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Confinement et écrans : comment éviter la « surchauffe »

Télétravail, classe à la maison, sport à distance et apéros par visioconférence : la vie en confinement met le numérique au cœur de nos journées. Mais attention, notre cerveau peut rapidement entrer en état de « sursollicitation ».

Confinement et écrans : comment éviter la « surchauffe »

« Ce matin, nous prenions le petit-déjeuner ensemble, quand ça a sonné sur Skype : c’était le cours d’alto de mon fils. On avait oublié. Ma fille, collégienne, a des consignes de travail sur l’ENT (espace numérique de travail) et quatre autres plateformes. Son frère reçoit ses cours par e-mail et sur Google Drive. Pour ma part, j’ai en journée trois fenêtres de visioconférences ouvertes en même temps, je sens qu’à un moment donné je vais oublier que j’ai la caméra allumée… », raconte Johana, cadre dans la communication.

Son récit pourrait prêter à sourire s’il n’illustrait pas ce qui nous guette tous : le risque de « sursollicitation numérique ». Un guide, « Halte à la sursollicitation numérique ! », est disponible en ligne pour nous aider à y faire face et à le comprendre.

Surcharge mentale due à trop d’informations

Ce phénomène de « surchauffe mentale ou, en termes plus scientifiques, de surcharge mentale due à la sursollicitation informationnelle », Caroline Cuny le connaît bien. Cette docteure en psychologie cognitive a co-écrit avec quatre autres chercheurs ce guide en 2017.

« Nous sommes partis d’un constat, raconte-t-elle. Les outils numériques sont conçus pour faciliter la vie mais les gens qui les utilisent en ressortent stressés, fatigués. Nous avons cherché à remettre les outils numériques à leur juste place… d’outils. »

Les risques de la surchauffe : des erreurs et du stress

En période de confinement, et encore plus pour les salariés qui sont soudainement en télétravail, deux risques se dessinent, souligne la chercheuse. « Si on ne sait pas très bien se servir des outils numériques, et sans règles de fonctionnement, on risque de faire des erreurs face au flot d’informations. Le deuxième risque est émotionnel. On n’est pas en capacité de tout gérer et cela peut générer stress, fatigue et frustration, surtout si dans la maison tout le monde doit être connecté. Il y a encore plus besoin d’une certaine hygiène ou stratégie numérique que d’habitude ». Sans quoi, notre cerveau sature. Et c’est normal !

Notre mémoire de travail, liée à la capacité d’attention, est loin d’être extensible. On est très vite submergé. Simplement parce que notre cerveau n’est pas fait pour tout traiter à la fois. Heureusement, il existe des conseils simples pour reprendre un peu de distance avec les outils numériques.

Couper les écrans pour se concentrer

Les interruptions font perdre en moyenne 30 % de notre temps de travail sur une journée « hors confinement », selon les constats des auteurs du guide. Réservez-vous des moments où vous ne serez concentré que sur une tâche à la fois.

« Ce peut être très court, indique Caroline Cuny, mais désactivez par exemple toutes les sonneries et notifications pour la rédaction d’un mail important ». Si votre travail nécessite de répondre aux sollicitations, conseille Caroline Cuny, « une astuce efficace, avant de s’interrompre, est de noter par écrit où l’on en était et ce que l’on allait écrire. »

Trier ses contacts dans ses mails et son téléphone

On peut attribuer à chaque type de ses contacts numériques un canal différent. Par exemple privilégier les SMS pour sa famille, la messagerie interne pour le travail, des appels visio avec les amis… Cela donne à notre cerveau une indication du type d’interruption qui a lieu et de sa « charge émotionnelle ».

Apprendre à gérer ses réponses émotionnelles

Chaque sollicitation numérique génère des émotions : contrariété, frustration, surprise… Première règle : se poser avant de répondre à un mail ! Ensuite, « pour la régulation émotionnelle, le mieux est de mettre son cerveau « en mode par défaut », de le laisser faire un peu de vagabondage mental, comme une rêverie… Le cerveau en a besoin, » conseille Caroline Cuny.

Pensez aussi à ce que vos propres messages vont provoquer comme émotion chez l’autre. Utilisez des formules de politesse, des tournures agréables et « indiquez très tôt dans le message s’il demande une action à son destinataire, laquelle, et pour quand ».

Confinement : déconnecter totalement

« Par temps de confinement, alors que toute l’activité est numérique, j’aurais tendance à pousser les gens à déconnecter complètement pendant une heure, par exemple, en posant s’il le faut tous les smartphones de la famille à un endroit où on ne les voit pas ! », conseille Caroline Cuny. Il existe des applis qui permettent de mesurer et gérer le temps passé sur votre smartphone (à retrouver dans le guide gratuit en ligne).

Enfin, pour les personnes confinées seules, si le numérique permet de garder un lien crucial avec les autres, privilégiez les conversations téléphoniques ou en « visio » avec des proches au temps passé sur les réseaux sociaux.

  • Pauline Hervé
  • Crédit photo : Getty Images

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