La sécurité des protections périodiques en quatre questions

Tampons, serviettes, coupes et culottes menstruelles : les protections utilisées par les femmes durant leurs règles sont-elles sans danger ? Comment choisir, et quelles précautions pour les utiliser ? Réponses.

protections périodiques

Les substances qui composent les protections périodiques sont-elles dangereuses pour la santé ?

Non. C’est en tout cas la conclusion de deux études menées par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) en 2016 et 2018. « Nous avons été saisis par les ministères de la Santé et de la Consommation après des articles de presse et des rapports d’associations de consommateurs alarmants, ainsi qu’une pétition de 300 000 signatures réclamant plus de transparence sur la composition des tampons hygiéniques », rappelle Aurélie Mathieu, docteure en pharmacie et virologue à l’Anses. L’agence a passé en revue les différentes substances contenues par les tampons, les serviettes hygiéniques et protège-slips, puis deux ans plus tard par les coupes menstruelles de plus en plus populaires.

Les études ont révélé la présence dans ces protections de matériaux comme le polypropylène et de substances chimiques telles que des hydrocarbures aromatiques polycycliques, des dioxines ou encore des pesticides avec le glyphosate. Cependant, les quantités détectées font qu’il n’existe pas, explique Aurélie Mathieu, « de risque lié à ces substances pour la santé des femmes. En revanche, l’Anses recommande aux fabricants d’améliorer la qualité de leurs matières premières et d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances cancérogènes, mutagènes (qui entraînent des modifications de l’ADN, ndlr), reprotoxiques (pouvant générer une stérilité, ndlr), sensibilisantes cutanées et perturbateurs endocriniens ».

L’Anses note également que la plupart de ces substances ne sont pas utilisés intentionnellement par les fabricants, mais proviendraient soit des matières premières, soit des procédés de fabrication.

Pourquoi est-il difficile de connaître la composition des protections ? 

Avant les études de l’Anses, les compositions des protections hygiéniques étaient plus ou moins détaillées par les fabricants sur leurs sites internet, par exemple, mais sans aucune obligation. La raison en est règlementaire. « En Europe, les protections ne sont pas considérées comme des dispositifs médicaux mais comme des produits de consommation courante. Ce n’est pas le cas d’autres pays, comme les Etats-Unis, le Canada ou le Japon, où ces produits sont des dispositifs médicaux », explique Aurélie Mathieu. Dans ses deux rapports, l’Anses demande aux fabricants de remédier à ce manque relatif d’information.

Le risque du syndrome de choc toxique menstruel existe-t-il pour toutes les protections ?

Le risque « microbiologique » est la deuxième source d’inquiétude liée aux protections périodiques. « C’est celui du syndrome du choc toxique (SCT) menstruel », rappelle Aurélie Mathieu, « qui existe pour toutes les protections dites « internes » : tampons mais aussi coupes menstruelles, éponges… Tout ce qui bloque le flux des règles et le garde à l’intérieur du corps de la femme, créant une situation propice au développement de certaines bactéries particulières comme le staphylocoque doré productrice d’une toxine dangereuse, si la femme en est porteuse ».

Quels conseils pour choisir et utiliser sans risque sa protection périodique ?

Quand vous optez pour une protection interne (tampon, coupe, éponge menstruelle), suivez attentivement les recommandations indiquées depuis une vingtaine d’années déjà par les fabricants de tampons pour éviter le choc toxique menstruel. « Ne pas porter sa protection plus de quatre à six heures d’affilée, précise Aurélie Mathieu. Surtout pas 24 h, comme l’affichent certaines publicités pour coupes menstruelles ! Choisir le tampon avec le plus faible pouvoir absorbant qui correspond à votre flux, ajoute-t-elle. Ainsi, vous le changerez plus régulièrement. Enfin, évitez de porter des protections internes la nuit ».

Vous pouvez ainsi alterner avec les serviettes hygiéniques – les fabricants en proposent désormais de plus « écologiques » – ou les serviettes lavables en coton bio. A noter aussi, l’essor récent des culottes menstruelles, dont la plupart sont faites de textiles certifiés, garantis sans métal lourd.

Vers la gratuité des protections périodiques ?

Fin février 2020, le Parlement d’Ecosse a voté la gratuité des protections périodiques pour toutes les femmes. C’est une première dans le monde. Les protections seront disponibles dans les établissements scolaires, les pharmacies, les cabinets médicaux et les clubs de jeunesse.

En France, la question de la précarité menstruelle – le fait que certaines femmes n’aient pas les moyens de s’offrir des protections périodiques – a fait l’objet d’un rapport parlementaire, et une expérimentation de gratuité est lancée. Selon une enquête Ifop, près de 1,7 million de Françaises manquent de protections. Et une sur trois n’en change pas suffisamment souvent pour des raisons de budget.

En savoir plus

Règles élémentaires  : Première association de lutte contre la précarité menstruelle (organiser une collecte, faire des dons de protections hygiéniques).

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Pauline Hervé

journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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