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Quelles précautions prendre pour un tatouage ?

Le tatouage permanent ne présente que de rares contre-indications mais des complications sont possibles. Quelques précautions permettent de s’en prémunir au maximum.

Quelles précautions prendre pour un tatouage ?

Responsable de la première consultation de dermatologie dédiée au tatouage en France*, le Dr Nicolas Kluger est membre de la société française de dermatologie (SFD). Il nous prodigue ses conseils.

* Cette consultation est située à l’hôpital Bichat – Claude-Bernard (Paris 18e). Ouverte une fois par mois, elle est dédiée à la prise en charge des complications associées aux tatouages (allergies, infections, inflammations…).

Quelles sont les contre-indications au tatouage permanent ?

Nicolas Kluger
Crédit photo : DR

Nicolas Kluger : Elles sont très peu nombreuses. Dans le doute, on ne tatoue pas les femmes enceintes et celles qui allaitent. Pour les personnes qui ont eu un cancer de la peau, on se garde de tatouer la cicatrice qui en résulte, afin de ne pas compliquer le suivi post-traitement.

Il existe aussi des contre-indications dites « relatives », c’est-à-dire qu’elles sont étudiées au cas par cas. Ainsi, les personnes qui prennent des médicaments pour fluidifier le sang, qui ont une maladie cardiaque ou toute autre maladie chronique doivent consulter leur médecin au préalable.
Par ailleurs, il est déconseillé de se faire tatouer les muqueuses (yeux, bouche…).

Enfin, d’un point de vue esthétique, mieux vaut éviter certaines parties du corps, où le dessin risque de se déformer avec le temps : les articulations et les zones particulièrement exposées au soleil (visage, mains…).

À savoir : Pour se faire tatouer, les mineurs doivent présenter une autorisation écrite de leurs parents.

Comment choisir un tatoueur ?

N. K. : Le tatouage comporte des risques sanitaires d’infection virale (hépatites B ou C) ou bactérienne. C’est pourquoi il faut s’assurer en amont du sérieux du professionnel.

Il a l’obligation de déclarer son activité à l’agence régionale de santé (ARS) et doit avoir suivi une formation aux règles d’hygiène et de salubrité. Le salon doit être propre, bien agencé, avec une ou des pièces séparées dédiées au tatouage. Il est interdit d’officier à domicile. Concernant les encres, elles sont testées et font l’objet d’une réglementation européenne. Rien n’empêche néanmoins le tatoueur d’acheter sur internet des produits non vérifiés.

C’est pourquoi il est important de se tourner vers des professionnels recommandés par le bouche-à-oreille, des avis en ligne… Cela permet aussi de s’assurer de leur sérieux artistique. Car la complication la plus fréquente est… un dessin raté !

Pour cela, on peut rencontrer le tatoueur, consulter son book. Attention néanmoins aux photos présentées, souvent prises dès que le dessin est terminé, quand il est encore brillant, alors qu’à terme il va devenir mat, potentiellement s’altérer. Enfin, prenez le temps de réfléchir, avec le professionnel, au dessin et à son emplacement sur le corps.

Une fois le tatouage réalisé, à quoi faire attention ?

N. K. : La cicatrisation prend deux à trois semaines, un mois maximum. En attendant, il faut laver la zone à l’eau et au savon deux ou trois fois par jour et appliquer une crème très hydratante. Il est également important de protéger le tatouage des frottements (porter des vêtements amples), de la transpiration ou de l’humidité en général (éviter le sport, ne pas se baigner à la mer ou à la piscine…) et du soleil. Même sur le long terme, il est préférable de ne pas trop exposer le dessin au soleil, pour ne pas le dénaturer.

Concernant le risque associé à la péridurale, il a été suggéré dans les années 2000, mais n’est pas scientifiquement prouvé. De toute façon, le tatouage dans le bas du dos n’est plus en vogue.

À noter : Dans les quatre mois qui suivent le tatouage, le don de sang n’est pas possible.

Après un tatouage, quels symptômes doivent alerter ?

N.K. : Il faut s’inquiéter si le tatouage ne cicatrise pas. Dans les jours qui suivent, s’il devient très douloureux, avec l’apparition de pustules, de pus, c’est le signe d’une infection. Il peut aussi y avoir une réaction allergique à l’encre, notamment celle de couleur rouge. Le tatouage se met à gonfler et démange, parfois des mois ou des années plus tard. Dans ces deux cas, il est nécessaire de consulter un dermatologue.

Peut-on se faire « détatouer » ?

N.K. : Oui, c’est possible. Pour un petit tatouage, une intervention chirurgicale suffit. Sinon, il faut utiliser un laser. Mais le procédé est douloureux. Plusieurs séances sont nécessaires (parfois une douzaine), à raison d’une toutes les six semaines environ. Les frais ne sont évidemment pas remboursés par la Sécurité sociale.

Attention, la technique ne permet généralement pas d’effacer toute trace du tatouage, il reste sur la peau comme un « fantôme » du dessin, à vie.

  • Propos recueillis par Aurélia Descamps
  • Crédit photo : Getty Images

Un commentaire pour cet article

  1. BOULHAUT

    En tant que dermatologue, je ne peux qu’approuver les propos du Dr KLUGER mais j’ai toujours été contre cette mode du tatouage qui devient tout à fait exagérée quant au nombre de personnes tatouées et la surface des tatouages.
    J’ai d’autre part vu un certain nombre de complications au cours de ma carrière: allergies aux colorants, détatouages avec résultat esthétique catastrophique, cancer sur tatouage, mélanomes masqués par un tatouage.

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