Déprime ou dépression : savoir les reconnaître pour mieux les traverser

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La dépression touche chaque année 2,5 millions de Français. Différente du simple « coup de mou » par sa durée et l'intensité des symptômes, elle se traite bien dans la plupart des cas.

déprime ou dépression

Quelle différence entre déprime et dépression ?

Tristesse, découragement, désespoir sont des émotions qu’il est normal de ressentir selon les événements de vie auxquels on est confronté. « La déprime est un épisode de fluctuations de l’humeur qui est transitoire, sans impact significatif sur les activités du quotidien », contrairement à la dépression, précise Lucile Capuron, psychologue et directrice de recherche en neurobiologie à l’Inrae (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture).

Quels sont les signes d’une dépression ?

On parle de dépression quand une personne ressent quotidiennement, depuis plus de deux semaines et de façon intense, au moins cinq de ces symptômes  : tristesse inhabituelle, difficulté ou incapacité à accomplir des gestes du quotidien (se lever, travailler, manger), perte du plaisir, grande fatigue, baisse d’appétit, troubles du sommeil, irritabilité, difficulté de concentration et parfois pensées suicidaires. « La dépression est une pathologie caractérisée », souligne Lucile Capuron. Elle ne « passe pas toute seule » et la personne n’arrive pas à s’en sortir.

« Au premier déconfinement, en 2020, je me sentais épuisée en permanence, raconte Cécile, 39 ans. Moi qui suis d’habitude active et enthousiaste, j’avais beaucoup de mal à travailler et même à prévoir des sorties avec mes amis. Je n’avais plus envie de rien sauf de me réfugier sous ma couette. Je suis allée consulter mon médecin traitant pour la fatigue. Après des questions, il m’a indiqué que c’était probablement un épisode dépressif ».

Quelles sont les causes de la dépression ?

La dépression est liée, biologiquement, à un dysfonctionnement des neurotransmetteurs que sont notamment la sérotonine (régulation de l’humeur, des rythmes biologiques du sommeil et de l’appétit) et la noradrénaline (régulation de l’éveil et de la réponse au stress). Comme la plupart des troubles psy, la dépression est causée par plusieurs facteurs. Il existe une prédisposition génétique, mais les événements de la vie jouent un rôle important en interaction avec cette vulnérabilité génétique.

La recherche se penche désormais sur le lien entre inflammation et dépression, notamment pour réussir à traiter les dépressions pharmaco-résistantes (qui ne guérissent pas avec un médicament, N.D.L.R.). Cela concerne 30 % des personnes dépressives et c’est le domaine de recherche de Lucile Capuron. « On observe que ces dépressions sont associées à une inflammation dite « de bas grade », modérée mais décelable par l’analyse sanguine, explique-t-elle. Celle-ci est liée à certains facteurs (obésité, par exemple), mais agit sur le système nerveux central et perturbe les systèmes régulateurs de l’humeur, mais aussi l’action des antidépresseurs ».

Quel médecin consulter ?

Le médecin traitant est souvent le premier interlocuteur en cas de dépression. Il peut diagnostiquer une dépression, prescrire un traitement et/ou orienter vers un psychiatre ou un psychologue. Les consultations chez un psychiatre sont prises en charge en partie par l’Assurance maladie, contrairement au psychologue ou au psychothérapeute. Cependant certaines mutuelles proposent à leurs adhérents des forfaits pour ces consultations.

Quels traitements contre la dépression ?

Les traitements actuels reposent sur les antidépresseurs et la psychothérapie. Cette dernière peut être recommandée sans médicament si la dépression est légère. Dans tous les cas, elle aide à combattre les symptômes dépressifs et à diminuer le risque de récidive.

Les antidépresseurs jouent sur la régulation de la sérotonine et de la noradrénaline. Ils sont efficaces dans 70 % des cas. Il faut attendre 2 à 4 semaines après le début du traitement pour en observer les effets. Celui-ci est souvent prolongé entre quatre et neuf mois après la phase aiguë de la dépression. « Mon généraliste m’a prescrit un antidépresseur inhibiteur de recapture de la sérotonine, se souvient Cécile. Je m’attendais à ressentir un mieux-être très rapidement, mais ça n’a pas été le cas. Trois semaines plus tard, j’ai remarqué que j’avais moins d’angoisses et que je pleurais moins facilement. J’ai pris ce traitement pendant 9 mois et depuis, je réduis progressivement ».

Quelle hygiène de vie pour prévenir déprime et dépression ?

Certaines habitudes aident à la régulation de l’humeur, que ce soit en cas de petite déprime ou de claire dépression.

  • Un rythme de sommeil régulier.
  • Des repas à heures régulières.
  • Une activité physique, même modérée, d’une demi-heure trois à cinq fois par semaine.
  • Une alimentation qui privilégie des aliments peu gras, peu sucrés et peu salés. Les aliments riches en oméga-3 ou en antioxydants sont particulièrement recommandés, rappelle Lucile Capuron.
  • Éviter le tabac ou l’alcool, des « faux amis » qui soulagent sur le moment mais accentuent la dépression.

Le Covid-19 et la dépression

Les conséquences psychiatriques du Covid-19 sont encore en cours d’exploration. Mais il a été observé que l’« orage cytokinique », un phénomène inflammatoire massif déclenché par le virus peut avoir des conséquences sur la santé mentale, comme une fatigue intense ou la survenue de dépressions dans les mois qui suivent l’infection.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Pauline Hervé

journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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