Piqûre de méduse : attention aux réactions allergiques

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Aurélia Aurita, Rhizostoma-pulmo ou Pelagia noctiluca : les méduses envahissent les plages françaises en été, en piquant au passage de nombreux baigneurs. Quels sont les bons réflexes après avoir été piqué ? Rinçage à l’eau claire ou à l’eau de mer ? Faut-il percer les vésicules ? Mettre une crème à base de corticoïdes ? On vous répond.

piqûre de méduse

Chaque été, de nombreuses plages sont envahies de méduses (essentiellement Aurélia Aurita, Rhizostoma-pulmo ou Pelagia noctiluca) au grand désespoir des baigneurs. Si leurs piqûres ne sont pas mortelles, elles peuvent en revanche être particulièrement douloureuses.

« Même si on ne voit pas forcément l’animal nous piquer dans l’eau, les premiers symptômes après le contact avec la méduse, et surtout avec ses tentacules, arrivent très rapidement, explique le Dr Catherine Quequet, allergologue et auteur de « Les nouvelles allergies – Comment les reconnaître ? Comment les combattre ? » (Éditions du Rocher). On ressent tout d’abord l’impression d’une décharge électrique, puis une sensation de brûlure, des rougeurs semblables à des plaques d’orties et de vives démangeaisons ».

Que faut-il faire après une piqûre de méduse ?

Dans certains cas, les tentacules peuvent provoquer des cloques ou des vésicules chargées en cellules venimeuses. « Il ne faut surtout pas les percer ni les toucher avec les mains pour éviter le risque d’infection », alerte l’allergologue.

Que faire alors ? « Sortez de l’eau, rincez abondamment avec de l’eau de mer (et jamais avec de l’eau douce) sans frotter et tentez d’enlever les filaments urticants collés à la peau. Pour cela, appliquez du sable sur la plaie puis grattez doucement à l’aide d’un carton rigide (une carte postale par exemple) ou d’une carte bancaire ».

Désinfecter la zone avec un antiseptique

Pour désinfecter, il faut éviter l’alcool médical, car il y a trop de lésions, et privilégier plutôt un antiseptique. Et oubliez le remède de grand-mère consistant à uriner sur la brûlure, ça ne ferait qu’aggraver les choses !

« Si la plage est surveillée, le plus simple est d’aller au poste de secours où les sauveteurs présents pourront vous apporter les premiers soins », propose le Dr Damien Tomasso, médecin généraliste et coordonnateur médical du Centre de Santé Bauchat-Nation (Paris XIIe).

Apaiser la douleur avec une crème hydratante

Pour calmer les démangeaisons et les brûlures, il existe plusieurs solutions « naturelles » comme de l’eau vinaigrée bien diluée ou de l’eau citronnée là encore bien diluée – à utiliser en l’absence de lésion ouverte – ou bien de l’huile essentielle de lavande aspic (appliquer 2 à 3 gouttes diluées avec de l’huile d’amande douce sur la zone toutes les 10 minutes, en dehors de tout phénomène allergique connu).

On peut également mettre une crème de type Biafine ou une crème à base de cuivre ou de zinc (Cicalfate, Cicabio ou Cicaplast par exemple) pour apaiser la brûlure. « Pour les réactions très localisées et sans lésions ouvertes, un dermocorticoïde d’application locale (crème ou pommade), prescrit après avis médical et sur ordonnance, permet de soulager les démangeaisons », suggère le généraliste. Il peut être associé à un antihistaminique oral.

Consulter un médecin en cas de symptômes respiratoires

Dans le meilleur des cas, les lésions disparaissent en une dizaine de jours. « Si la douleur n’est pas invalidante et que la réaction locale n’est pas trop importante, il n’y a pas de risque à se baigner ensuite », souligne le Dr Tomasso.

Mais les piqûres de méduse peuvent avoir parfois des effets secondaires plus importants. « Il peut y avoir une réaction allergique plus diffuse soit en taille (supérieure à 50 % d’un membre) ou avec des maux de tête, des vomissements ou des symptômes respiratoires nécessitant un appel aux services d’urgence », alerte le généraliste.

« De même, si des projections de venin arrivent au niveau oculaire, ou si la piqûre est proche des yeux, il faut rincer abondamment au sérum physiologique et consulter un ophtalmologiste pour s’assurer qu’il n’y a pas de lésion de la conjonctive et/ou de la cornée ».

L’allergie alimentaire au PGA

Il n’y a pas que les piqûres de méduse qui peuvent provoquer des réactions allergiques. « On a eu connaissance de quelques cas de surfeurs en Asie et en Australie qui ont développé des réactions allergiques sévères (avec choc anaphylactique*) 10 heures après avoir mangé du natto », relate le Dr Quequet. Il s’agit d’une préparation issue de la cuisine traditionnelle japonaise à base de fèves de soja jaune bouillies et fermentées.

Un lien est alors établi entre l’activité sportive de surfeur (souvent attaqué par les méduses) et l’ingestion de natto. « L’élément allergénique commun, l’acide gamma polyglutamique (γ-PGA), est alors identifié ». Parallèlement, le PGA est transmis à l’homme par l’intermédiaire des tentacules de méduses. « Ainsi, lorsqu’un surfeur est attaqué par des méduses, il se sensibilise par contact à cet allergène ».

Une autre source d’ennuis peut provenir de la consommation de salades de méduse comestible ou de pâtes ou soupes chinoises. « Il semblerait que ce soit le collagène de méduse, qui serait impliqué dans ce cas d’allergie alimentaire très particulier », conclut la spécialiste.

* Choc anaphylactique : urgence médicale qui doit rapidement être traitée par injection d’adrénaline par intramusculaire et une hospitalisation pendant au moins 7 heures pour surveillance.

  • Peggy Cardin-Changizi
  • Crédit photo : Getty Images

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