Dépistage du Covid-19 : ce qu’il faut savoir sur les différents tests validés par les autorités sanitaires

1,3 million de tests sont effectués chaque semaine en France. La cadence va augmenter avec l’arrivée des tests antigéniques réalisés notamment en pharmacie et dans les cabinets médicaux. Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, passe en revue les divers dispositifs de dépistage.

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Depuis la fin du premier confinement, la France a accéléré sa politique de dépistage du Covid-19. 1,3 millions de tests sont réalisés chaque semaine. Ce sont pour l’essentiel des tests virologiques, dits PCR*, faits dans les centres de dépistages agréés et les hôpitaux. Il est conseillé aux personnes, qui souhaitent se faire dépister, de remplir un formulaire en amont de leur rendez-vous.

Les tests antigéniques complètent depuis peu l’arsenal déployé pour casser les chaînes de contamination.  « On va tester plus de personnes puisqu’ils peuvent être effectués dans les pharmacies, les cabinets médicaux et infirmiers… », observe Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.

Le test PCR, priorisé en raison de la forte demande

Le test PCR consiste en un prélèvement nasopharyngé pour détecter l’ARN** du Sras-Cov-2. Très fiable, effectué par un biologiste, un médecin ou un infirmier, ce test ne dure que quelques secondes. « On insère un écouvillon dans le nez, en profondeur, là où se trouve une forte concentration de virus. C’est désagréable mais pas douloureux », indique Gilles Bonnefond.

Toute personne peut faire le test PCR qu’elle présente ou non les symptômes du Covid-19. Pas besoin d’ordonnance et l’Assurance maladie prend l’acte en charge. Toutefois, les attentes massives devant les laboratoires et les drives spécialisés agréés ont poussé à leur priorisation aux personnes symptomatiques, aux cas contact, au corps médical ou apparenté, aux personnes munies d’une ordonnance.

Le résultat, analysé par un laboratoire spécialisé, est en théorie communiqué sous 24 heures. Mais face à l’afflux des personnes qui se font tester, cela prend entre deux à trois jours en moyenne. Voire plus.

Le test antigénique, l’alternative au PCR

Les tests antigéniques nécessitent aussi l’emploi d’un écouvillon inséré dans le nez. Ils visent à détecter non pas l’ARN du Covid-19 mais ses antigènes (c’est-à-dire toute substance étrangère à l’organisme capable de déclencher une réponse immunitaire visant à l’éliminer). Leur technique d’analyse se fait plus rapidement que celle des tests PCR. La Haute Autorité de santé (HAS) reconnaît qu’ils sont toutefois légèrement moins fiables que ces derniers. Les résultats sont délivrés dans les 30 minutes suivant le prélèvement.

Remboursé par l’Assurance maladie, sans prescription, le dépistage antigénique est réalisé en laboratoire, en pharmacie, dans les cabinets de médecine et d’infirmiers de ville, les Ehpad… Il est aussi pratiqué dans les aéroports, progressivement équipés.

Ce test peut être effectué sur les personnes asymptomatiques, hormis les cas contact ou les personnes détectées au sein d’un cluster qui restent soumises au test PCR. Il est aussi disponible pour les personnes symptomatiques « de moins de 65 ans et celles qui n’ont pas de profil à risque de développer un Covid de forme grave », souligne Gilles Bonnefond.

Le test salivaire, recours exceptionnel

La HAS est favorable au recours et au remboursement des tests salivaires pour les personnes symptomatiques chez qui le test par écouvillon est difficile ou impossible.

Le test salivaire n’est donc utilisé que dans des cas spécifiques. « Ce peut être pour toute personne dont la cloison nasale, déformée, ne peut supporter le test virologique », précise le président de l’USPO. Ou pour faciliter le prélèvement réalisé auprès d’enfants lors d’un dépistage dans un cluster en milieu scolaire.

« Ces tests sont moins fiables que ceux à prélèvement nasopharyngé car le virus est moins concentré dans la salive. On peut enregistrer plus de faux négatifs », prévient Gilles Bonnefond.

Le test sérologique à la recherche d’anticorps

Les tests sérologiques rentrent aussi le processus de dépistage du Sras-Cov-2. Ils évaluent le pourcentage de la population qui a été touchée par le virus. « Lorsque le Covid-19 est dans l’organisme, ce dernier déclenche un mécanisme de défense et produit des anticorps que la sérologie mettra en évidence », poursuit Gilles Bonnefond.

Cette détection est possible dès le 7e jour après l’apparition des premiers symptômes. Il est toutefois conseillé d’attendre 14 jours pour plus d’efficacité.

Ces tests s’effectuent par prélèvement sanguin en laboratoire ou chez un médecin. Ils sont aussi proposés en pharmacie (goutte de sang prélevée au bout du doigt). Ils coûtent entre une dizaine et vingtaine d’euros et ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie, excepté dans certains cas.

Je suis testé positif. Et après ?

Selon les chiffres communiqués par Santé publique France, publiés le 1er novembre 2020, 20 % des personnes testées sont positives au coronavirus. La majorité est atteinte de formes légères ou modérées et suivie à domicile, isolée au moins sept jours. Les personnes souffrant de formes plus sévères sont prises en charge en milieu hospitalier.

La personne testée positive est déclarée auprès des services de l’Assurance maladie. Chaque individu qu’elle a côtoyé, c’est-à-dire « cas contact », est alors identifié et joint dans les 24 heures. La liste des cas contacts est intégrée dans Contact Covid, système sécurisé de l’Assurance maladie. Les données restent confidentielles.

Un test de dépistage est pratiqué rapidement si le cas contact partage le même logement que la personne malade. Sept jours après le dernier contact avec cette personne s’il ne vit pas avec elle.

*PCR pour polymerase chain reaction, soit réaction de polymérase en chaîne. C’est une technique d’amplification enzymatique pour obtenir un grand nombre de copies identiques d’un fragment d’ADN.

**ARN pour acide nucléique qui est essentiel dans le transport du message génétique et la synthèse des protéines. On le trouve chez la plupart des êtres vivants et des virus, dont le Covid-19.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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