Infections urinaires : quels sont les symptômes et comment les traiter ?

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Très fréquentes, les infections urinaires sont souvent bénignes chez les femmes. Il ne faut cependant pas faire l’impasse sur une consultation car elles sont parfois associées à des complications.

Infections urinaires

Les infections urinaires sont très répandues dans la population féminine. La cystite, en particulier, touche une femme sur deux. Cette infection vésicale très commune s’explique en partie par la longueur de l’urètre, le canal relié à la vessie qui permet d’éliminer les urines. Chez la femme, l’urètre est beaucoup plus court, ce qui favorise la remontée de germes vers la vessie.

La majorité des infections sont liées à Escherichia Coli. Cette bactérie naturellement présente dans l’intestin peut se retrouver autour de la région anale et remonter par l’urètre. Les cystites sont donc souvent dues à une auto-contamination. Une mauvaise vidange de la vessie peut aussi être en cause car elle favorise le développement de bactéries. Il est donc recommandé de vider complètement sa vessie lorsque l’on urine et de s’essuyer d’avant en arrière après être allé aux toilettes.

Le besoin urgent et persistant d’uriner, des sensations de brûlures lors de la miction et des urines troubles et/ou malodorantes peuvent signaler une infection. On note parfois la présence de sang dans les urines, aussi appelée hématurie.

Comment éviter les infections urinaires ?

Pour prévenir les infections urinaires, les médecins recommandent de bien s’hydrater (au moins 1,5 litre d’eau par jour), de ne pas se retenir d’uriner trop longtemps et de traiter la constipation. Il est également préconisé d’uriner après chaque rapport sexuel. La toilette intime doit être régulière, mais pas excessive, et réalisée avec un savon à pH neutre.

Enfin, mieux vaut éviter les vêtements trop serrés qui favorisent la macération et privilégier des sous-vêtements en coton.

Un traitement à base d’antibiotiques

Si la canneberge est parfois efficace en prévention, elle ne constitue pas un remède en cas d’infection urinaire. L’automédication n’est pas une solution, comme le rappelle le Dr Igor Duquesne, urologue à l’hôpital Cochin à Paris. « La canneberge fonctionne avec un dosage très précis, généralement sous la forme de probiotiques. C’est un mécanisme qui est plutôt préventif, c’est-à-dire que ça va empêcher certaines bactéries, notamment Escherichia coli, de venir se fixer sur la paroi vésicale. Cela ne marche donc pas sur toutes les bactéries, ni une fois que la bactérie a infecté la paroi vésicale. Il faut donc consulter à chaque fois et ne pas attendre que l’infection passe toute seule. »

En cas de cystites aiguës chez la femme, le traitement proposé est souvent probabiliste : le médecin prescrit un antibiotique sans faire d’analyse d’urine préalable. « Un examen cytobactériologique est cependant recommandé en cas d’échec de traitement d’une cystite simple (si les symptômes persistent au-delà de 3 jours) ou en cas de risque de complications », précise le Dr Maximilien Baron, urologue au CHU Hôtel-Dieu à Nantes.

Infections urinaires
En cas de suspicion d’infection urinaire, mieux vaut éviter l’automédication. Il est important au contraire de consulter un médecin sans tarder. Crédit photo : Getty Images.

Des traitements adaptés aux cystites récidivantes

Au-delà de quatre épisodes par an, les cystites sont considérées comme récidivantes. Dans ce cas, les patientes sont susceptibles de développer des résistances aux antibiotiques. « Au lieu de donner aux patientes des traitements antibiotiques probabilistes, on va faire des analyses avant. Ensuite, on peut être amené à leur donner des antibiotiques prophylactiques, c’est-à-dire des antibiotiques au long cours pour prévenir la récidive », indique le Dr Duquesne.

Lors de la ménopause, le relâchement des parois de l’urètre peut conduire à une hausse des épisodes de cystites. Les femmes ménopausées qui souffrent d’infections récurrentes peuvent alors bénéficier d’un traitement hormonal. D’après le Dr Duquesne, « ce n’est pas le principal traitement pour les cystites récidivantes, mais on l’utilise volontiers. Car en plus de parfois améliorer les cystites à répétition, il permet de prévenir certains types de fuites urinaires. »

Les pyélonéphrites, des infections rénales

Lorsque l’infection urinaire remonte dans les reins via les uretères, elle peut déboucher sur une pyélonéphrite. « Dans 90 % des cas, c’est une infection urinaire basse mal traitée, traitée trop tardivement ou passée inaperçue qui en est à l’origine », prévient le Dr Jean-Eudes Poulain, chirurgien urologue à Bordeaux.

Tout comme les cystites, la pyélonéphrite touche davantage les femmes. Elle doit être prise en charge rapidement car des complications peuvent créer un abcès rénal. L’infection peut également s’étendre au reste de l’organisme en passant dans le sang : on parle alors de septicémie. On retrouve souvent les symptômes d’une infection urinaire basse, auxquels peuvent s’ajouter de la fièvre, des frissons et des douleurs lombaires.

Un examen des urines permet généralement d’adapter le traitement antibiotique à la bactérie. En cas de doute, les médecins procèdent à une échographie pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une pyélonéphrite obstructive. Cette dernière constitue une urgence car les voies urinaires sont bouchées et nécessite un drainage des urines.

Une surveillance accrue lors de la grossesse

Certaines personnes présentent plus de facteurs de risques. Les complications peuvent principalement concerner les hommes, les femmes enceintes, les personnes âgées de plus de 75 ans, les patients immunodéprimés ou qui présentent des anomalies de l’appareil urinaire.

Concernant les femmes enceintes, un dépistage mensuel doit systématiquement avoir lieu à partir du quatrième mois de grossesse, même en l’absence de symptômes. Celui-ci est réalisé au moins par bandelette urinaire, pour surveiller la présence de germes dans les urines. « Le risque de ne pas traiter une colonisation urinaire est que la patiente développe une infection du rein ou une pyélonéphrite aiguë dans 20 à 40 % des cas.

Une infection urinaire, notamment une infection du rein, est plus sévère chez la femme enceinte car la grossesse entraîne une baisse de l’immunité et donc une moins bonne défense contre les infections », souligne le Dr Maximilien Baron. Le premier danger concerne la survenue d’un choc septique. Par ailleurs, la fièvre peut entraîner une augmentation des contractions utérines et déclencher un avortement ou un accouchement prématuré.

Les infections urinaires plus rares chez les hommes

Chez les hommes, les infections urinaires sont plus rares et souvent liées à un adénome de la prostate, c’est-à-dire une hypertrophie bénigne de la prostate. Une autre cause potentielle est la sténose de l’urètre. Ce rétrécissement du canal urinaire entrave l’évacuation des urines. Chacune de ces situations entraîne une mauvaise vidange vésicale : les urines stagnantes provoquent alors une infection.

Lorsque l’infection touche la prostate, on parle de prostatite. S’il s’agit d’infection de l’urètre, c’est une urétrite. Les symptômes sont les mêmes que pour les femmes et doivent amener à consulter. Le traitement des infections masculines repose aussi sur des antibiotiques.

  • Anaïs Daniel
  • Crédit photo : Getty Images

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