Éducation : comment mettre en place un PAP, un plan d’accompagnement personnalisé ?

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Le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) s’adresse à des élèves présentant des difficultés scolaires durables liées à un trouble avéré des apprentissages. Sa mise en place est subordonnée à l’avis du médecin scolaire, en lien avec les familles et les enseignants.

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Créé à la demande des associations de parents d’enfants dyslexiques et relayé par la FFDys (Fédération Française des Dys), le PAP (plan d’accompagnement personnalisé) a vu le jour via la circulaire 2015-016 du 22 janvier 2015. Il s’adresse ainsi aux élèves, du premier comme du second degré, présentant des difficultés scolaires durables en raison d’un trouble des apprentissages qui agit directement sur leur capacité d’apprendre. Ces difficultés se manifestent en particulier dans le langage oral (dysphasie), dans la lecture (dyslexie), dans la motricité fine comme dans l’écriture (dyspraxie) et dans le domaine de l’attention (Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ou TDAH). Ou à travers des problèmes de santé chroniques fragilisant la mémorisation, comme l’épilepsie.

« Il s’agit d’un dispositif d’accompagnement pédagogique qui apporte des aménagements et des adaptations de nature pédagogique aux élèves présentant des troubles des apprentissages ou neurodéveloppementaux et pour lesquels ni le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE) ni l’intervention du réseau d’aide aux élèves en difficulté (RASED) ne constituent une réponse adaptée », explique Dr Martine Cluzeaud, médecin de l’Éducation Nationale et adjointe MCTD (Médecin conseiller technique départemental) des Hauts-de-Seine.

Mise en place du PAP : une décision collective

Le PAP peut être mis en place soit sur proposition de l’équipe éducative, soit, à tout moment de la scolarité, à la demande de l’élève majeur, ou de ses parents s’il est mineur (il suffit de demander les coordonnées de la secrétaire médico-scolaire au chef d’établissement). « C’est un travail collectif, poursuit le Dr Cluzeaud car il exige l’accord des uns et des autres et l’avis du médecin scolaire ». En effet, après analyse des bilans scolaires et des divers bilans médicaux ou paramédicaux complémentaires produits par la famille ou demandés à cette occasion (bilan psychométrique, orthophonique, psychomoteur…), le médecin de l’Éducation Nationale va donner un avis favorable à la mise en place, ou non, d’un PAP. « Nous devons non seulement donner un avis sur les troubles constatés mais également indiquer quels sont les besoins de l’élève et les points d’appui pour les apprentissages dont il dispose. Des éléments que l’équipe pédagogique utilisera ensuite pour rédiger le PAP », poursuit la spécialiste. Concrètement, le PAP va définir un certain nombre d’aménagements pédagogiques susceptibles de répondre dans la durée au trouble des apprentissages de l’élève dans sa classe comme par exemple adaptations de la quantité d’écrit, réponses courtes, lecture des énoncés des problèmes ou encore l’utilisation de matériels et supports informatiques et numériques spécifiques.

Une évaluation annuelle des aménagements

Le plan d’accompagnement personnalisé est rédigé par l’équipe éducative, sous l’autorité du directeur d’école ou du chef d’établissement, puis transmis à la famille pour signature contractuelle. « Les regards croisés sont essentiels dans un PAP, insiste le médecin. Il implique un partenariat avec les parents mais aussi avec les professionnels concernés (psychologues scolaires, RASED…) qui suivent l’enfant et qui sont invités aux réunions d’élaboration et de suivi ». Un suivi régulier est nécessaire. « Le responsable de la mise en œuvre du PAP – l’enseignant ou, dans le second degré, le professeur principal – doit procéder chaque début d’année à une évaluation des progrès réalisés par l’élève. Le directeur d’école ou le chef d’établissement doit veiller aussi à la bonne transmission du dossier du PAP à chaque changement d’établissement scolaire, et lors de la liaison école-collège ou collège-lycée ». Il sera inséré dans le dossier de l’élève tout au long de sa scolarité et devra obligatoirement être mis à la disposition des membres de l’équipe éducative.

Le rôle clé du médecin scolaire dans le PAP

Les récents textes insistent sur le rôle du médecin scolaire dans la réussite scolaire, le bien-être des élèves (hygiène, sécurité, ergonomie…), le dépistage précoce (pathologies, handicaps et troubles de l’apprentissage) et l’accompagnement de ceux ayant des besoins particuliers dans le cadre de l’école Inclusive. « La médecine scolaire est un service public, précise le médecin. Notre rôle n’est pas de soigner, mais de faire le lien entre l’enfant et sa famille, l’établissement scolaire, et les différents professionnels de santé qui suivent l’élève, afin de favoriser sa réussite scolaire ». Et ce, pour des élèves de la grande section de maternelle à la terminale des lycées généraux, technologiques et professionnels de l’enseignement public. « Compte tenu de la pénurie de médecins (1 200 médecins scolaires environ en France pour 12,5 millions d’élèves), nous avons parfois en charge plus de 10 000 élèves ! ». Un manque d’attrait pour la profession qui peut être lié au salaire (moins élevé de 20 à 50 % qu’un médecin généraliste), aux conditions de travail (itinérant) et au rôle uniquement préventif. « Cela retentit fortement sur les possibilités de recrutement dans un contexte de pénurie médicale sur tout le territoire national », reconnaît le Dr Cluzeaud.

Ce qui assombrit l’avenir d’une profession essentielle pour le bien-être et la réussite des élèves, notamment ceux aux besoins particuliers.

Quels aménagements pédagogiques pour les élèves à besoins éducatifs particuliers ?

  • Le projet d’accueil individualisé (P.A.I) concerne un trouble de santé invalidant (allergie alimentaire, asthme, diabète…), nécessitant le plus souvent une prise médicamenteuse voire des soins. Il n’entre pas dans le registre des troubles des apprentissages.
  • Le programme personnalisé de réussite éducative (P.P.R.E.) concerne les élèves qui ont des difficultés importantes dans l’acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
  • Le projet personnalisé de scolarisation (P.P.S) concerne les élèves en situation de handicap. Il peut succéder logiquement à un PAP si les besoins du jeune relèvent finalement d’une compensation au titre du handicap (aide humaine, matériel adapté, orientation…).
  • Peggy Cardin-Changizi
  • Crédit photo : Getty Images

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