Post-partum : les effets physiques et psychologiques après l’accouchement

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La période qui suit l'accouchement est synonyme de nombreux changements physiques et psychologiques pour les jeunes mères. S'informer, échanger et bien se faire accompagner durant son post-partum sont des clés pour le vivre au mieux et éviter les désagréments physiques et les risques de dépression.

post partum

Qu’est-ce que le post-partum ?

Le post-partum désigne la période qui suit l’accouchement. Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il commence une heure après la délivrance (l’éjection du placenta après la naissance du bébé) et s’étend sur six semaines. Certains soignants estiment qu’il prend fin avec ce que l’on appelle le retour de couches – les premières règles après un accouchement – qui varie d’un à plusieurs mois selon les femmes. En clair, il n’y a pas de consensus.

Pour Illana Weizman, doctorante en sociologie des médias et auteure du livre Ceci est notre post-partum*, ces définitions sont toutes trop restrictives. Cette militante féministe plaide pour qu’on « envisage le post-partum sur un temps long » afin de permettre un suivi plus complet des jeunes mères.

Les gynécologues Mattea Romano et Allessandra Cacciatore décrivent ainsi une période de post-partum divisée en trois phases : « la phase aiguë (six à douze heures après l’accouchement), la phase subaiguë (qui dure deux à six semaines) et enfin la période post-partum retardée (qui peut durer jusqu’à six mois après l’accouchement) ».

« Se cantonner à six semaines, c’est se limiter aux symptômes physiques les plus ostensibles. Il faut aussi mettre l’accent sur les conséquences psychologiques », souligne Illana Weizman.

Le post-partum est à envisager comme un tout : des manifestations physiques qui « varient d’une femme à l’autre et sont plus ou moins douloureuses », selon le Dr Odile Bagot, gynécologue obstétricienne, auteure du blog Mam Gyneco, et « un contexte de fragilité psychologique » qui va du baby-blues, très fréquent, à la dépression post-partum.

Combien de femmes font une dépression post-partum ?

Il ne faut pas confondre le « baby blues », « déstabilisation émotionnelle plus ou moins passagère », qui touche 50 % des accouchées, et la dépression post-partum. Entre 10 et 20 % des femmes connaissent une dépression post-partum. Celle-ci commence la plupart du temps entre le premier et le deuxième mois du bébé. « La mère est encouragée à consulter si les symptômes de blues persistent après 7-10 jours. Les symptômes à suivre attentivement sont l’anxiété, la dépression, la confusion, les céphalées, l’insomnie, l’irritabilité », décrit Nadine Horvath, sage-femme.

Le Guide du post-partum, conçu et rédigé par et pour des professionnels de santé de différentes disciplines, préconise un suivi ultra-personnalisé et de proximité pour ce genre de cas. En France, on peut le trouver dans les unités mère-enfant des hôpitaux. Si ce n’est pas possible, il est important de consulter son généraliste ou un psychiatre si les symptômes s’installent.

Est-il normal de se sentir mal après la naissance de son enfant ?

Chaque post-partum est unique. Les conséquences physiques de l’accouchement peuvent être plus ou moins bien vécues : douleurs dues aux contractions de l’utérus qui reprend sa taille originelle, lochies (perte de sang) de plusieurs jours ou semaines, cicatrisation de l’épisiotomie ou de la césarienne, modification du corps… Si la jeune mère n’était pas bien informée au préalable, elle peut être surprise de ces chamboulements corporels. « Le corps est convalescent, explique Illana Weizman. Ce devrait être un temps où l’on doit s’occuper de la mère, afin qu’elle puisse s’occuper du bébé. »

Et c’est sans compter les bouleversements psychologiques liés au fait de devenir mère. À l’origine de son livre, des milliers de témoignages sur Twitter en réponse à la création du hashtag #monPostPartum, pour dénoncer le trop grand silence sur cette période. Illana Weizman a elle-même vécu une dépression post-partum alors que son bébé avait 8 mois. « Je n’étais absolument pas consciente que cela pouvait être lié », se souvient-elle. Elle souligne l’importance d’ouvrir la parole sur ce sujet, notamment entre femmes.

« La maternité est censée être la réalisation ultime pour une femme. On veut se conformer à cette image et se montrer vaillante à tout prix. Certaines femmes vont se remettre rapidement et n’auront pas besoin d’un suivi renforcé. Mais il est nécessaire d’être mieux informées sur cette période, et de savoir à qui s’adresser si cela ne va pas si bien. »

Comment se faire aider durant son post-partum ?

En France, l’Assurance maladie prend en charge deux à trois visites de sage-femme à domicile dans les douze premiers jours de l’enfant, dans le cadre du dispositif Prado pour le retour à domicile.  Le service est aujourd’hui proposé en priorité aux mères quittant la maternité dans le cadre d’une sortie précoce (dans les 24 à 72 heures après un accouchement par voie basse ou dans les 96 heures après une césarienne).

« Très peu de jeunes mères le savent et ne voient personne avant la consultation gynécologique des six semaines », regrette Illana Weizman, qui cite également la profession méconnue des techniciennes d’intervention sociale et familiale. Ces aides à domicile peuvent intervenir en cas de changement dans la situation familiale, donc de naissance, pour surmonter des difficultés ponctuelles.

Les caisses d’allocations familiales (CAF) ou des associations financent ces heures d’aide à domicile. Il existe aussi dans les hôpitaux une dizaine d’unités mère-enfant, où l’on aide les femmes qui connaissent des problèmes de lien avec le bébé et de dépression grâce à une approche pluridisciplinaire.

* Éditions Marabout, 2021.

  • Crédit photo : Getty Images
Auteur article
Pauline Hervé

journaliste spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (prévention, innovation et recherche, soins...)

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