Quelles sont les maladies de l’été chez les enfants ?

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L’été, les enfants sont plus exposés aux risques de la chaleur, aux infections ORL, aux piqûres d’insectes… Comment les éviter ? Quels sont les traitements dispensés ? Tour d’horizon des principales affections et autres pathologies estivales.

les maladies de l'été

Les affections et les pathologies que l’on contracte ne sont pas seulement l’apanage de l’hiver. La saison estivale présente son lot de troubles et de maladies. Les enfants y sont particulièrement sensibles.

En effet, ces derniers sont plus exposés aux germes, micro-organismes à l’origine des infections et des maladies, contre lesquels leur organisme se défend plus difficilement. Cela s’explique par le fait que leur système immunitaire est encore en construction.

Les premiers coups de soleil sont le lit des futurs cancers

Les coups de soleil

La peau des enfants est plus tendre et fragile que celle des adultes. Il faut donc être très vigilants et éviter qu’ils ne s’exposent au soleil. Les sorties le matin ou en fin de journée sont à privilégier. « Chapeau, lunettes de soleil, manches longues, vêtements anti-UV sont recommandés ainsi qu’une protection solaire adaptée que l’on applique toutes les deux heures », indique le pédiatre Jean Stagnara* du syndicat Avenir Spé – Le bloc Auvergne-Rhône-Alpes.

Les enfants de moins de trois ans doivent éviter tout contact direct avec le soleil. « Les dermatologues le martèlent à raison. Les premiers coups de soleil peuvent être le lit de futurs cancers ». Un coup de soleil équivaut à une brûlure au premier degré. « Il existe des sprays en pharmacie qui préviennent, apaisent et traitent », ajoute le médecin.

Pour ce qui est des brûlures consécutives à un accident domestique, ce dernier conseille la règle des Trois fois quinze. « On laisse le membre touché 15 minutes sous une eau à 15 degrés, éloigné du jet de 15 centimètres ». Cela permet d’éteindre le feu et d’éviter que la brûlure devienne plus grave.

Les coups de chaleur

Les coups de chaleur peuvent arriver très vite. Pour cela, il faut éviter de laisser l’enfant dans une voiture, même si ce n’est que pour quelques minutes. En effet, le soleil, de plomb comme voilé, pénètre les vitres du véhicule. « Il est bon aussi de ne pas utiliser de poussette de couleurs sombres, de trop habiller l’enfant », rappelle le pédiatre.

Il faut que l’enfant s’hydrate régulièrement « surtout avec ces fortes chaleurs et des températures qui dépassent allégrement les 30 ou 40 degrés ». Les gourdes et les biberons, isothermes pour maintenir l’eau à température, sont à emmener partout. Si l’enfant est allaité, le sein doit être proposé à volonté.

L’insolation

L’insolation provient non pas de la chaleur mais du soleil. Tête et nuque sont alors irradiées par ses rayons. Sensation de chaud, maux de tête, malaise ou encore somnolence sont les symptômes les plus fréquents.

Il faut de ce fait porter un chapeau, de préférence de couleurs claires aux larges bords, et se badigeonner de protection solaire. Mouiller la nuque et le front de l’enfant régulièrement. En cas d’insolation, il est recommandé d’allonger l’enfant dans un endroit frais, à l’ombre. Il faut lui donner à boire sans restriction et mouiller l’ensemble de son corps. Un médecin doit être vu si nécessaire.

Le yaourt nature peu sucré est bon contre la gastro-entérite

La gastro-entérite

La gastro-entérite est une infection du tube digestif, d’origine principalement virale. Elle se transmet par l’eau, les aliments, les mains sales et se manifeste par de la diarrhée et des vomissements. Cette infection est très fréquente l’été. Contagieuse, elle peut être très préoccupante chez l’enfant de moins d’un an. « Il risque la déshydratation, c’est-à-dire de perdre entre 5 à 10 % du poids de son corps », avertit le docteur Jean Stagnara. La production de sueur et d’urine diminue. Autres symptômes : la fièvre, les nausées, les vertiges…

La diarrhée disparaît en général au bout de quelques jours. « Il faut se laver les mains régulièrement. On propose des solutés de réhydratation orale. Je conseille toujours d’en prendre dans sa trousse à pharmacie de vacances. On peut en trouver en pharmacie », précise le médecin.

Ce dernier préconise par ailleurs « de manger en cas de gastro un yaourt nature faiblement sucré. Les ferments sont bons pour le tube digestif ». La fraîcheur et le sucre qu’il contient, « permettent de lutter contre les vomissements acétonémiques**. » Si la pathologie s’installe, que la fièvre dépasse les 38,5° ou que la soif de l’enfant est trop importante, ses yeux cernés, son sommeil excessif… il faut consulter un médecin.

L’intoxication alimentaire

L’intoxication alimentaire est une autre forme de gastro-entérite. Elle survient rapidement après l’absorption d’aliments contenant des agents bactériens ou toxiques. Elle peut être consécutive à une alimentation trop riche en gras, très épicée ou prise en grande quantité.

