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En finir avec certaines idées reçues

En matière de santé, les fausses informations sont nombreuses. Et elles circulent sur internet, grâce au bouche à oreille ou à certains médias. Alors même qu’elles peuvent être néfastes pour notre santé.

En finir avec certaines idées reçues

Chacun d’entre nous a des certitudes, basées sur son expérience ou héritées de son milieu social ou familial. La santé ne déroge pas à la règle. À force de les entendre et de les répéter, certaines idées reçues finissent par être perçues comme des vérités absolues. Et résistent parfois, même après avoir été contredites par des études. Pourtant, ces fausses informations peuvent avoir des conséquences sur notre santé. Quand elles n’alimentent pas les préjugés envers les personnes malades. Alors bousculons certaines d’entre elles.

 

Il faut boire plus d’un litre et demi d’eau par jour, même si l’on n’a pas soif

Qui n’a jamais entendu cet adage ? Pourtant, il ne repose sur rien de sérieux.

Si l’eau est indispensable à notre organisme, en boire trop peut même être déconseillé. Le réseau de santé Périnice, dédié à la prise en charge de l’incontinence, a ainsi montré que les femmes qui boivent trop d’eau, sans uriner en conséquence, peuvent perturber le fonctionnement de leur vessie. Au point de développer des troubles urinaires qui peuvent aller jusqu’à l’incontinence.

En réalité, il faut écouter son corps et boire selon sa soif. Sauf avis médical contraire (en cas d’infection par exemple), il n’est donc pas nécessaire de dépasser un litre et demi d’eau par jour. Et en comptant le café, le thé, les jus de fruits et autres potages. Car tous les ingrédients que nous consommons contiennent déjà de l’eau. Et contrairement aux idées reçues, boire davantage n’aide ni à maigrir ni à éliminer plus de toxines.

 

La dépression n’est pas une maladie, il suffit d’un peu de volonté pour s’en sortir

La dépression est bien une maladie, c’est même l’une des maladies psychiques les plus répandues. Due à une altération des fonctions biologiques du cerveau, elle se manifeste notamment par un changement profond de l’humeur et une tristesse inhabituelle et persistante, qui durent au-delà de quinze jours.

Les personnes qui en souffrent sont bien souvent victimes de préjugés. Or, elles ne se complaisent pas dans cet état. Elles ne peuvent simplement pas en sortir sans être aidées (par leur médecin traitant qui les oriente au besoin vers un psychiatre ou un psychologue).

On retrouve d’ailleurs ce même type d’idées reçues envers les personnes souffrant d’une addiction à l’alcool ou aux drogues. Pour l’entourage, il ne sert donc à rien de chercher à les « raisonner » pour les obliger à « se prendre en main ». Mieux vaut être à leur écoute et se montrer compréhensif.

 

Si l’on prend froid, on risque d’attraper un rhume

En fait, il n’y a pas de lien direct avec le froid, car le rhume est dû à un virus. « Aussi, vous pouvez rester tout nu dans une pièce à 10 C°, vous ne serez pas malade s’il n’y a pas un microbe qui traîne par là », rappelle le Dr Philippe Roux, fondateur du site Tatoufaux.com (lire aussi le Point de vue). Et si les rhumes augmentent quand il fait froid, c’est surtout parce que l’on reste plus volontiers confiné, ce qui facilite la propagation des virus d’une personne à l’autre.

S’il n’est pas inutile de se couvrir avant de sortir (surtout en cas de maladie cardiovasculaire ou respiratoire), mieux vaut se laver les mains régulièrement pour éviter un rhume et se protéger la bouche, si l’on est enrhumé, pour ne pas contaminer son entourage.

 

Les femmes sont peu victimes d’infarctus

L’infarctus du myocarde (crise cardiaque) est une pathologie du cœur que l’on croit à tort réservée aux hommes. Or, les femmes sont elles aussi touchées par cette maladie. Et de plus en plus. Dans le dernier numéro de sa revue Recherche et Santé, la Fondation pour la Recherche Médicale indique que, certes, les femmes ont globalement moins de risques que les hommes de faire un infarctus. Mais après la ménopause, elles sont autant exposées que leurs homologues masculins. Et les jeunes semblent de plus en plus concernées.

