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Don du sang : mode d’emploi

Chaque année, un million de personnes bénéficient du sang de donneurs. Comme les produits sanguins se périment rapidement, les besoins sont permanents.

Don du sang

Pourquoi donner mon sang ?

Le sang collecté sert à traiter des personnes atteintes de maladies chroniques (cancers, leucémies…) et toute autre victime d’hémorragies (lors d’un accident, d’un accouchement, d’une intervention chirurgicale…).

« C’est un devoir citoyen envers ces milliers de gens qui attendent une poche de sang sur leur lit d’hôpital, considère Alain Maillard, qui donne au moins deux fois par an depuis ses 18 ans. Aujourd’hui âgé de 68 ans, il est président de l’Union départementale des associations de donneurs de sang bénévoles de la Moselle. La première fois, j’y suis allé avec mon frère, puis c’est devenu un réflexe. Difficile de sortir de la grande famille des donneurs ! »

Quelle différence entre don de sang et don de plasma ou de plaquettes ?

Le don de sang dit « total » est le plus courant. « On en prélève de 420 à 480 ml, en fonction du poids de la personne, explique Anne Dero, médecin, responsable régionale des prélèvements à l’Établissement français du sang (EFS) de Normandie.

Des tubes-échantillons sont mis de côté pour être testés afin de dépister des virus ou des bactéries. En parallèle, la poche de sang est envoyée à notre plateau technique de préparation, où les globules rouges, le plasma et les plaquettes sont séparés. On ne transfuse pas du sang brut, mais des concentrés de chacun de ces composants. » Pour en obtenir une plus grande quantité d’un même donneur, on peut aussi les recueillir séparément. « Le sang est prélevé grâce à un automate, qui dissocie les différents éléments. Si c’est un don de plasma par exemple, on ne garde que le plasma ; le reste est immédiatement réinjecté au donneur. »

Combien de temps dure un don de sang ?

Comptez moins d’une heure pour un don de sang total et deux heures pour un don de plasma ou de plaquettes. Ils se déroulent en quatre étapes :

  • inscription administrative (pièce d’identité à l’appui)
  • remplissage du questionnaire « prédon » sur votre état de santé et entretien avec un infirmier ou un médecin
  • prélèvement d’une dizaine de minutes (entre 45 et 90 minutes pour un don de plasma ou de plaquettes)
  • collation (gratuite)

Où donner mon sang ?

La collecte de sang est réalisée dans les centres de l’EFS, avec ou sans rendez-vous. « Quand j’étais cadre dans le secteur de la sidérurgie, mon employeur m’autorisait à m’absenter dans la journée ou à partir plus tôt, se souvient Alain Maillard. Certains centres de l’EFS sont aussi ouverts le soir ou le samedi. N’hésitez pas non plus à profiter de collectes mobiles ponctuelles, près de chez vous. »

Dois-je être à jeun pour donner mon sang ?

Il ne faut surtout pas donner son sang le ventre vide ! Prenez vos repas comme d’habitude. Il convient juste de ne pas ingurgiter trop de matières grasses et de boire beaucoup d’eau. Si vous ne prenez pas de petit-déjeuner, une collation vous sera donnée à votre arrivée.

Suis-je en assez bonne santé pour donner mon sang ?

« Pour faire don de son sang, il est nécessaire d’être majeur, ne pas avoir de maladie grave, et de se sentir bien, expose Alain Maillard. Si vous avez rentré dix stères de bois ou couru 10 km le matin même, ce n’est pas le bon moment ! »

Les contre-indications sont le plus souvent temporaires : après une infection (vous devez attendre deux semaines pour donner votre sang), une intervention chirurgicale (une semaine à quatre mois), des soins dentaires (un jour d’attente pour le traitement d’une carie ou un détartrage), un tatouage ou un piercing (4 mois), pendant la grossesse et six mois après l’accouchement… « Si vous avez une hésitation en complétant le questionnaire, l’entretien « prédon » avec le médecin permettra de confirmer ou d’infirmer vos doutes », rassure le Mosellan.

Après un voyage, je ne peux pas donner mon sang ?

« En revenant de certains séjours à l’étranger, on reporte le don de sang pour prévenir la transmission de certains agents pathogènes (paludisme, maladie de Chagas, Zika…), indique Anne Dero. En effet, il y a un délai pendant lequel les analyses ne peuvent déceler le virus et les personnes n’ont pas les symptômes de l’infection. »
L’EFS met régulièrement à jour la liste des zones à risque : des pays tropicaux, mais pas seulement. Il convient de patienter de 28 jours à quatre mois après son retour pour se présenter à une collecte.

Pourquoi me pose-t-on des questions sur ma vie intime ?

Le questionnaire « prédon » peut surprendre : « Dans les quatre derniers mois, avez-vous eu plus d’un(e) partenaire sexuel(le) ? », y lit-on. « On peut être atteint de l’hépatite B, C, ou encore du VIH sans le savoir, signale le médecin. Ces questions permettent de savoir si vous avez eu des pratiques sexuelles à risque. » Si c’est le cas, le don de sang doit être reporté : de quatre mois si vous avez répondu « oui » à la question ci-dessus, de douze mois après une relation sexuelle entre hommes…

De 12 à 4 mois après une relation sexuelle entre hommes
La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé que les conditions du don du sang pour les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes allaient évoluer. Le délai permettant de donner son sang après la dernière relation sexuelle entre hommes va passer de 12 mois à 4 mois. Et ce, à compter du 1er février 2020. En savoir plus sur le site du ministère.

Y’a-t-il des risques pour ma santé ?

L‘aiguille est bien sûr à usage unique, pour éviter toute contamination d’un donneur à l’autre. « Après le prélèvement, le temps consacré à la collation permet à l’équipe de soins de s’assurer que les personnes ont bien supporté le don et d’intervenir en cas de malaise. Même si cela est très rare. » Se restaurer permet aussi de prendre des forces, de s’hydrater et de reposer le corps. Tout effort physique important est à proscrire dans les heures qui suivent.

Les femmes peuvent donner leur sang ou leurs globules rouges seuls jusqu’à quatre fois par an. Ce maximum est porté à six pour les hommes. Les dons de plasma ou de plaquettes peuvent être plus fréquents.

  • Aurélia Descamps
  • Crédit photo : egon69 / iStockphoto

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