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Coronavirus : ce qu’il faut savoir pour démêler le vrai du faux

Le virus, localisé fin 2019 à Wuhan en Chine, s’est depuis propagé dans plus d’une vingtaine de pays, dont la France. Isabelle Imbert, enseignante-chercheuse d’Aix-Marseille Université et Carine Milcent, chercheuse au CNRS, ont répondu à nos questions.

Coronavirus : ce qu’il faut savoir pour démêler le vrai du faux.

Le coronavirus est-il plus préoccupant que la grippe ?

Isabelle Imbert : Ce que l’on sait, c’est que le virus de la grippe n’est pas un virus émergent et qu’il s’est très bien adapté à l’homme, avec des épidémies annuelles. Chaque année, la grippe fait entre 9 000 à 15 000 morts en France, 290 000 à 650 000 dans le monde.

Carine Milcent : Le problème, ce n’est pas de savoir si l’un est plus virulent que l’autre mais de se prémunir face à tous les virus. Il existe un vaccin contre la grippe. Rien actuellement contre le coronavirus et on peut comprendre que cette inconnue affole et pose nombre d’interrogations. On ne pourra répondre à certaines de ces questions qu’après coup, dans un contexte apaisé, hors crise. Ce qu’il faut faire avant tout, actuellement, c’est adopter le principe de précaution grâce à la prévention.

Existe-t-il un traitement contre le coronavirus ?

Isabelle Imbert : Aucun traitement n’existe. Peu de moyens ont été jusqu’alors mis dessus. Et malheureusement, les coronavirus ont développé la capacité de résister à la ribavirine (antiviral à large spectre, longtemps utilisé pour soigner les patients infectés par le virus de l’hépatite C). En revanche, il y a des pistes grâce aux recherches faites sur d’autres virus. Par exemple, une société pharmaceutique a identifié un très bon inhibiteur contre Ebola, qui s’est avéré efficace contre les coronavirus SARS-CoV et MERS-CoV.

Carine Milcent : L’Union européenne a déclaré débloquer des fonds pour la recherche afin de lutter contre le coronavirus.

Certaines personnes sont-elles plus à risque que d’autres face à ce virus ?

Carine Milcent : C’est comme la grippe : plus vous êtes en fragilité, plus votre état de santé est amoindri, et plus vous pouvez être à la merci de ce virus. Il se déclare de façons très différentes. Il y a des gens pour qui ça n’a eu aucune incidence majeure. On dit que ce coronavirus ne touche pas trop les enfants, qui sont pourtant considérés, avec les personnes âgées, comme plus fragiles. Il faut prendre tout cela avec prudence. En Asie, en Chine notamment, tout le monde porte un masque. Petits et grands. Et à Hong Kong, par exemple, les enfants n’ont pas école jusqu’au 6 mars au moins.

Faut-il se méfier des colis en provenance de Chine ?

Carine Milcent : Non. Il n’y a pas de risque. Un virus n’atteint que le vivant. Un colis n’est pas un organisme c’est-à-dire un être qui respire, qui est animé.

Doit-on éviter le contact avec les personnes qui reviennent d’Asie ?

Carine Milcent : Les personnes revenues de Wuhan, en Chine, ont été mises en quarantaine, isolées le temps d’être sûr qu’elles ne portent pas le coronavirus. C’est une mesure sage pour ne pas le propager. Ce sont aux personnes qui reviennent de Chine d’appliquer dans un souci de protection d’autrui les principes de précaution : mettre un masque notamment. Le masque est un réflexe que l’on n’a pas en France. Pourtant, il faudrait le porter, éviter de se faire la bise quand on a une gastroentérite par exemple… En Asie, c’est normal. Quand on est malade, on met un masque pour ne pas transmettre ses microbes. On pense aux autres.

Que faire en cas de doute sur sa santé ?

Carine Milcent : Si on a un doute, il faut s’isoler, c’est-à-dire éviter le contact avec les autres pour ne pas risquer de propager l’éventuel virus. Donc ne pas se rendre aux urgences, dans des salles d’attente des cabinets médicaux, mais appeler directement le 15 pour une prise en charge.

Ce coronavirus est-il plus dangereux que les deux précédents de 2002 et 2012 ?

Isabelle Imbert : Les coronavirus sont une famille de virus qui comprend, à l’heure actuelle, trois virus hautement pathogènes pour l’homme. Mais il y a d’autres souches que l’on retrouve dans de nombreux pays (OC43, 229E, HKU1, NL63) et qui sont responsables d’atteintes bénignes des voies respiratoires.

Les chiffres indiquent que le coronavirus parti de Chine – le 2019-nCoV – présente un taux de mortalité plus faible (inférieur à 2 %) que le SARS-CoV ou le MERS-CoV. Pour le SARS-CoV de 2003, on a recensé 900 décès sur 8 400 cas, soit un taux de mortalité de 10 %. On dénombre 858 morts pour 2 494 cas, soit un taux de mortalité de 34 %, s’agissant du MERS-CoV, qui a émergé en 2012 et circule toujours dans la péninsule arabique.

  • Patricia Guipponi
  • Crédit photo : Getty Images

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