Roxana Maracineanu : « Les maisons sport-santé sont des passerelles entre l’inactivité et le sport »

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Commencer seul une activité physique est souvent difficile. Les maisons sport-santé, dont les premières ont vu le jour en 2020, sont un dispositif d’accompagnement vers la pratique sportive. Explications avec Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports.

Roxana Maracineanu

Au printemps 2021, 288 maisons sport-santé sont labellisées en France contre 138 l’an dernier. L’objectif est d’arriver à 500 à l’horizon 2022. Roxana Maracineanu, ministre délégué aux Sports revient sur leur rôle et sur l’intérêt de l’activité physique.

Les maisons sport-santé sont très diverses, certaines sont virtuelles, d’autres itinérantes, quels sont leurs points communs ?

Roxana Maracineanu : Elles s’adressent à tous les publics et particulièrement à des personnes en bonne santé qui n’ont jamais pratiqué de sport ou qui souhaitent se remettre à l’activité physique, à des personnes souffrant d’affections de longue durée (ALD) qui peuvent se faire prescrire du sport sur ordonnance et à des personnes atteintes de maladies chroniques. Tous ces publics trouveront dans ces maisons un accompagnement individualisé. Le sport n’est pas leur seule motivation, l’objectif est aussi de retrouver du lien social dans un cadre associatif.

Les maisons sport santé doivent être en lien avec les acteurs médicaux du territoire : médecins, kinésithérapeutes… Leur configuration doit répondre à un cahier des charges bien précis. Elles peuvent être abritées par des collectivités, des hôpitaux, des associations sportives… Et peut-être à l’avenir par d’autres entités comme l’université par exemple.

« Un sas entre le monde médical et le monde sportif »

Les maisons sport santé ne sont-elles qu’un passage avant l’inscription dans un club sportif ?

R.M. : Les programmes proposés vont de quatre mois à un an. Ces maisons sont des passerelles entre l’inactivité et le sport. C’est un sas entre le monde médical et le monde sportif. Les personnes commencent par une séance par semaine puis, petit à petit, elles passent à trois. Elles sont accompagnées et découvrent l’intérêt de l’activité physique. Elles voient leur progression. Les activités se font par groupe de 3 à 8.

L’idée est aussi de leur donner les clés pour qu’elles puissent pratiquer chez elles. C’est une activité douce, qui doit faire partie de l’hygiène de vie. L’objectif est que cela donne envie d’inscrire durablement l’activité physique et le sport dans son quotidien.

Nous allons désormais travailler « l’après », en renforçant les liens avec les associations sportives du territoire. Ces associations doivent accueillir les personnes suivies dans une maison sport-santé en leur proposant une offre différente, pas forcément à l’année par exemple. Nous allons travailler sur une licence spécifique sport-santé afin de donner une continuité à ce parcours. Pour les clubs, cela peut devenir un véritable vivier de nouveaux licenciés grâce à cette mise en relation avec de nouveaux pratiquants et leurs familles.

« Élargir le sport sur ordonnance aux maladies chroniques »

Toujours dans l’objectif de favoriser l’activité physique, dans le cadre de l’examen à l’assemblée nationale de la proposition de loi , vous avez donné un avis favorable pour élargir aux maladies chroniques la prescription de l’activité physique adaptée, c’est une véritable avancée ?

R.M. : Cette loi sera en discussion au Sénat cet été et sans doute votée cette année. Elle permettra d’élargir le sport sur ordonnance aux maladies chroniques ainsi qu’au « Covid long  », à la dépression et je l’espère aussi à la prise en charge du traitement psychologique de violences subies dans l’enfance… Jusque-là, la prescription du sport sur ordonnance était réservée aux médecins généralistes, cette loi permettra de l’élargir aux médecins spécialistes.

On se rend bien compte aujourd’hui, notamment avec la crise sanitaire, que le sport est nécessaire physiquement et psychologiquement. C’est important de voir l’individu dans sa globalité et de prescrire du sport dans des situations d’isolement, de dépression… Le sport peut ainsi rentrer dans une routine où la personne va faire plus attention à son corps, à ses maux et se mettre plus en activité. En parallèle, on mène un travail avec les facultés de médecine, les écoles de kinésithérapeutes pour parler davantage du sport-santé et de la pratique sportive dans la formation de ces étudiants.

288 maisons sport-santé labellisées

138 en 2020, 288 en 2021 et 500 maisons sport-santé labellisées en France à l’horizon 2022. Elles ont été financées par le ministère des Sports à hauteur de 3,5 millions d’euros cette année. Tous les départements de la métropole et une partie de ceux d’Outre-mer sont couverts. L’accès à une maison sport-santé est payant mais une prise en charge totale ou partielle de l’abonnement peut venir des territoires, des villes, de l’Etat, des mutuelles… Près de 70 000 personnes sont aujourd’hui accompagnées dans les maisons sport-santé.

À noter que le Groupe VYV est partenaire de la stratégie nationale sport santé 2019-2024, menée par le Gouvernement.

Pour retrouver la maison sport-santé la plus proche de chez vous, rendez-vous sur www.sports.gouv.fr, dans la rubrique « Pratiques sportives  ».

  • Crédit photo : Ministère des sports
Auteur article
Cécile Fratellini

rédactrice en chef adjointe d’Essentiel Santé Magazine, spécialisée dans les sujets relatifs à la santé (handicap, prévention, maladies…)

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