Ecrans et images 3D, quel risque pour les enfants ?

Cinéma, télévision, consoles de jeux… Aujourd’hui de plus en plus d’écrans proposent des images en trois dimensions. Ces images en 3D présentent-elles un risque pour les plus jeunes ?

Ecrans et images 3D

Que ce soit avec ou sans lunettes spéciales, de plus en plus d’outils numériques nous proposent des images en trois dimensions : au cinéma bien sûr, mais aussi sur les écrans de télévision, sur les tablettes ou les consoles de jeux.

Comme les enfants passent de plus en plus de temps devant les écrans : en moyenne une heure par jour pour les 3-6 ans et jusqu’à 4,5 heures pour les 12-17 ans, cela n’est pas sans conséquences sur leur sommeil, leurs apprentissages, leur santé et leur vision.

L’arrivée depuis quelques années de ces nouvelles technologies 3D doit-elle nourrir de nouvelles craintes pour la vue de nos enfants ?

 

Le principe de précaution des autorités sanitaires

À cette question, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a répondu par l’affirmative, le 6 novembre dernier. Dans un rapport rendu public ce jour-là, elle déconseille formellement l’usage d’écrans 3D pour les enfants de moins de 6 ans. Et elle préconise une utilisation « modérée » jusqu’à 13 ans, ainsi que pour toutes les personnes présentant des troubles visuels (troubles d’accommodation, de vergence*…).

En substance, l’Anses déclare qu’une exposition prolongée peut conduire à une fatigue visuelle qui  « peut notamment se traduire par une fatigue et des douleurs péri-oculaires, la sensation d’œil sec, des troubles de la vision (vision double, sensibilité réduite aux contrastes spatiaux, diminution de l’acuité visuelle et de la rapidité de perception), des troubles extra-oculaires (maux de tête, douleurs au cou, maux de dos et aux épaules, baisses de performances dans les activités mentales, pertes de concentration). D’autres symptômes peuvent potentiellement apparaître, notamment des effets liés à l’équilibre postural (vertiges) ou des effets liés à l’appréciation du réel (altération de la perception de l’environnement). »

Le problème vient du conflit accommodation-vergence : « dans le monde réel, pour percevoir la profondeur et le relief, les yeux convergent (c’est-à-dire qu’ils s’orientent vers le même objet) et accommodent à la distance de l’objet observé, grâce au cristallin de chaque œil qui se déforme pour obtenir une vision nette. Or, la technologie 3D ne permet pas de respecter ce principe physiologique. L’accommodation (sur un écran par exemple) et la vergence des yeux, sur un objet situé en avant ou en arrière-plan de cet écran, ne se font pas à la même distance. »

* La vergence correspond aux mouvements que nous effectuons lorsque nous portons notre regard d’un objet éloigné à un objet proche.

 

Les ophtalmologues moins catégoriques

Pour les experts de la Société française d’ophtalmologie (SFO) « il y a longtemps que le système visuel des enfants est structuré quand ils commencent à jouer. Et cet appareil visuel est suffisamment fort pour résister aux très nombreuses exigences que nous lui infligeons déjà notamment la télévision en 2D ou en 3D ».

Les spécialistes ne contestent pas le fait qu’une fatigue visuelle peut apparaître lorsque les enfants restent trop longtemps devant un écran, quel qu’il soit, mais ils n’incriminent pas particulièrement les technologies 3D. Plutôt que de crier au loup, ils préfèrent rappeler qu’il vaut mieux modérer le temps d’exposition des enfants à n’importe quel type d’écran, et ce avant tout pour limiter les conséquences sur le fonctionnement cognitif de leur cerveau et sur la qualité de leur sommeil, et non pas uniquement pour les conséquences éventuelles que cela pourrait avoir sur leur vue.

 

Pour en savoir plus

  • Emilie Gillet
  • Crédit photo : www.photl.com

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