L’enfant va se plaindre de maux de ventre, de nausées, de crampes d’estomac… L’intoxication ne dure en moyenne que 24 à 48 heures. Il faut isoler l’aliment perturbateur, manger plus sain, en petites quantités, boire régulièrement pour éviter la déshydratation. Si les symptômes persistent, le médecin consulté pourra prescrire une solution de réhydratation.

Le gonflement lié à une piqûre est plus important chez l’enfant

Les piqûres de moustiques

Les enfants sont plus sensibles aux piqûres de moustiques, et de tous les insectes en général, que les adultes. Leur peau contient plus d’eau que celle de leurs aînés ce qui augmente le gonflement. Et du fait de leur jeune âge, leur corps ne s’est pas encore habitué à ces agressions.

« En prévention, on va se munir de moustiquaires et utiliser des prises électriques non toxiques », recommande le docteur Jean Stagnara. Il faut éviter les eaux stagnantes, rester dans les sentiers loin des hautes herbes, porter des vêtements longs dans les lieux que l’on sait infectés…

Quand le mal est fait, il faut désinfecter l’enflure avec un alcool spécifique, vendu en pharmacie. Et s’il vient à se développer une manifestation d’allergie, « il faudra administrer un antihistaminique en pommade ou en comprimés » Et ne pas hésiter à consulter un médecin.

Le mal des transports

Les enfants entre deux et douze ans sont plus exposés à ce trouble qui intervient dans les déplacements via tous les modes de transports (bateau, avion, voiture…). L’affection est provoquée par le contraste entre le mouvement enregistré par les yeux et l’immobilité du corps perçue par l’oreille interne. L’enfant va alors éprouver des haut-le-cœur, des maux de ventre, des sensations de nausées, de vomissements…

Le pédiatre conseille de ne pas laisser l’enfant derrière un écran durant le trajet. Et de varier les occupations, entre un petit somme, une chanson, une histoire à raconter… « Il faut s’arrêter toutes les deux heures pour prendre l’air et laisser l’enfant se dépenser. Les aires d’autoroutes sont bien équipées d’aires de jeux ».

Allergènes, pollution, climatisation dans le collimateur

Les infections ORL

Il y en existe de plusieurs sortes, qui vont des infections de l’oreille (otite, bouchon de cérumen…) à celles du nez et de la gorge (rhume, rhino-pharyngite, angine, etc.). Selon leur nature, elles se traduisent par un écoulement nasal, la respiration gênée par le nez bouché, de la toux, des maux de gorge, de la fièvre…

Face à leurs effets, il faut s’hydrater et, si nécessaire, prendre du paracétamol dont la posologie sera adaptée à l’âge. La plupart des infections ORL sont virales, fréquentes et généralement bénignes. « En cas de rhino-pharyngite et de toux, on donne du sérum physiologique, du paracétamol et on s’hydrate. Les antibiotiques n’ont pas leur place dans ces conditions », reprend le docteur Jean Stagnara.

« Les angines et les pharyngites sont courantes l’été », observe le médecin. Leurs causes peuvent être multiples. « Elles sont consécutives à des virus et peuvent être favorisées par les allergènes qui circulent au printemps et au début de l’été ». Elles sont aussi le fait de la pollution atmosphérique. « Avec la montée de la chaleur, le niveau d’ozone est plus important. Cela peut entraîner des infections oculaires et rhino-pharyngées ».

Le tabac peut également les provoquer. « Le dépôt de poussières de tabac sur les cheveux ou un vêtement suffit pour que l’enfant soit touché ». Par ailleurs, la climatisation favorise les infections ORL. Même chose quand on sort de l’eau. Gare aux risques d’otite du baigneur comme aux conséquences du chaud-froid. « On frissonne et on peut contracter une infection ». Et ce d’autant plus que les points d’eau fermés (piscines, lacs…) peuvent être de vrais nids à bactéries et favoriser le développement de certaines maladies. Les germes y prolifèrent quand la chaleur s’installe et que la fréquentation bat son plein.

* Le docteur Jean Stagnara est à l’origine du site de conseils en pédiatrie www.pediasante.net, constitué avec l’apport des savoirs d’autres pédiatres, de généralistes, de pharmaciens, de sages-femmes… mais aussi de patients.

** Lorsque l’on vomit, on consomme ses réserves et on produit de l’acétone, qui provoque d’autres vomissements, tel un cercle vicieux.

Le danger des fenêtres ouvertes

L’été, dès que la chaleur laisse place à un peu de fraîcheur, on a tendance à ouvrir grand les fenêtres. Ce geste peut constituer un vrai danger pour les enfants. Ces derniers peuvent en effet grimper sur le rebord, perdre l’équilibre et chuter accidentellement. Ces accidents fatals ont lieu quand les parents ne sont pas vigilants, la plupart du temps pendant la préparation du repas.

Les enfants de moins de six ans en sont les principales victimes (62 %), majoritairement des garçons. Chaque année, on déplore des dizaines de défenestrations d’enfants de moins de 15 ans.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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