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Maladies cardiovasculaires : les femmes moins protégées

L’infarctus, une maladie réservée aux hommes de plus de 50 ans ? Une idée reçue qui peut être fatale. Infarctus et AVC sont des menaces bel et bien réelles qu’il faut apprendre à reconnaître car les femmes payent un tribut de plus en plus lourd aux maladies cardiovasculaires.

Maladies cardiovasculaires

N’en déplaise aux idées reçues, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes, alors qu’elles n’arrivent qu’en deuxième place chez les hommes.

Ainsi, en France, huit fois plus de femmes succombent à une maladie cardiovasculaire qu’à un cancer du sein, comme le rappelle la Fédération Française de Cardiologie à l’occasion de la Journée mondiale d’action pour la santé des femmes.

 

Les femmes courent de plus en plus de risques

Les chiffres sont éloquents : entre 2002 et 2008 en France, le nombre d’hommes hospitalisés pour un infarctus du myocarde a baissé de 5 à 8 % dans toutes les classes d’âges. Alors que sur la même période, il a fortement progressé chez les femmes : + 14,6 % chez les 35-44 ans et + 17,9 % pour les 45-54 ans. Certes elles restent moins exposées que les hommes mais, alors que d’énormes progrès ont été faits pour ces messieurs, les femmes encourent un risque grandissant. Et cela de plus en plus jeunes : aujourd’hui, plus de 11 % des femmes victimes d’un infarctus ont moins de 50 ans. Elles n’étaient que 4 % en 1995.

Comment expliquer une telle flambée ? Par l’augmentation des risques notamment avec un mode de vie qui se rapproche de celui des hommes (tabac, alcool, stress, mauvaise alimentation, sédentarité…), et une utilisation massive de la contraception hormonale, mais aussi parce que les femmes sont moins bien suivies et dépistées dans ce domaine. Enfin, lors d’un accident cardiovasculaire, elles sont en général prises en charge plus tardivement et se remettent donc plus difficilement que les hommes.

 

Périodes critiques et symptômes à décrypter

Parce que les hormones jouent un rôle important dans les maladies cardiovasculaires, trois périodes sont particulièrement critiques pour les femmes : l’initiation d’une contraception hormonale, la grossesse et la ménopause. C’est là qu’une vigilance toute particulière doit leur être accordée.

  • L’infarctus du myocarde détient la triste première place de cause de mortalité chez les femmes européennes : il est responsable de 18 % des décès. Chez la femme, les symptômes sont moins évocateurs que chez l’homme, de sorte qu’une femme qui fait un infarctus a deux fois plus de risque de mourir qu’un homme. Ainsi la douleur dans la poitrine irradiant dans le bras gauche et la mâchoire est plus rare chez elles. Par contre, il leur faut être très vigilantes en cas d’essoufflements et/ou de palpitations apparues de façon soudaine, de nausées ou de douleurs dans l’estomac inexpliquées. Ces signes doivent amener à consulter le médecin.
  • L’accident vasculaire cérébral arrive en seconde position avec 14 % des décès féminins en Europe. Certains signes doivent amener à craindre un AVC et à contacter immédiatement le 15 : une faiblesse musculaire d’un bras et/ou d’une jambe d’un seul côté du corps, un engourdissement soudain du visage (difficulté à sourire, à fermer la bouche), des troubles soudains du langage. D’autres symptômes peuvent conduire à consulter : de violents maux de tête, des pertes d’équilibre, des palpitations ou essoufflements inexpliqués.
  • Les autres pathologies cardiovasculaires sont responsables de 10 % des décès féminins en Europe. Il s’agit notamment des maladies thromboemboliques, de l’angine de poitrine et autres insuffisances cardiaques, d’hypertension artérielle et d’anévrisme.

 

Des conseils essentiels

  • Ne pas fumer.
  • Avoir une consommation modérée d’alcool.
  • Ne pas consommer trop de sel.
  • Pratiquer régulièrement une activité physique (au moins 3 fois une demi-heure par semaine).
  • Manger équilibré en privilégiant les matières grasses d’origine végétale plutôt qu’animale.
  • Réduire les sources de stress.
  • Contrôler sa tension au moins une fois par an, et réaliser un bilan sanguin aux moments clé de la vie hormonale (première contraception, grossesse et ménopause).
  • Après 35 ans, si l’on fume, bannir les contraceptifs contenant des œstrogènes de synthèse.

 

Pour en savoir plus

  • Émilie Gillet
  • Crédit photo : Plainpicture/Image Source

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