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Médicaments et conduite, soyons vigilants

Certains médicaments présentent des risques lorsqu’ils sont associés à la conduite automobile ou à l’utilisation de machines-outils. Parmi eux, les somnifères et les anxiolytiques, mais il existe d’autres classes thérapeutiques, moins connues et tout aussi dangereuses.

Médicaments et conduite soyons vigilants

Pourquoi certains médicaments sont dangereux ?

Certaines molécules présentes dans les médicaments peuvent avoir des effets incompatibles avec la conduite automobile ou l’utilisation de machines-outils car elles provoquent des troubles de la vigilance et de l’attention, perturbent les perceptions sensorielles (vue, équilibre…) ou bien modifient sensiblement le comportement (excès de confiance et prise de risque).

Ces effets négatifs peuvent être amplifiés par la fatigue, la consommation d’alcool, l’âge, une maladie du foie ou des reins… Il est important de noter que ces effets sont différents d’une personne à l’autre, même si les doses absorbées sont identiques.

Parmi ces médicaments dangereux, certains sont utilisés pour leur action directe sur le système nerveux comme les somnifères et les anxiolytiques, d’autres présentent des risques liés à leurs éventuels effets secondaires, comme certains médicaments contre le rhume qui peuvent diminuer l’état de vigilance, et la contre-indication n’est pas toujours connue par le patient.

 

Comment reconnaitre ces médicaments ?

L’Agence Nationale de Sécurité des Médicaments (Ansm) a mis en place un système de pictogrammes, présents sur les boites de médicaments à risque, qui permet d’être informé du niveau de risque. Ce pictogramme est de forme triangulaire, avec une voiture dessinée à l‘intérieur.

Il existe trois niveaux de risques, représentés par 3 pictogrammes de couleur (en l’absence de pictogramme sur une boite de médicament, c’est qu’il n’y a pas de risque) :

  • niveau 1 – pictogramme jaune : « Soyez prudent. Ne pas conduire sans avoir lu la notice. » La prise de ce médicament ne remet pas en question la conduite d’un véhicule, mais il est nécessaire que le patient prenne connaissance des éventuels effets indésirables signalés dans la notice, afin de rester vigilant s’ils apparaissent. Le risque est faible et dépend de la sensibilité de chacun.
  • niveau 2 – pictogramme orange  : « Soyez très prudent. Ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé. » En général, il s’agit de médicament sur ordonnance pour lesquels les effets incompatibles avec la conduite ne dépendent pas seulement de la sensibilité individuelle. Seul un médecin ou un pharmacien peut apprécier si l’état du patient et ses réactions liées à la prise de ce médicament, sont compatibles avec la conduite ou l’utilisation d’une machine-outil.
  • niveau 3 – pictogramme rouge : « Attention, danger : ne pas conduire. Pour la reprise de la conduite, demandez l’avis d’un médecin. » Avec ces médicaments, l’impossibilité de conduire est très importante, même si elle n’est que passagère. Les risques d’accidents sont majeurs. Mieux vaut demander à son médecin ou à son pharmacien la durée minimale à respecter après la prise avant de pouvoir conduire.

 

Quels sont les médicaments les plus à risque ?

Les médicaments concernés sont nombreux et variés.

Voici une liste (non exhaustive) et ses risques associés, liés au pictogramme présent sur la boite du médicament :

  • Antibiotiques par voie générale : tétracyclines (troubles visuels, confusion, troubles de l’équilibre, confusion), bêtalactamines (vertiges, somnolence), macrolides (somnolence, troubles visuels)…
  • Médicaments des voies digestives : antiémétiques et antinauséeux   (somnolence et troubles visuels), antidiarrhéiques (baisse de vigilance)…
  • Antidiabétiques (hypoglycémie).
  • Médicaments cardiovasculaires : antiarythmiques (vertiges, troubles de vision, somnolence), antihypertenseurs (vertiges, somnolence)…
  • Médicaments hormonaux gynécologiques (troubles visuels, baisse de la concentration).
  • Antirhumatismaux spécifiques (vertiges, troubles visuels) et myorelaxants (désorientation, somnolence, troubles du comportement)…
  • Médicaments du système respiratoire : médicaments contre le rhume et la toux (somnolence, troubles visuels)…
  • Médicaments ophtalmiques (troubles de la vision, photobie)…
  • Ensemble des médicaments agissant sur le système nerveux (antalgiques, neuroleptiques, hypnotiques, antimigraineux, anesthésiques, antidépresseurs, antiparkinsoniens, antiepileptiques…).
  • Antihistaminiques : antiallergiques (troubles visuels, troubles du comportement, ralentissement psychomoteur)…

 

Quelles précautions faut-il prendre ?

Prendre un médicament n’est jamais un geste anodin. Veillez à toujours conserver la boite et la notice des médicaments car eux seuls peuvent vous informer sur le niveau et la nature des éventuels risques. Lisez attentivement la notice et les rubriques « conducteurs et utilisateurs de machines », « mises en garde et précautions d’emploi » et « effets indésirables ». C’est là que sont signalés les effets ayant des conséquences sur la conduite.

Lorsque vous êtes au volant, ou que vous utilisez une machine-outil, n’hésitez pas à vous arrêter si des symptômes apparaissent : somnolence, engourdissement, troubles visuels, vertige, nervosité, nausées…

Lorsque vous prenez des traitements à risque, veillez à ne pas prendre d’alcool avant de prendre le volant, les risques seraient démultipliés.

Enfin, si vous prenez un médicament destiné à soigner une maladie qui présente elle-même un risque pour la conduite (épilepsie, troubles cardiaques, insomnie…), il est important de consulter votre médecin si vous envisagez d’interrompre le traitement.

 

Pour en savoir plus

  • Emilie Gillet
  • Crédit photo : www.Bajstock.com

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