Silicones dans les cosmétiques : ce qu’il faut savoir

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Utilisées depuis les années 1950, les silicones sont omniprésentes dans nos crèmes, shampoings et produits de maquillage. Prisés pour leur sensorialité, elles sont pointées du doigt pour leur impact écologique.

illustration silicone cosmétiques

Les silicones sont des principes actifs

FAUX. Synthétisées à partir de la silice, un composé minéral, les silicones sont des agents de texture qui n’apportent aucun bénéfice pour la peau. Elles ne sont utilisées que pour leurs propriétés sensorielles et leur faible coût de fabrication. Les silicones offrent ainsi une texture aérée qui s’étale facilement sur la peau sans être collante. Elles se repèrent par leur terminaison en « thiconol », « thicone », « xane » ou « silane ».

Certains silicones sont des perturbateurs endocriniens

VRAI. Si de nombreuses études démontrent l’innocuité des silicones pour la santé, trois silicones dits volatiles D4, D5 et D6 font polémique, soupçonnés d’être nocifs pour la santé. En Europe, depuis le 1er février 2020, ces substances ne peuvent plus être présentes à une concentration égale ou supérieure de 0,1 % dans les produits cosmétiques à rincer.

Les silicones bouchent les pores

FAUX. Contrairement aux idées reçues, les silicones sont non comédogènes, c’est-à-dire qu’elles ne favorisent pas la formation de points noirs et comédons. En effet, leur structure chimique ne leur permet pas de pénétrer le derme, elles restent en surface en agissant comme une barrière apaisante et protectrice. Non irritantes et hypoallergéniques, elles conviennent même aux peaux sensibles.

Les silicones étouffent les cheveux

FAUX. Agissant comme un bouclier, les particules de silicones se déposent sur la fibre capillaire endommagée et l’enrobent d’une gaine protectrice. Cette action filmogène donne un aspect brillant et facile à coiffer aux cheveux. Pas d’inquiétude donc pour un usage ponctuel. Le problème réside dans l’utilisation répétitive de produits siliconés : au fil des applications, ceux-ci finissent par alourdir les cheveux et les rendre plus ternes.

Les silicones sont toxiques pour l’environnement.

VRAI. Les silicones sont des substances chimiques non biodégradables et polluantes pour l’environnement. Déversées dans la nature, elles mettent beaucoup de temps à se désintégrer, environ 500 ans selon certaines études. En janvier 2020, l’Union européenne a ainsi décidé d’interdire plusieurs catégories de silicones dans les produits cosmétiques afin de limiter cet impact.

Le diméthicone est à bannir de sa routine beauté

FAUX. Appelé aussi PDMS, le diméthicone est le silicone le plus utilisé dans les produits cosmétiques. Composant inerte, il ne pose aucun problème pour la santé humaine. Son poids moléculaire élevé l’empêche de pénétrer dans l’épiderme.

La mention « sans silicone » est interdite sur les packagings des cosmétiques.

VRAI. Tout comme l’allégation « sans paraben » et « sans sulfate », cette mention est interdite depuis le 1er juillet 2019 par un règlement européen. La raison ? Considérée comme un outil de marketing, elle peut induire le consommateur en erreur ou entraîner un risque de concurrence déloyale. La nouvelle législation favorise ainsi les mentions « avec » plutôt que « sans », jugées moins dénigrantes.

  • Celine Durr (ANPM-France Mutualité)
  • Crédit photo : Shutterstock/Ciem

Un commentaire pour cet article

  1. M.F.

    Article intéressant, mais le dernier paragraphe me plonge dans la perplexité. Indiquer la mention sur les cosmétiques, « sans silicone », est interdite par l’Union européenne, pour concurrence déloyale, et ce serait du marketing ? Donc, il vaut mieux que le consommateur ne soit pas averti qu’il s’agit d’un produit correct pour l’environnement ? Etonnant…
    Par ailleurs, sur certains paquets de jambon sous vide, on voit la mention « sans sulfite » ou « sans conservateur » … là, ce ne serait pas de la « concurrence déloyale » ? (et heureusement, car nous pouvons ainsi acheter un meilleur produit).
    L’U.E. n’aurait-elle pas plutôt cédé, sur les cosmétiques, à d’éventuelles pressions de grands groupes, au détriment des consommateurs ??

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