Comment voyager sereinement

Que vous partiez à l’autre bout du monde ou que vous restiez en France, un voyage, ça se prépare. Certaines précautions sont indispensables pour profiter au mieux de votre séjour.

Voyager sereinement

Les vacances approchent : la valise est presque bouclée, l’itinéraire préparé, les excursions programmées… Pour partir l’esprit tranquille, quelques conseils en matière de santé.

 

Avant le départ

Faites le point sur vos vaccins
Avant de partir, que ce soit en France ou à l’étranger, il est important de mettre à jour vos vaccinations contre le tétanos, la poliomyélite et la diphtérie (rappel à 25, 45 et 65 ans puis tous les dix ans). Si vous vous envolez pour une zone tropicale, il est conseillé de consulter votre médecin traitant ou de vous rendre dans un centre de médecine du voyage. Il en existe plusieurs par région, souvent rattachés au service maladies infectieuses et tropicales d’un centre hospitalier. L’occasion de faire le point sur les vaccins obligatoires comme celui contre la fièvre jaune (zone intertropicale d’Afrique ou d’Amérique du Sud) par exemple. D’autres vaccins contre la typhoïde, l’encéphalite japonaise, la rage… peuvent être recommandés selon la destination et les conditions du séjour, tout comme un traitement préventif antipaludique. Le paludisme est une maladie due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres de moustiques infectées.

Préparez votre trousse à pharmacie
Un conseil : ne partez pas avec votre armoire à pharmacie. Mais prenez l’essentiel : du paracétamol, un répulsif antimoustique (l’icaridine et le DEET sont parmi les plus efficaces), des compresses, de la crème solaire (indice maximum) un antidiarrhéique et un carré de savon. « Pourquoi un carré de savon ? Tout simplement pour soigner les plaies, avec un peu d’eau, c’est le meilleur désinfectant », rappelle Jacques Le Lann, expert santé auprès de Priorité Santé Mutualiste.

Consultez votre médecin traitant ou votre spécialiste
Avant de partir, il est conseillé aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge de consulter leur médecin traitant, l’occasion de rappeler de précieux conseils : bien s’hydrater en cas de forte chaleur, faire téter le bébé au moment du décollage et de l’atterrissage de l’avion… À noter que si vous avez un problème de santé préexistant (maladies cardiaques, digestives, allergies, diabète…), une visite chez votre spécialiste est conseillée afin de prévoir les bons traitements, d’avoir une ordonnance avec le nom de la molécule des médicaments : la DCI (dénomination commune internationale)…

 

Sur place

Protégez-vous des moustiques et du soleil
Dans les zones tropicales, il est nécessaire de se protéger des moustiques, certains peuvent transmettre le paludisme, d’autres la dengue. Celui qui transmet le paludisme agit de la tombée de la nuit au lever du jour, essentiellement hors des villes, celui qui transmet la dengue agit le jour et notamment en fin d’après-midi. « La meilleure prévention reste le port de vêtements longs et couvrants et l’utilisation de répulsifs efficaces. Dernier conseil : dormir sous une moustiquaire… imprégnée de répulsif », explique le Dr Jacques Le Lann. En France comme à l’étranger, quelques précautions sont nécessaires pour que le soleil ne devienne pas un ennemi. Les premiers jours, il ne faut pas s’exposer longtemps, car la peau n’est pas préparée au soleil, il y a alors un risque de brûlures graves. Une crème solaire (indice maximum)est à appliquer toutes les deux heures, le port d’un chapeau et de lunettes de soleil est également nécessaire pour petits et grands.

Gérez les petits « pépins » de santé
Si vous avez un problème de santé, n’hésitez pas à consulter un médecin sur place. Les troubles digestifs sont fréquents. La tourista ou diarrhée des voyageurs est l’équivalent de la gastro-entérite. Le meilleur traitement est la réhydratation orale avec de l’eau sucrée, environ quatre cuillères à café de sucre par litre d’eau. Pour diminuer le risque de diarrhée, redoublez de vigilance au niveau de l’hygiène des mains avant les repas et après un passage aux toilettes. N’hésitez pas à vous munir d’un gel hydroalcoolique.

