet de concentrer des saveurs grâce au froid », se souvient-il.

Afin de s’adapter aux tendances, le chef encourage l’innovation. En « jouant avec la technique », il promeut une alimentation saine et responsable. Tout en s’appuyant sur des valeurs sûres. « Nous essayons de remettre certains produits au goût du jour, comme la betterave. Et mes assiettes sont désormais composées à 80 % de produits végétaux et à 20 % de protéines animales. »

Manger de tout en évitant les aliments transformés

Une alimentation simple, cuisinée à partir d’aliments basiques, est recommandée par les nutritionnistes. A bannir donc, les produits ultra-transformés souvent riches en additifs, trop salés ou trop sucrés. Mais aussi, lorsque cela n’est pas nécessaire, « les produits estampillés sans gluten, sans lactose et autres steaks végétaux, conseille le docteur Jacques Fricker. Ce sont souvent des produits transformés et très chers. »

D’après le nutritionniste de l’hôpital Bichat – Claude-Bernard, le régime végétarien n’est pas le mode d’alimentation préservant le plus des maladies. Il s’agit du régime méditerranéen, abondant en fruits et légumes crus, en céréales complètes et faibles en acides gras saturés. « La diversité est le mot-clé, estime la gastroentérologue Francisca Joly. C’est le déséquilibre qui entraîne la maladie ».

Francisca Joly et Thierry Marx lors du salon MedInTechs le 8 mars 2022.
Crédit photo : ESM

Les dangers de la « fracture alimentaire »

En fonction de ses moyens, accéder à des produits sains peut s’avérer difficile. « La qualité a un coût », rappelle Thierry Marx, qu’il peut être tentant de « sacrifier » lorsque l’on dispose d’un petit budget. Le chef étoilé alerte ainsi sur les dangers d’une « fracture alimentaire ». Celle-ci opposerait une alimentation « low-cost » d’un côté et une autre « saine et bio », plus chère, de l’autre. « La clientèle des grands restaurants est bien informée et acquise à l’idée de mieux manger, observe le chef cuisinier. Dans les milieux populaires, en revanche, l’alimentation a peu évolué. »

Ce déséquilibre inquiète les participants de la table ronde, qui réclament un meilleur enseignement des bonnes pratiques alimentaires. « Les mauvaises habitudes, comme une alimentation trop riche ou trop grasse, se prennent très tôt. Il est ensuite difficile de s’en défaire, explique le nutritionniste Jacques Fricker. Il faut donc habituer les enfants, dès leur plus jeune âge, à manger sainement. » Pour cela, des solutions compatibles avec un budget serré existent. Les légumes secs, comme les lentilles et les pois chiches, les fruits et légumes de saison sont moins chers que la plupart des produits transformés.

Une éducation alimentaire qui doit s’adapter aux différents profils, selon Virginie Femery, directrice générale de Vivoptim, spécialisée dans l’accompagnement en santé. « La personnalisation des conseils est très importante, car ce qui marche pour les uns ne marche pas forcément pour les autres. Il faut comprendre ses habitudes, ses erreurs, et rééquilibrer selon ses besoins spécifiques ».

Nourrir correctement son microbiote

Toutefois, « il n’est jamais trop tard pour bien faire », assure Francisca Joly, gastroentérologue à l’hôpital Beaujon. Après des années d’excès, adopter une alimentation équilibrée et diversifiée permettrait d’obtenir malgré tout des résultats positifs sur la santé. « Des études montrent que lorsque l’on change durablement son alimentation, même tardivement, on arrive à modifier la composition de son microbiote », indique la professeure.

Ce microbiote (ou flore intestinale) est composé de micro-organismes tels que des bactéries, des levures, des champignons et des virus. Il joue un rôle dans l’absorption des nutriments, la synthèse de certaines vitamines et fait partie du système immunitaire. « Ces petits organismes vivants qui nous peuplent sont nécessaires à notre bonne santé. Préserver l’équilibre du microbiote est essentiel », rappelle la professeure d’université.

  • Solal Duchêne
  • Crédit photo : ESM

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