Une évolution d’autant plus inquiétante, selon la Fondation pour la Recherche Médicale que, chez les femmes, la crise cardiaque est souvent plus silencieuse (ressenti et douleur plus faibles). Elles appellent donc moins spontanément les secours. Or, la rapidité avec laquelle la personne va être prise en charge est primordiale.

D’ailleurs, chez les hommes aussi, les symptômes ne se traduisent pas toujours par une douleur aiguë dans la poitrine qui se prolonge dans le bras gauche et par une sensation d’oppression.

 

En chiffres

  • 7 fois moins. Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes, bien avant le cancer du sein, qui fait 7 fois moins de victimes.
    Source : Institut de veille sanitaire, BEH du 7 juin 2011.
  • Encore 6100 en 2011
    Environ 6100 personnes ont découvert leur séropositivité en France, pour 29 % d’entre elles à un stade très tardif. Si la recherche progresse, le VIH n’a pas disparu pour autant.Et les traitements, même s’ils ont permis d’allonger la durée et la qualité de vie, restent lourds et doivent être suivis à vie.

    Source : Institut de veille sanitaire, données épidémiologiques au 1er décembre 2012.
  • 2,5 % des 26-44 ans. Les jeunes ne sont pas les seuls à fumer du cannabis. En 2010, 2,5 % des 26-44 ans en consommaient régulièrement (contre 6,4 % chez les 18-25 ans).
    Source : Baromètre santé Inpes 2010.

 

La ligne éditoriale d’ESM

Dès sa création, le magazine de votre mutuelle a fait de la lutte contre les idées reçues l’une de ses priorités. En vous proposant régulièrement des articles de fond qui sortent des sentiers battus, Essentiel Santé Magazine entend ainsi participer au débat et rétablir certaines vérités. Pour cela, la rédaction s’appuie sur des professionnels de santé qui font référence dans leur domaine.

 

Information santé : 3 conseils utiles

  1. Le médecin traitant, un interlocuteur à privilégier : malgré toutes les sources d’information possibles, il reste le premier vers qui se tourner en cas de question. En santé, mieux vaut se fier à son médecin qu’à son voisin.
  2. Approfondir ses connaissances : d’autres sources sérieuses comme le ministère de la Santé, les agences sanitaires, les associations de malades ou de consommateurs, ou encore des forums comme ceux du site Atoute.org permettent de croiser les informations. Et de ne garder que les plus fiables.
  3. Exercer son esprit critique : il y a une différence entre une information communiquée par un professionnel de santé, un organisme référent et un message publicitaire porté par un groupe industriel. Les mentions légales d’un site internet, l’ours d’une revue ou d’un dépliant permettent de vérifier qui est à l’origine de l’information. S’interroger sur les idées qui circulent et vouloir les vérifier, c’est être acteur de sa santé.

 

« Tout le monde le dit, cela doit être vrai »

Le point de vue de Philippe Roux, médecin généraliste et fondateur du site tatoufaux.com

« Je rencontre régulièrement des patients – des personnes âgées notamment – qui pensent que les médicaments génériques vont les rendre malades. Ils préféreront ne pas suivre leur traitement plutôt que de prendre des génériques. Quitte à se mettre en danger.

Certaines idées fausses sont parfois si ancrées qu’il est bien difficile de les remettre en cause. Quelque part, cela rassure : “Si tout le monde le dit, c’est que cela doit être vrai”. Les idées reçues font appel à l’émotionnel, bien plus qu’au rationnel, surtout lorsqu’il s’agit de santé. Et puis chercher la vérité, vérifier l’information, cela prend du temps, demande des efforts. Il est donc plus facile de croire ce que l’on nous raconte.

Mais les patients ne sont pas les seuls à avoir des idées reçues, les médecins aussi en ont… comme tout le monde ! »

 

Pour en savoir plus

  • Retrouvez sur atoute.org des forums médicaux et des articles rédigés par des référents en santé.
  • Angélique Pineau

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