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Sucre : faites le bon choix pour vos enfants

Sucre : faites le bon choix pour vos enfants

Les produits sucrés font partie de la vie quotidienne de nos enfants. Mais consommés en excès, certains peuvent être nocifs pour leur santé. Explications du Dr Laurent Chevallier, spécialiste en nutrition.

Les tout-petits sont-ils naturellement plus attirés par les goûts sucrés ?

Dr Laurent Chevallier © Philippe Matsas, Opale, Editions Fayard
Dr Laurent Chevallier  ©Philippe Matsas

Dr Laurent Chevallier : Oui, avant même de naître le bébé a une préférence plus prononcée pour les saveurs sucrées. Des chercheurs ont démontré que si l’on injecte une solution sucrée via le liquide amniotique, le bébé accélère et multiplie les mouvements de déglutition. Après la naissance, si on donne à un bébé une goutte d’eau légèrement sucrée, sa mimique traduit son plaisir, ce qui n’est pas le cas avec des saveurs salées, acides ou amères.

Le sucre est aussi une valeur refuge qui, souvent, apporte le réconfort. D’autant plus que nous, parents, avons tendance à valoriser le sucré. Quand un enfant a un chagrin, on le console avec une sucrerie. S’il a été obéissant, il a droit au « bonbon-récompense ». À l’inverse, quand il n’est pas sage, il est privé de dessert… C’est une erreur de favoriser son appétence naturelle pour le sucré, tout comme supprimer tous les sucres de l’alimentation serait néfaste.

 

Trop de sodas quand on est enfant, c’est un risque plus élevé de développer un diabète ?

Dr L. C. : Il n’y a pas de lien direct entre la consommation de sucre et le diabète, mais on sait que boire régulièrement des sodas entraîne une prise de poids qui est un facteur favorisant le diabète à l’âge adulte. Ainsi, l’augmentation de la consommation de boissons sucrées gazeuses est associée à l’incidence de l’obésité chez les enfants* : chaque boisson quotidienne augmente le risque d’obésité de 60 %. Une étude récente** a aussi révélé que les enfants qui consomment des quantités élevées de fructose – présent dans les boissons sucrées et les gâteaux – sont plus susceptibles de souffrir de stéatose hépatique non alcoolique. Cette maladie du foie peut entraîner des complications graves, y compris une cirrhose ou un cancer du foie.

 

Au petit-déjeuner, peut-on ajouter du sucre dans le chocolat, faut-il privilégier les céréales sans sucre ?

Dr L. C. : Les différents chocolats en poudre destinés aux petits-déjeuners des enfants contiennent déjà une quantité de sucre importante, alors inutile d’en rajouter. Quant aux céréales, prudence également. Mieux vaut préférer les müesli bio sans sucre, auxquels on peut éventuellement ajouter quelques fruits frais.

 

Et le lien entre sucre et hyperactivité, mythe ou réalité ?

Dr L. C. : Les études se contredisent et, aujourd’hui, il n’y a pas de lien avéré direct, mais des éléments qui laissent penser que le sucre en excès est un facteur de troubles du comportement. Une importante consommation de sucres rapides (bonbons, pâtisseries, biscuits, jus de fruits, sodas…) entraîne en effet une hypoglycémie (due à une forte production d’insuline). L’organisme tente de compenser en produisant des hormones qui excitent le cerveau et le mettent en hyperactivité, favorisant l’agitation, l’irritabilité… Une raison supplémentaire de privilégier les sucres lents présents dans le pain, les pâtes, le riz ou les céréales sans sucres ajoutés.

 

Faut-il complètement bannir le sucre ?

Dr L. C. : Non, la tendance au sucre « bashing » est problématique, car beaucoup de personnes commencent par arrêter la consommation de fruits. Or on a absolument besoin de leurs vitamines, éléments minéraux et fibres. N’oublions pas non plus que le carburant du cerveau est le glucose !

 

A noter : Le Dr Laurent Chevallier est l’auteur de Alors on mange quoi ? publié aux éditions Fayard en 2016.

 

Sources :
*Ludwig DS, Peterson KE, Gortmaker SL. Relation between consumption of sugar-sweetened drinks and childhood obesity : a prospective, observational analysis. Lancet 2001 ; 357 : 505-508.
**Serum uric acid concentrations and fructose consumption are independently associated with NASH in children and adolescents, Journal of hepatology, Antonella Mosca†, Valerio Nobili, Rita De Vito, Annalisa Crudele, Eleonora Scorletti, Alberto Villani, Anna Alisi, Christopher D. Byrne.

  • Isabelle Blin
  • Crédit photo : LisaValder / Istockphotos

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