Respectez les règles de sécurité pour la baignade
Avant de vous jeter à l’eau, quelques rappels : privilégiez les zones de baignade surveillées, assurez-vous que la baignade n’est pas interdite, renseignez-vous sur la nature des vagues, des courants, des marées et dans les zones tropicales, évitez de vous baigner dans des cours d’eau ou des mares.

 

Au retour

Consultez si des symptômes persistent
Fièvre, diarrhée, boutons… Ce sont quelques-uns des souvenirs que vous pouvez ramener, bien malgré vous, dans vos valises… Une fièvre peut être synonyme de paludisme, de la dengue, les piqûres de moustiques peuvent se transformer parfois en boutons qui s’infectent…

Si ces symptômes persistent, vous devez consulter rapidement votre médecin traitant ou le service des maladies tropicales ou infectieuses le plus proche de chez vous.

 

En chiffre

Le taux de voyageurs malades varie de 15 à 70 % selon les études, en fonction du type de voyageurs, des destinations et des conditions de séjour. La diarrhée est toujours le plus fréquent des problèmes de santé en voyage.

Source : BEH-Institut de veille sanitaire-juin 2013.

 

Assurance maladie et garantie assistance

N’oubliez pas d’emporter vos papiers d’identité, votre carte Vitale, votre carte de mutuelle et le carnet de santé de vos enfants.

Si vous partez dans un État de l’Union européenne/Espace économique européen ou en Suisse, procurez-vous la carte européenne d’assurance maladie, au moins 15 jours avant votre départ. Elle vous permettra de bénéficier d’une prise en charge sur place de vos soins médicaux. Si vous voyagez hors de l’Union européenne, seuls les soins urgents imprévus pourront éventuellement être pris en charge par votre caisse d’assurance maladie.

Avant de partir, renseignez-vous auprès de votre mutuelle, pour connaître les prestations d’assistance dont vous bénéficiez.

 

« Le diabète ne m’empêche pas de voyager »

À 61 ans, Lucette Bicard est diabétique de type 1 depuis l’âge de 8 ans. « Mais le diabète ne m’empêche pas de voyager, même à l’étranger, explique-t-elle. Je suis sous pompe à insuline depuis 2006, avant je devais faire quatre injections par jour d’insuline. Malgré cela, je suis allée en Grèce, en Croatie… »

Pour Lucette, tout est une question d’organisation. Dans ses bagages, elle n’oublie jamais son certificat médical de « porteur de pompe » (français/anglais) ainsi que l’ordonnance avec la liste du matériel emporté.

« Je prends quelques précautions, c’est-à-dire que j’ai un petit bagage à main où je mets notamment le lecteur de glycémie, les bandelettes, l’insuline et en soute je mets le reste de l’insuline et le complément de bandelettes. Il faut démultiplier les endroits de stockage pour pallier la perte ou le vol des bagages », précise-t-elle. Avant de partir, n’hésitez pas à consulter votre médecin qui vous donnera des conseils pour adapter au mieux votre traitement du diabète, notamment en cas de décalage horaire important.

 

« Voyager est bon pour la santé »

Le point de vue du Pr Olivier Bouchaud, chef de service des maladies infectieuses et tropicales au CHU Avicenne, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

« Il faut démystifier certaines idées reçues notamment au niveau de l’alimentation, dans un pays tropical par exemple. Il ne faut pas aller trop loin dans les évictions alimentaires. Les aliments les plus à risque sont à base de viande ou de poisson s’ils sont consommés plusieurs heures après leur préparation. Plutôt que d’interdire, la règle doit être de manger des plats cuisinés et servis brûlants. Quant à la consommation de l’eau, même s’il faut privilégier l’eau en bouteille, quand l’eau est limpide, le risque est limité.

Autre conseil : être prudent sur les routes qui sont parfois en mauvais état. Quand on est dans une ambiance tropicale, on perd parfois les réflexes de sécurité que l’on a en France. Un voyage ça se prépare, et selon les destinations, il faut consulter son médecin traitant ou le service des maladies infectieuses de sa région. Il faut dédramatiser, car la plupart des voyages se passent bien et voyager est bon pour la santé. »

 

Pour en savoir plus

  • Cécile Fratellini

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