Sandrine Arcizet sensibilise les femmes aux maladies cardiovasculaires

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Sandrine Arcizet a failli mourir d’un anévrisme de l’aorte. Aujourd’hui rétablie, la présentatrice de télévision alerte sur les maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité chez les femmes. Un témoignage précieux pour le fonds de dotation Agir pour le cœur des femmes, cofondé par la cardiologue Claire Mounier-Vehier.

Sandrine Arcizet - maladies cardiovasculaires

En France, quatre cents personnes décèdent chaque jour d’une maladie cardiovasculaire. La moitié sont des femmes. « La première cause de mortalité chez la femme n’est pas le cancer du sein mais le cœur malade », observe Sandrine Arcizet*, journaliste-animatrice à la télévision. « C’est fou comme on l’oublie tant qu’il va bien alors qu’il est essentiel. Pourtant, il faut prendre soin de lui autant que le reste de son corps. »

La jeune femme a passé des mois à surmonter de sérieux problèmes de santé, une lourde intervention chirurgicale et des semaines de rééducation. En 2019, elle a été opérée à cœur ouvert à la suite d’une insuffisance cardiaque. Plus exactement d’un anévrisme de l’aorte thoracique**.

Cette grande sportive dynamique était bien loin de se douter qu’elle allait si mal. Elle doit son salut à une angine et qui l’a amenée à pousser la porte du cabinet de son médecin traitant. « Il a trouvé que mon cœur battait trop fort et m’a conseillée de consulter un cardiologue. Je ne le remercierai jamais assez ».

Un anévrisme de l’aorte thoracique qu’il faut traiter rapidement

La quadragénaire ne s’affole pas pour autant. Elle se sent en parfaite santé, n’est jamais essoufflée, a une bonne hygiène de vie, dort comme un bébé. Toutefois, elle écoute son docteur et se rend, deux mois après son conseil, chez un cardiologue qui diagnostique une insuffisance cardiaque et l’invite à faire des examens complémentaires. « C’est congénital. On m’a toujours dit lors des visites médicales à l’école que j’avais un petit souffle au cœur. Comme c’était chose courante, que les médecins ne m’ont pas dit d’aller vérifier mon cœur, mes parents ne se sont pas inquiétés. »

Poussée par une amie opérée du cœur, Sandrine Arcizet prend l’avis d’un autre cardiologue. Il confirme le diagnostic de son collègue et après des examens complémentaires évoque un anévrisme de l’aorte thoracique avec insuffisance aortique grade 2, prêt à exploser. La consultation d’un troisième spécialiste précipite les choses. « Quand je lui ai dit que ma mère était morte du jour au lendemain, sans explication, il m’a convaincue qu’il ne fallait plus tergiverser, même si l’opération m’effrayait. »

Maladies cardiovasculaires : une bonne réadaptation grâce au sport

Sandrine Arcizet est la maman de Robin, quatre ans à l’époque. « Je craignais de ne plus le voir, de mourir en évitant l’opération ou durant l’intervention. Le cœur, ça impressionne tellement. C’est si délicat. » Elle énumère les étapes qu’elle a traversées, endormie. « On a arrêté mon cœur. J’étais reliée à une machine. On a ouvert le thorax. On a posé 22 agrafes… » Et de préciser : « L’équipe médicale a été formidable, tellement bienveillante. »

L’animatrice télé ressort affaiblie de la lourde intervention chirurgicale subie. « Pour quelqu’un de sportif comme moi, c’était difficile de me voir diminuée, de ne plus pouvoir marcher à un rythme régulier. » Et c’est justement grâce au sport et à son moral d’acier que sa réadaptation cardiaque a été satisfaisante et son rétablissement rapide. « C’est aussi grâce au personnel soignant dévoué, à ma famille et à mon entourage », insiste-t-elle.

« Les problèmes de sommeil que j’ai éprouvés par la suite ont été traités avec la sophrologie et l’autohypnose. Je ne voulais pas prendre d’anxiolytiques. » Depuis, Sandrine porte sereinement la cicatrice de son opération qui traverse son thorax. « Je l’ai cachée un temps. Je ne mettais plus de décolleté. À présent, je l’assume. Mon fils dit qu’elle ressemble à la voile d’un bateau ». Cette image lui plaît.

Maladies cardiovasculaires : prévenir plutôt que guérir

Pour alerter sur les risques, la journaliste-animatrice a décidé de raconter son vécu, de dire combien il faut être vigilant, pratiquer une activité physique, ne pas faire d’abus. « J’admire et je suis reconnaissante du travail mené par le fonds de dotation Agir pour le cœur des femmes, cofondé par la professeure Claire Mounier-Vehier. Ça me paraissait une évidence de témoigner de mon histoire ».

Durant sa convalescence et pendant le confinement, la jeune femme avait déjà commencé un travail de prévention et d’information. À sa façon. « J’ai lancé des posts sur les réseaux sociaux et j’ai remarqué que tout ce qui touche le cœur faisait réagir. Les internautes, intéressés, posaient beaucoup de questions. » Prévenir plutôt que guérir. C’est l’une des missions d’Agir pour le cœur des femmes dont Sandrine Arcizet fait désormais une priorité.

* Sandrine Arcizet présente sur la chaîne C8 « Animaux de la 8 » et « Gym Direct ». Elle est l’auteure de « Ma coach Gym direct – Ensemble pour être en forme ! », aux éditions First. Dans son livre, elle revient sur son parcours, ses problèmes de santé et raconte combien le sport a grandement participé à sa rééducation et à son rétablissement.

** Un anévrisme de l’aorte est une dilatation localisée de l’artère principale du corps qui transporte le sang du cœur vers l’organisme. Elle est le plus souvent thoracique (au niveau de la poitrine) mais peut être aussi abdominale (au niveau du ventre). La paroi artérielle s’amincit peu à peu et se fragilise.

Agir au cœur des femmes : renverser la fatalité

Les maladies cardiovasculaires ont été longtemps considérées à tort comme propres aux hommes. Depuis une vingtaine d’années, le nombre de femmes qui en sont victimes a explosé à cause, entre autres, de leur exposition au stress, de la sédentarité, du tabagisme… Consciente de cette réalité, la professeure Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHU de Lille, a cofondé Agir pour le cœur des femmes avec Thierry Drilhon, président de la chambre de commerce franco-britannique.

Ce fonds de dotation est destiné à la prévention des maladies cardiovasculaires chez les femmes. Alerter, anticiper et agir sont les maîtres mots de son action. Il intervient notamment dans les endroits les plus précaires, ou/et reculés des centres urbains, avec ses Bus du cœur afin de faciliter l’accès à l’information et au dépistage. Agir pour le cœur des femmes est aussi actif dans la sensibilisation et la formation des professionnels de santé aux problèmes cardiovasculaires des femmes. Il œuvre pour soulever des fonds pour la recherche médicale.

  • Crédit photo : DR
Auteur article
Patricia Guipponi

journaliste généraliste spécialisée notamment en social et santé.

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